Créé le: 07.09.2021
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Fausse couche

Auto(biographie)

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© 2021-2024 SILA

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Dans l’enfer que peut embrasser une femme, il y a toi... Simplement toi, sans plus de commentaire.
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Mon amour,

Ce matin, je me suis réveillée dans un endroit que je ne connais pas. Je ne sais pas, je n’ai jamais vu ce lieu ni même ressentie cette atmosphère… Dis-moi, je suis où ? Il me semble que hier, il s’est passé quelque chose. Je ne suis pas certaine d’avoir vraiment vécue ceci, mais il me semble que hier, j’ai côtoyé l’enfer. L’as-tu, toi aussi ressenti ainsi ? As-tu, toi aussi connu l’enfer hier ? Je ne pourrais jamais répondre à ta place… Pour toi, c’était peut-être le paradis, finalement. Mais moi, je sais maintenant pourquoi ce matin je me réveille dans ce lieu si froid que je ne connais pas.

Mon cerveau a enregistré quelque chose que tu m’as dit… Il veut me le faire entendre, mais c’est comme brouillé… Après plusieurs heures dans un silence de plomb, j’arrive me rappeler… Tu te souviens d’hier, toi ? Je m’en souviens moi, tu m’as tué… Tes paroles se sont installées en moi comme des lames de couteau me transperçant peu à peu le cœur, n’y laissant aucun souffle.

C’est étrange, je n’ose même pas t’écrire ce que tu m’as dit ; peut-être pour encore une fois te protéger… Pourtant il va falloir que tu me regardes périr sous tes mots.

Hier, tu es entré, en passant la porte de notre appartement, j’ai vu tes yeux… Ils étaient tous rouges, encadrés de noir. Directement j’ai eu peur, je n’avais jamais, jamais vu ce visage. Tu t’es installé devant moi ; je m’en souviens, c’était à la cuisine… En me fixant, tu as commencé à me tuer à petits coups de couteau. Pas de vrais couteaux, des couteaux en forme de lettres, de phrases, de mots…

« Ma chérie je te hais, tu es le pire monstre que je n’ai jamais rencontré ! Tu as tué mes enfants, tu n’as pas pris soin d’eux dans ton ventre, tu es une merde… » Et tu as continué, encore plus fort et plus profond : « Depuis ce jour, je ne t’aime plus, tu es devenue noire à mes yeux. Vas regarder dans les WC, il y a peut-être encore le bébé que tu as jeté ! Je te hais pour la vie car tu es une mère ignoble, une mauvaise personne. D’ailleurs, tout le monde te déteste : ta famille, tes parents, ma famille, tes amis et surtout moi… Tu n’es pas un humain ! Lorsque je te regarde, j’ai envie de vomir, tu me dégoûtes, je ne sais pas comment j’ai pu te toucher un jour… Tu es tellement moche, affreuse, tu as des cicatrices partout sur ton corps et tu dégages une odeur de mort immonde. Tu es tellement laide que plus personne ne te touchera jamais et si j’étais toi, j’irai me faire refaire la face. » Et oui mon cher, c’est ceci que tu m’as crié à l’oreille. Tu t’en souviens ? Te reconnais-tu ? Oseras-tu te dévoiler ? Non, je pense que non, tu n’as rien fait… Tu t’es uniquement défendu de moi… Quelles sont belles tes paroles, que ton honneur est grand… Mais ne sois pas heureux, je suis navrée de te l’annoncer, mais je vais bien et j’arrive même sourire. Je suis heureuse et fière de moi. J’ai enfin pu m’en aller… Quelle est belle la vie lorsque l’on vit avec quelqu’un qui nous aime, quelqu’un qui respecte avec fierté son honneur d’homme. Bon, tu m’as tout de même mise à terre et je t’en félicite car personne n’y était jamais parvenu. Mais ne la savais-tu pas ? La terre donne naissance aux plus belles fleurs.

Mais je sais, tu n’as rien fait…

 

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