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© 2020 Eilime Nadus

Egoïste Sensible Dure Fragile Rire Chanter Penser Pleurer En arbre En oiseau En flamme agitée En blanc, rien, néant
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Aujourd’hui, j’ai décidé de me mettre à nue. Au sens figuré. J’ai demandé conseil à ma psy, car je ne veux blesser personne et surtout pas mes enfants. Elle m’a dit pourquoi pas… mais pas n’importe comment. Mes enfants, j’en ai trois et je les aime tellement. Trois c’est d’ailleurs mon chiffre porte-bonheur, mon nombre d’or. Même si certains ne comprendront peut-être pas, c’est aussi pour eux que je lutte aujourd’hui en me donnant le droit d’être moi. Pour exister et laisser entrer le soleil, pour être vraie, imparfaite avec mes qualités ; mes erreurs. Je veux vivre jusqu’au bout des doigts, oser, risquer, créer… et je veux qu’un jour ils puissent également…

Oser, risquer, créer… La liberté d’orthographe, la liberté de belles fautes telle une partition de musique, emplies de notes, de fausses notes et de silences.

Un deux trois partez ! Que la corrida commence ! j’ai hâte ! En passant par le chemin des escargots et des papillons, je me promets d’aller jusqu’au bout du monde… Sûr, j’y arriverai goutte que goutte ! Et puis il me donne des ailes, il me fait briller. Quelle légèreté ! Je m’envole alors que la musique défile en boucle…

 

Tout recommence un matin de décembre mille neuf cent huitante et un. C’est l’air de Dakar que j’ai respiré pour la première fois, entourée de l’amour de ma maman et de mon papa. Ma sœur à la peau noire voulait être ma jumelle. Très unies, nous avons alors, pendant quelques années, découvert, appris et grandi ensemble dans cette belle ville de l’Ouest africain aux senteurs et aux couleurs très chaleureuses. De retour dans notre patrie d’origine, mes parents choisirent de s’établir dans leur bulle. Et mon petit grand frère est venu partager notre Enfance avec une majuscule. Feuille papier caillou ciseau un deux trois ! Des jeux, des rires de la complicité, mais aussi l’apprentissage des différences complémentaires, le blanc le noir, et les nuances.

 

2020, rencontre avec une chamane. Mes sens en alerte, odorat, toucher, difficile équilibre. Nous aurions été jumelles dans une autre vie ; nous étions des guérisseuses. Symboles forts, ancêtres présents. Cherchent-ils à communiquer ?

 

Gamine, j’étais sage peut-être trop. Une petite fille modèle, sensible à l’injustice et qui voulait tellement être parfaite. Mais j’étais aussi curieuse comme mon petit prince et mes deux reines des neiges, avec des étincelles de malice dans les yeux ainsi que des rêves de jolie petite sirène plein la tête. Je faisais la collection des ouvrages de la comtesse de Ségur et j’aimais sauter sur les vagues. Je priais tous les soirs Marie. Je racontais toute ma vie à mon chat Manivelle. Il me suivait partout tellement on s’adorait nous deux. Que dire encore si ce n’est que j’aimais particulièrement la glace au citron, les biscômes au miel du paradis, et surtout les tartines au Nutella que ma maman confectionnait en cachette en période de Carême. Ah j’allais presque oublier ce détail important, je portais des petites boucles d’oreilles dorées en forme de notes de musique que j’avais reçues à ma première communion.

 

Il y a quelques mois, j’ai ressenti de façon inexplicable le besoin de porter les boucles d’oreilles de ma grand-maman pour qui j’avais beaucoup d’affection. De son vivant, on avait parlé de la mort, ça m’avait rassuré. Ses fleurs préférées, c’étaient les pivoines qui sentent si bon. Les boucles en question discrètes et jolies, mon père me les avait offertes à l’occasion de mon trente-sixième anniversaire. J’allais mal. Je portais du noir ou du gris environ trois cent soixante-deux jours par année je pense. Je ne vivais plus que pour mes enfants, en fusion, je ne les laissais pas grandir, mais ils grandissaient tout de même et moi je rapetissais. Rien d’autre ne me nourrissait l’âme mis à part eux. Je n’avais plus envie de manger. J’implosais. La petite femme que j’étais s’essoufflait. Je manquais d’air, de rire et de musique. Quelqu’un me l’avait déjà dit : la petite flamme en moi ne demandait qu’à briller, à s’intensifier, à s’armer d’un amour que nul ne pourrait consumer…

 

Le jour de mes quinze ans j’ai dit à une camarade d’école que je voulais disparaitre… dans quel monde imaginaire me réfugier ? La séparation conflictuelle de mes parents bouscula l’image familiale que je m’étais construite et leur détresse me percuta de plein fouet. J’étais devenu une adolescente en souffrance, un grain rebelle. S’en est suivi des mois d’errance, une perte d’estime, la spirale de l’échec, des kilos « super flux ». Et puis l’espoir, l’EnVie qui renaît de ses cendres, des mains tendues, un chevalet et de l’acrylique, tout un travail d’expression pour construire un équilibre fragile et des repères sur lesquels m’appuyer.

La vie étant ce qu’elle est et pleine de paradoxe, c’est à quinze ans encore que j’eusse l’émoi d’explorer une nouvelle dimension : mon premier amour de jeunesse aux boucles d’or, et toutes les sensations qui en découlent. C’est donc dans cet état particulier, où la peur de quitter l’enfance, avec tout ce que cela comporte, se mêle à la joie et à l’excitation de devenir adulte, que j’obtins mon diplôme de fin d’études obligatoires…

 

Redécouverte de nos boites à souvenirs, à trésors. A travers cette période troublée, j’ai voulu transmettre mon vécu, mes expériences, mes aspects de la vie que j’avais oublié. La création de ce fil rouge qui nous lie aux gens m’a permis de renouer des amitiés, de réinvestir des relations.

 

Janvier deux mille dix. J’ai eu la chance de partager durant quatre mois le quotidien de femmes et d’enfants indiens en difficulté. Il m’est difficile de trouver des mots qui expriment vraiment à quel point j’ai été bouleversée par ces quelques mois de vie en Inde et qui traduisent réellement ce que j’ai reçu en termes d’amour et d’apprentissages…

Je crois que tout est d’abord parti d’une petite voix au fond de moi, d’une attirance qui me poussait dans ce sens. J’avais envie de me donner la chance de pouvoir aller découvrir un peu une autre façon de vivre ailleurs, de rencontrer des nouvelles personnes, de tisser d’autres relations, de partager simplement au quotidien, de recevoir tellement et d’espérer peut-être pouvoir donner un peu. Je ressentais aussi le besoin de me découvrir en me trouvant dans un contexte nouveau et inconnu. Je veux également évoquer ici la préparation que j’ai suivie avant de partir. Je pense qu’elle a été très importante pour moi et qu’elle fait aussi un peu partie de mon expérience. Effectivement avant même d’être arrivée en Inde, j’avais déjà un peu l’impression d’avoir commencé mon voyage intérieur au contact de nombreuses personnes riches en expériences. Toutes ces belles rencontres et échanges constructifs m’ont permis de nourrir mon projet, de le mûrir et d’y apporter du sens.

Cette période de crise intérieure est extrêmement riche en apprentissages, création de nouveaux repères, de nouveaux liens.

 

Arthur Rimbaud a dit que l’on n’est pas sérieux à dix-sept ans… c’est vrai ?

Le onze septembre mille neuf cent nonante-sept, j’écrivais dans mon journal intime, Brel… Merci mille fois encore pour ton génie, ta musique, ce que tu me fais comprendre. Je grandis avec toi. Qu’y a-t-il de plus beau que tes poèmes et de plus doux que ta voix. J’aime pleurer en t’écoutant. Parfois je me demande ce que j’aurais fait si je t’avais rencontré. Mon Dieu ! Un jour j’aimerais trouver une personne qui partagerait avec moi ces moments d’écoute et mes sentiments incroyables. C’est en écoutant « du Brel » que je ressens le vide dans ma vie.

Dans la mémoire collective, le 11 septembre ne s’oublie pas, un avion sans ailes, et Renaud qui chante deux inconnus au bout du monde si différents, deux âmes libres… la violence éternelle… Vous avez sûrement du mal à suivre et pourtant, non je ne suis pas folle ou seulement de lui. Des liens j’en crée tout le temps, mon cerveau est en ébullition. Faute à la mémoire cellulaire, il me colle à la peau ! Il me fait tourner la tête et voir la vie en rose comme Edith Piaf. D’ailleurs mon poète musicien de génie est synesthésique. Il m’a expliqué qu’il se fait traiter de fou parfois, à dire aux gens qu’en entendant un accord, il voit une couleur. Moi je trouve ça magique ces mélanges chromatiques et auditifs, tellement sensuel. C’est qu’il est exceptionnel mon homme mortel et quel culot ! signe son nom d’une clé de sol et me fait rire comme jamais personne ne m’a fait rire. Il est formidable, pétillant et parfois provocant… et j’aime ça. Il est tendre aussi, doux et même un peu fleur bleue. Ça tombe bien…mes fleurs préférées à moi ce sont les myosotis ! Il est créatif, il cuisine comme un Dieu, un peu cheese il est fun et je suis complétement fan, c’est dingue suis raide dingue.

Le 11 septembre 2020, il est à mes côtés et nous sommes fiers de nous être trouvés, Alters égos.

 

Être, oui et c’est le plus important. Je suis à toi et toi à moi. Le moi déborde sur toi et ton toi dégouline. Pense à toi, mon papillon ! Que faire quand les nuits sont d’ivoire ? Que faire quand l’altruisme t’éveille ? Je t’aime et je suis à tes côtés… Mon oreille à la fois alanguie et attentive, acérée et persuasive, bienveillante et subversive… Je suis là pour toi.

Tu es tout pour moi, oui tout. Tu es un feu follet, une luciole, une étoile dans ma vie. Je vis pour toi, avec toi, dans toi… oui danse, le soleil est là. Tout est indéniable, nous sommes. Le doute, la honte, l’incertitude. Aux oubliettes !

 

J’ai peur des araignées. Ce n’est pas une peur, mais j’arrête de respirer. Je leur donne des noms, Cunégonde, Marguerite, Isidore… J’ai connu une Marguerite, il lui manquait une patte, elle était jaune et en claudiquant me poursuivait… Elle savait… C’est fourbe une araignée, c’est traitre… Elle arrive là tranquille, l’air de rien pour se jeter à ta gorge et se gorger de ton sang. Il faut vraiment être prudent, s’en méfier voire les éradiquer. Mes chaussons en ont connu plus d’une, moyen dangereux puisqu’elles peuvent te sauter dessus : le mieux est de déléguer la responsabilité du meurtre et s’en aller pour éviter toute vengeance éventuelle en cas de bavure… (mon papillon)

 

Le 29 février 2020, je ne sais plus, je suis perdue. Ce jour-là, j’ai écrit beaucoup de messages watsapp que je supprimais au fur et à mesure parce que j’avais honte. Ils errent probablement dans un trou noir cybernétique, mais les souvenirs restent et la honte est un sentiment terrible. Comme la colère, la culpabilité… Ce jour en plus ou en moins… Rêver ? Ouvrir le champ des possibles ? Lâcher prise ? Se réveiller comme la belle aux bois dormants ? Et dansez maintenant !

Le 29 février 2020, cette affiche qui m’a tapée dans l’œil, une vision de l’espace, un appel, un élan vital…Une invitation que mon ventre m’implorait d’accepter. Alors je me suis dit pourquoi pas moi ? toi ? nous ? Un conte de fée ou de fou ? Une histoire partagée, assumée, cruelle et merveilleuse à la fois. Sans prétention ; juste écrire pour guérir, pour s’ouvrir, pour grandir, pour embellir, et peut-être pour faire rire… ou simplement pour offrir.

 

Le vendredi treize, premier jour de confinement, fermeture des écoles. Crise sociale et sanitaire. Une coupure téléphonique, un blocage, construire des murs ou des ponts. Envie de plus rien, manque et nuit de lune rose sans sommeil. Heureusement les symboles perdurent. Est-ce du hasard ? l’effet papillon ? l’autosuggestion ? Arc en ciel, fleur de vie et boucle de rétroaction, papillon de nuit papillon d’or, et jamais trop de cœurs…

 

Oui ! Des signes, des messages, des conjonctions ont essaimé notre belle histoire qui se construit. Ce ne sont que des cadeaux, des présents qui nourrissent notre amour. Destinés à se rencontrer, destinés à se retrouver, destinés à s’aimer. Les papillons, les myosotis, le bleu, l’azur, l’apesanteur…

 

Oui ! la folie, comme la valse de Brel, n’a jamais eu assez d’ailes. Je suis fou d’elle ! Une belle déraison, une belle témérité, un bel égarement. Céder à cette folie, ne serait-ce pas raisonnable finalement ? Je serai là pour elle, je serai tout pour elle, je serai…

 

Oui ! La folie s’est incarnée. Notre amour est fou, notre histoire est merveilleuse, prodigieuse, inextinguible. Nos rencontres sont devenues tellement plus intenses, plus palpitantes, plus créatives. Un lien indéfectible s’est créé. Peu importe les épreuves, peu importe les adversités, peu importe les revers, nous ouvrons nos ailes pour lutter contre tous les vents.

 

Il y a quelques semaines, j’ai eu un coup de cœur pour un petit bout de chou de bientôt deux ans. Une rencontre destinée ? ou l’art de construire des arcs-en ciel ? Sa grand-mère qu’il n’a pas connue était ma marraine. Un ange passe ? Un jour, je devais avoir sept ou huit ans, elle m’avait emmené à la piscine et j’avais trouvé trois trèfles à quatre juste à côté de nos linges. Alors elle m’avait offert une poupée.

Boucle temporelle. Dernièrement, pour une première visite dans notre nouveau logement, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir à l’entrée quelques trèfles à quatre, la chance de notre côté, la chance pour nous, pour notre avenir.

 

J’aimerais dire que cette fantastique expérience ainsi que la rencontre avec ces personnes qui m’ont tant donné et aimée m’ont secouée ! J’ai retrouvé de l’énergie et de la force. J’ai aussi retrouvé l’envie d’être actrice de ma vie en saisissant ma chance, en me la construisant, en ayant appris non seulement à d’avantage me débrouiller et à me faire confiance mais aussi à d’avantage oser demander de l’aide sans crainte du jugement. Je vois maintenant la vie différemment plus simplement et j’espère que je saurai me la construire en gardant précieusement mes nouvelles priorités, moins d’excès mais plus d’amour !

 

Il y a quelques années, j’ai reçu un appel téléphonique étrange. A ce moment-là de ma vie je m’étais fermée à ce qui n’est pas rationnel. J’avais trop peur… peur de perdre le contrôle…Mais intriguée j’ai tout de même écouté.

C’était une prémonition…

 

Sans queue ni tête, petit hérisson mignon, une parcelle de réalité…

 

La musique me calme, me pénètre, m’émeut. Une belle musique permet à mon être, mon âme de s’évader, de percevoir différemment.

Je me sens bien, je suis heureuse.

La musique simple de Mozart, au contraire des autres, déclenche en moi des émotions si fortes à travers des mélodies charmantes et des airs opéras.

 

Depuis quelques temps, ma vie se résume à l’ennui, un manque, un manque de quelque chose ou peut-être de quelqu’un. Je mène une existence tellement saine, trop saine. Je me lève, je mange, je travaille, je travaille, je travaille, je mange et je me couche. C’est un peu trop peu.

 

On dit que l’espoir fait vivre ; moi, je n’en ai pas. Je vis quand même. Et la vie m’offre des moments exquis.

 

Ma couleur préférée est le bleu. Le regard de ma mère, un regard bleu traversé par la lumière, un regard tellement beau et transparent. Je pouvais deviner une certaine douleur. Accroupie, j’aurais tout fait pour elle en cet instant.

 

Et imaginez, dans cette atmosphère tranquillement bleue, où le vent vous monte à la tête, un corbeau noir observant du ciel, le sinistre résultat d’un drame fantastique…

 

Ça manque de sel !

 

Au futur !

 

Lancer de chapeau !!!!

 

 

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