17.08.2018 1306 0 Homo Animalis

a a a

© 2021 frau

«La liberté se conquiert parfois au prix de sa propre vie…»
Reprendre la lecture

Homo Animalis

Il ouvre un œil, deux, la lumière du jour l’accueille. Il est allongé dans un grand lit, la tête appuyée sur un coussin doux. Un duvet nordique à la taie de couleur rouge le couvre amplement, le coussin est orange. Il ne le sait pas, il ne peut pas le savoir. Sa position dorsale lui permet de ne voir que le plafond blanc. Avec un léger effort de la tête, il verrait la couleur du duvet, un autre effort vers la gauche et il s’apercevrait qu’il est seul dans le lit. Il verrait la paroi blanche comme le plafond, une grande fenêtre sans rideau et un petit meuble de chevet en bois massif sur lequel repose une lampe bleue. En regardant de l’autre côté, il s’apercevrait que la lumière est moins intense, la paroi blanche elle aussi, une porte en bois, une barre métallique et le même meuble avec une lampe seule la couleur diffère.

 

En baissant légèrement les yeux, il verrait un escabeau sur lequel repose une feuille blanche A4  couverte de mots noirs.

 

«Bonjour, bienvenue au monde. Je suis votre interface avec l’extérieur de la maison et aussi votre aide à l’intérieur. Une ceinture se trouve accrochée au bord du lit. Vous en aurez besoin pour vous relever. La barre métallique fixée à la paroi va vous aider à rejoindre la porte.

De l’autre côté, un couloir vous amènera à la salle de bain où vous attend un autre message. J’oubliais, votre couche-culotte doit être détrempée, vous y trouverez aussi des rechanges. Belle journée.»

– Je ne dois pas me trouver au bon endroit, je dois avoir pris la place d’un autre, ce message ne m’est pas destiné, il faut que je déguerpisse au plus vite.

 

Il ne le sait pas ou a certainement oublié car il a du ingurgiter une énorme quantité de barbituriques qui l’ont cloué au lit 30 jours. Il doit même avoir oublié qui il est!

 

Il veut s’asseoir mais son corps ne répond pas. Il réussit à se tourner sur le côté gauche et à se coucher sur le ventre. A l’aide de ses bras, il soulève le haut du corps mais ses jambes refusent de se plier. Surpris, défait, impotent, il s’effondre. En pleurant il s’endort. Au réveil, de sa bouche contre le matelas sortent des mots, incompréhensibles, désespérés!

 

– Pourquoi moi ? Est-ce une farce, qui m’a lancé un sort?

 

Il s’obstine sans succès! Pourtant il persiste, se tourne de l’autre côté et de la main droite effleure sa culotte…mouillée ?! Il crie. Ce qui le renvoie au texte découvert auparavant. Il se retourne, le prend et lit en connaissance de cause. Fâché, il le jette et, sans attendre, attrape la ceinture de sa main droite, tire avec force et se retrouve assis. À nouveau à l’aide de la main et du bras droit, le voilà debout sur ses deux pieds. Il perçoit la délicatesse du parquet en bois.

 

Pour atteindre la barre métallique, il essaye de marcher mais rien ne bouge. Que faire ? Sans réfléchir, il se jette vers l’avant les bras tendus, attrape la barre et immédiatement comprend.

Il lui faut rapidement trouver une solution. Soudain il rigole, se sent comme une perche appuyée en diagonale contre d’autres perches. Il se sent Indien et des souvenirs remontent à la surface. Il a sept ans, construit des cabanes d’Indiens, des villages entiers, arcs et flèches pour combattre les méchants cow-boys. Il chevauche des chevaux de bois tordus à la poursuite des méchants. Ce souvenir bienfaisant lui permet d’avancer la jambe droite et puis la gauche. Il lui faut un effort supplémentaire pour rejoindre la barre. Il s’imagine kangourou afin d’avancer d’un bond les deux pattes à la fois. Immédiatement, le voilà dans la peau de ce mammifère. A sa grande surprise, il réussit! Il ne comprend pas où il a pu piocher ce kangourou. Normal, il a oublié qu’il est conteur de métier.

 

Il rejoint la porte, l’ouvre et passe de l’autre côté. Un couloir étroit et sombre lui apparaît. Il l’affronte les deux bras tendus en alternance contre les murs opposés une jambe après l’autre. Il se sent araignée. Sous ses pattes, de vieilles dalles froides. La salle de bain l’accueille. Le sol est en bois, une grande fenêtre donne sur la campagne blanche de neige, un radiateur chaud, une baignoire, un lavabo et des toilettes; sur le couvercle, la feuille A4 blanche couverte de mots noirs.

 

«Bien arrivé, bravo! J’étais sûr que vous pourriez le faire! Ici vous pouvez vous laver. Les couches se trouvent dans le premier tiroir du meuble à côté des toilettes. Vous y trouverez aussi un rasoir électrique. Dans le deuxième, un urinal pour la nuit, il vous permettra de rester au sec! Bonne nuit.»

 

–Et maintenant? Il ne me reste qu’à retourner au lit! Je suis tout nu, je n’ai pas vu d’habits près du lit!

Dormons sur ces mésaventures, peut-être que demain matin tout sera rentré dans l’ordre, j’aurai tout oublié et la vie reprendra son cours.

 

Il rejoint avec difficulté le seuil de la porte. À droite, un trou béant dans lequel se jette une cage d’escalier qu’il n’avait pas remarquée! Il appuie son dos contre le mur de la paroi et avance ainsi tel un crabe, s’aidant de ses deux mains appuyées contre le mur derrière lui.

 

– Me revoilà au lit, un trajet de 15-20 minutes… je n’aimerais pas être un crabe à vie, si je pouvais choisir, j’opterais pour le kangourou!

 

Il se perd dans ses élucubrations. Dehors, la lumière s’éteint paisiblement, il neige. Il s’assied sur le lit, sent la fatigue lui caresser les orteils et allume la petite lumière. Il est prêt à se coucher. Ses jambes refusent de se soulever. Il réfléchit. Ce matin grâce à la ceinture et à la force de son bras droit, il a réussi à pousser ses jambes à l’extérieur du lit et à s’asseoir. Plusieurs essais infructueux témoignent de l’inefficacité de cette option. Que faire? Dehors, dans le noir, les flocons dansent nonchalamment. Il se dresse, se tourne, appuie ses tibias contre le bord du lit et se laisse tomber à plat ventre. Seuls les pieds restent dans le vide. Dans cette position, une seule solution, ramper tel un ver de terre! Cela lui réussit à merveille. Au moyen de différentes contorsions, il réussit même à retrouver le coussin du matin et à rabattre le duvet. Il s’endort facilement! Pourtant au milieu de la nuit, un besoin pressant le réveille. Il attrape la ceinture, s’assied, se lève, se jette vers la barre métallique et, et … Soulagé, c’est

dans la peau de son ami kangourou que d’un bond il enjambe cette flaque éphémère, il se tourne et d’un autre bond, rejoint le lit. C’est dans la peau d’un loir qu’il passe le restant de la nuit. Le lendemain, il neige encore, la campagne est belle dans son blanc manteau.

 

– Merde, je n’ai pas rêvé, j’ai pissé par terre, handicapé et incontinent! Je comprends mieux le pourquoi de cette couche-culotte trempée. Je dois apprendre à utiliser cet urinal, c’est vital!

 

La semaine fut une suite de questions sans réponse, de déceptions, d’énervements et tout compte fait d’apprentissages. De la couche-culotte à l’urinal, du crabe à l’araignée, du plat ventre à la bicyclette footballistique. Le septième jour, un nouveau besoin apparaît: la faim! Dehors, blanche neige adoucit les contours. Il prend le temps d’explorer l’étage. La nourriture se trouve ailleurs! Il pressent qu’il faut descendre les escaliers et descendre signifie remonter. Il hésite.

– Je n’ai pas le courage de choisir ! Une comptine le fera à ma place. Là où mon doigt s’arrêtera, j’irai: «AMBARABA, CICI,COCO,TRE CIVETTE SUL COMO,CHE FACEVANO L’AMORE,CON LA FIGLIA, DEL DOTTORE,IL DOTTORE SI AMMALÒ, AMBARABA, CICCI, COCO»

 

– Cette comptine est en italien! Je parle donc italien? Suis-je bilingue? Quels sont mon prénom et mon nom de famille? Que fais-je dans cette maison? M’appartient-elle? Qui écrit ces billets? Et au fond qui suis-je? Toutes ces questions surgissent maintenant parce que j’ai la trouille de descendre,

la comptine a décidé à ma place, mon doigt a pointé l’escalier.

 

En effet, il a peur de ne plus pouvoir remonter. Abandonner le connu pour un inconnu, qui plus est source certaine de difficultés, n’a jamais enchanté personne. La main courante se trouve à droite, le bois est lisse, témoin de nombreux passages, les marches sont en béton froid. Enfin, il se décide, main droite, jambe droite, jambe gauche, main droite, jambe droite, jambe gauche et ainsi de suite. Au milieu de la descente, il s’arrête pour admirer le paysage par une fenêtre: l’école, deux arbres, une maison, l’église, il est 14 heures au clocher.

 

– Maman, maman, papa è alla finestra!

– Il est tout nu et maigre, c’est bien qu’il mange un peu. Si mes comptes sont bons, depuis qu’il est sorti de son coma, cela fait dix jours qu’il n’a rien mangé.

– Mamma donne-moi les jumelles, je veux le voir encore. Papà, Papà sono quì, mi vedi?

– Non fare la stupidella, tu sais bien qu’il ne peut pas te voir.

– Il a disparu, buon appetito Papà!

– Deux cuisses de poulet, carottes rouges, brocolis et un tiramisu comme dessert. C’est le menu d’aujourd’hui.

– Il suo dessert preferito! Brava Mamma.

– Oui mais c’est une exception, normalement à cause de la maladie, il n’y a pas droit.

Sur la dernière marche, il prend un moment pour observer. L’étage est vide. Devant lui,

un déambulateur, au fond une grande porte sur sa gauche, deux fenêtres et un fauteuil. Il attrape l’objet roulant, voit sur sa gauche des toilettes et sur sa droite une fenêtre, un réfrigérateur, une chaise et une table, sur laquelle reposent une assiette, un verre, une fourchette et un couteau. À côté de l’assiette, la feuille A4 blanche couverte de mots noirs.

 

«Bravo, vous avez enfin écouté l’appel du ventre. Si vous lisez ce mot, vous avez déjà utilisé le déambulateur et remarqué ses bénéfices. Dans le frigo, vous trouverez du poulet et des légumes à réchauffer. L’eau du robinet est bonne. Une fois terminé, vous poserez tout dans l’évier. Chaque jour un nouveau repas vous attendra dans le frigo. N’essayez pas de découvrir qui se cache derrière votre serviteur, j’interviens la nuit quand vous êtes au lit. Je vous surveille, dans chaque chambre il y a une camera. Cette mesure a été prise pour suivre votre état de santé ! Bon appétit.»

 

Il a mangé avec appétit et beaucoup apprécié le dessert. Comme sa fille Emma l’a dit, c’est son préféré. Sur le plan de travail, il a découvert une machine à café et pressé le bouton. Séduit par le parfum, il se sert une petite tasse, goûte et trouve la saveur amère… instinctivement, il ajoute une cuillère de sucre trouvé juste à côté, dans un bol rouge. Il aime le café avec sucre. Il pose la tasse sur le plateau du déambulateur, rejoint le fauteuil admire la danse tendre et douce des flocons.

– Qui suis-je, que m’arrive-t-il, pourquoi ma mémoire me joue-t-elle des tours, je me souviens de certaines choses seulement et mes jambes, ma vessie? J’aime boire le café en regardant la neige. Je connais ce dessert, j’en suis sûr. Qui est ce serviteur, où suis-je?

 

Le temps passe vite, il fait déjà nuit. Il s’est endormi plusieurs fois. Il neige toujours.

 

– Mamma Mamma, je suis inquiète, je n’ai pas vu papa remonter, come va?– C’est l’heure d’aller dormir ma petite. Papa va bien, il va remonter bientôt.

 

– Mamma, j’aimerais le voir remonter!

– C’est l’heure, tu le verras demain, à partir d’aujourd’hui, je suis sûr, il descendra chaque jour!

– Demain, quand tu lui amèneras à manger, je viendrai avec toi, ho una sorpresa che gli farà piacere!– Ma fille, nous devons être attentive à ne pas accélérer le retour de sa mémoire.

– Je n’ai rien compris à cette histoire! Papa è solo e gli porto de la compagnie.

– Je te réexplique. Papa a une maladie auto-immune, cela tu sais.

– Oui

– Au début il se battait pour retrouver sa santé et depuis une année il a perdu toute motivation, il déprime, il meurt lentement! Avec l’aide de son médecin, nous avons imaginé un plan de survie. Et pour cette raison, il ne faut pas réveiller sa mémoire trop vite, ok?

– Ok!

– Demain, c’est lundi et tu es toute la semaine à l’école, nous irons ensemble vendredi ou samedi.

– Quanto tempo il doit encore rester tout seul?

– Carissima, c’est l’heure d’aller au lit!

 

Elle avait raison quelques minutes plus tard, il a abandonné son fauteuil et pour la première fois affronté la face nord de l’Everest!

 

Lumière, bras gauche sur la main courante, réflexion, hésitation… Essais, réussite, échec! La jambe gauche ne suit pas. Toujours sur la première marche, il fatigue ! Il doit trouver un système. Soudain une mouche tourne autour de son visage, il cherche à la chasser, perd l’équilibre bascule en avant et s’appuie sur une marche à l’aide de sa main droite. Avec difficulté, il retrouve sa position debout et se rend compte que sur la première marche se trouvent ses deux jambes?! Le déclic est immédiat pour soulever la jambe gauche il lui faut exécuter un mouvement de bascule en avant. 40 minutes plus tard, la cime de l’Everest est atteinte.

 

«Bravo mon amour, tu as réussi. Te voyant à la fenêtre seulement 30 minutes après ton départ, j’ai eu peur que tu renonces et maintenant, 1h20 plus tard te voilà au lit. Je suis soulagée, tout cela est synonyme de réussite. Une double réussite, la tienne tout d’abord, tu es en train de te démontrer que tu peux, tu peux tout et rien ne t’arrête ni ne t’arrêtera. Ensuite la mienne et celle de ton médecin.

C’est grâce au coma provoqué que tu as oublié une partie de ta vie afin que tu puisses te reconstruire sur de nouvelles bases! Et cela a marché. Tu renais à la vie et tu te bats, bravo! Bonne nuit.»

 

Il s’endort rapidement. Elle lui amène le repas suivant: thon frais, épinards, quinoa, yaourt au soja et myrtilles. Dès le lendemain, les habitudes s’installent. Il se réveille tous les matins avec la lumière du jour, la neige et le soleil jouent à cache-cache. Petite douche, séance habillage, dévaler l’Everest, découverte de la feuille A4, préparation du repas, dégustation, café devant la fenêtre. Questions sans réponse, plusieurs siestes. Le soir, il affronte dorénavant l’escalade plus facilement. 

 

Dimanche matin, émerveillé, il découvre sur la cinquième marche des escaliers une vache en bois. Il s’assied à ses côtés. Il la regarde, l’observe en détail : deux cornes, deux grands yeux expressifs, deux oreilles en tissu, poilues à l’intérieur, un pis avec quatre tétines, quatre pattes sur ressorts et quatre sabots en bois.

 

– Sei bella et intrigante! Ces pattes sur des ressorts, ces deux oreilles poilues, j’ai envie de les caresser, posso? 

 

Délicatement après lui avoir demandé la permission il lui caresse les deux oreilles et la vache oscille.

– Je t’ai touchée et tu danses. Tu es donc vivante! Ton regard me l’a déjà révélé. Je suis heureux, à partir de maintenant, non sarò più solo, ho voglia di cantare!

– Mamma vieni a vedere, doucement sur la pointe des pieds. Papa a fait connaissance avec Berta Cacamolle, guarda le sta parlando.

– Ma chérie, il ne peut pas nous entendre.

– Selon moi, si! È un momento dolce e tenero; il ne faut pas déranger cette belle rencontre, papa si è seduto et lui a consacré beaucoup de temps!

– N’oublie pas que ton papa est un conteur et il sait rendre vivant n’importe qui et n’importe quoi!

– C’est vrai, tu as raison mais Berta Cacamolle n’est pas n’importe qui ni n’importe quoi. È la nostra mucca à papa et moi, un peu à toi si tu le veux?

– Chiaro che sì!

 

À la suite de cette rencontre, la vie a pris une autre tournure.

 

La neige fond, le soleil devient de plus en plus intense. Il passe beaucoup de son temps assis à côté de sa vache, il a besoin de sa compagnie. Il lui parle et elle lui répond. Il la caresse, joue avec ses oreilles, elle frissonne et amusé par ses mouvements désordonnés, il les provoque en la poussant franchement. Il éclate de rire. Puis à l’improviste, comme pris en flagrant délit, il change d’attitude. Il pose délicatement sa main droite sous la panse et la gauche sur l’échine, elle s’arrête de trembler.

Enfin il peut la regarder dans les yeux et à voix douce s’excuser. Pourtant le jour suivant tout recommence et le suivant encore et encore…

 

Les prés, les champs et les arbres sont en fleurs. Sa vie est faite d’allées et venues entre le haut et le bas, se laver, dormir, découvrir la page A4, manger et retrouver son amie. Les difficultés physiques sont toujours présentes néanmoins, grâce aux solutions trouvées, il a l’impression d’être né ainsi. Est-il heureux? C’est le genre de questions qu’il ne se pose pas. Heureux, malheureux sont des adjectifs inconnus qui ne font pas partie de sa vie! Il vit, c’est tout. Seule son amie la vache réussit à lui voler quelques instants d’émotion.

 

Un jour, il sent sous sa panse une dure excroissance. Il réussit à se pencher suffisamment pour découvrir une petite clé métallique?! Dans sa tête, les pensées s’activent, elles courent, gambadent, galopent. Des souvenirs lointains. Des lectures scolaires. Un animal qui conserve un secret dans sa panse?

 

– J’y suis, ce n’est pas une vache mais un cheval de bois et à l’intérieur se cachent des soldats. C’est un piège pour conquérir une forteresse invincible jusqu’à la création de ce subterfuge. Mon amie la vache cacherait-elle un secret? Pour vaincre une forteresse, laquelle?

Il ouvre la panse de laquelle tombe une feuille pliée:

 

«Ciao Papà, sono Emma, tua figlia, j’espère que tu vas bien, ti ricordi di me? La mucca è la nostra, tu me l’as offerte pour mes 6 ans le 13 agosto il y a 2 ans. Elle s’appelle Berta Cacamolle, tu l’as baptisée ainsi e poi hai creato una storia. Il y a encore une surprise, s’il n’est pas sorti, tout seul tu dois l’aider.

È un animaletto molto saggio, il pourra sûrement t’aider ! Mi manchi. Ti voglio tanto tanto bene. Emma.»

 

Ce petit mot a le pouvoir d’ouvrir les vannes. Il pleure à chaudes larmes.

– J’ai une fille, Emma, elle a huit ans j’ai sûrement aussi une femme, l’interface avec le monde extérieur? Mais pourquoi suis-je seul ici et pourquoi ne se montrent-elles pas? Si elles viennent toutes les nuits, elles ne doivent pas habiter loin ; peut-être même dans ce village? Je veux les voir, les retrouver. Je veux sortir de cette cage dorée!

Dehors il fait nuit.

Perturbé par ces découvertes, il entame la montée. Arrivé tout en haut des escaliers, il entend siffler un oiseau…

– La suite de la surprise!!!…l’animaletto molto saggio!!

Aussi vite que possible, il redescend et s’arrête à hauteur de la panse de Berta Cacamolle, s’assied et découvre un petit oiseau noir. Il le cueille dans la paume de sa main, le regarde.

– Qui es-tu?

– Je suis le merle indien qui a retrouvé sa liberté!

 

Ces mots déclenchent en lui le réveil de sa mémoire. L’histoire de Berta Cacamolle puis celle du Merle Indien. Il se souvient, il en a la certitude, il est conteur! Il regarde le petit oiseau intensément, l’embrasse, le remercie, le pose sur la marche et s’en va.

– Attends mon ami, as-tu compris le message?

– Si,si merci.

 

Fringant comme un homme tout neuf, il monte se coucher. 

 

Le jour suivant, le soleil est au rendez-vous. Il se lève, marche jusqu’à la fenêtre, l’ouvre et tout en se répétant les paroles de l’histoire du Merle Indien, il monte sur le rebord et crie « la liberté se conquiert parfois au prix de sa propre vie », regarde le soleil et dans la joie s’envole…

 

Ce matin, sur le rebord de la fenêtre d’Emma, le Merle Indien a posé ses deux pattelettes, tic-tic…

Commentaires (1)

Mouche
28.09.2018

'Magnifique histoire ! bravo :)'

Laisser un commentaire

Vous devez vous connecter pour laisser un commentaire

Ce site utilise des cookies afin de vous offrir une expérience optimale de navigation. En continuant de visiter ce site, vous acceptez l’utilisation de ces cookies.

J’ai comprisEn savoir plus