Créé le: 19.08.2021
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Du haut de ma liberté

Auto(biographie)

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Je suis libre et pourtant... libre de voir enfin la réalité en face, libre ... juste libre...
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Du haut de ma liberté j’affronte la réalité, réalité longtemps enfuie sous une masse d’amour trop pesante pour y survivre. Et oui, je suis libre, libre de pouvoir enfin regarder en face les dégâts qui coulent dans mes veines. Je suis libre de me dégoûter d’avoir pu accepter cet amour malsain où même les vautours n’y rôdaient plus. Je peux maintenant regarder la cage. Qu’elle est laide cette cage remplie de mensonges, de tromperies et de haine. Je dois l’admettre, l’odeur qui s’échappe de la cage est intenable, suffocante et j’ai du mal à respirer. Pourtant, j’ai vécu 10 ans dans cette cage, au milieu des cadavres d’émotions que je devais avaler sans broncher. Mon prince des ténèbres m’a offert une vie de mensonges, de tromperies, de haine et d’humiliation. Envahie par cette odeur acide d’amour maudit, je croyais qu’il m’aimait… J’étais certaine de le protéger, de le rendre heureux et peut-être même, de le changer. Je voyais pourtant son regard noir et affaibli par la vie, mais je pensais y apporter de la couleur. Il n’en a rien à faire des couleurs lui! Ce qu’il aime, c’est le noir sombre qui s’étend sans fin dans son âme. Il aime le rouge aussi, la couleur du sang, le sang qu’il aimait faire couler à chacune de mes tentatives d’évasion. Comment n’ai-je pas vu cette mascarade ? Peut-être parce que chaque jour, il me disait je t’aime, parce que chaque jour, j’étais sa princesse et qu’il me protégeait. Mais ne vous y méprenez pas, à côté de cela, il vidait mon âme et il ne me portait aucun amour. Il mentait, me trompait et se nourrissait de mon être pour vivre sa vie. Il passait d’un « je t’aime », à un « je te hais ». Ses mots doux piquaient encore plus que les ronces d’un vieux manoir hanté. A chacun de mes faux pas, il m’envoyait, du rez-de-chaussée de la maison, de jolis sms que je n’ose pas encore dévoiler…  « Tu mérites de crever. », « Tu ne sers à rien. », « La personne que tu es, ne mérite pas de vivre.», « Tu seras une maman horrible et je souhaite que Dieu ne t’offre jamais d’enfant.». Après cela, les « je t’aime, tu me manques », envahissaient mon portable. Je devais rentrer, je devais m’excuser et prendre mon prince dans les bras. Et oui, j’avais fauté et je devais m’en excuser. Un jeu de ping-pong commençait ainsi dans ma tête : partir, revenir, aimer, haïr, pardonner, effacer, m’en aller et surtout ne jamais le quitter. Et oui, c’est ces mots doux que je recevais lorsque mon maître ne se voyait plus briller en moi. C’est ce jeu qui commençait, un jeu où jamais je ne comprenais vraiment les règles : le jeu du pendu où je me retrouvais toujours la tête en bas. J’en ai des milliers, peut-être même plus, de ces belles lettres d’amour haineux… J’aimerais les publier, les montrer et enfin m’en débarrasser… J’ai osé les lire, mais jamais les montrer. J’ai osé y jouer, mais jamais y changer les règles. Pourquoi ai-je accepté ceci ? Pourquoi me suis-je infligée une peine de prison ferme de 10 ans, sans n’avoir jamais fait aucun délit ? Aujourd’hui, je suis partie et du haut de ma liberté, je ne peux que regarder cette cage. Je suis dehors, je suis sortie, mais ma vie n’existe pas. Je regarde, du haut de ma liberté, ce qu’était ma vie : un mensonge, une pièce de théâtre, un vide, un rien… Souvent, le soir, je me demande où j’étais toutes ces années. Du haut de ma libéré, j’ai le temps de mourrir et de me rendre compte que j’ai vécu : un vide, un rien. Une épée noire transperce chaque jour mon cœur pour me laisser avancer dans ce monde que je ne connais pas. Je suis libre c’est vrai, libre d’accepter, de voir et de ressentir ce que j’ai vécu. Je ne sais pas si la cage était moins douloureuse que la réalité que je vois enfin. Mes yeux se sont ouverts et je peux voir cette marionnette que j’étais, cette fille trompée que j’étais et ce grand mensonge que j’aimais. Comment vivre après cela ? Comment croire ? Comment aimer ? Je pense que je préfère ne pas y songer… Je dois vivre avec ceci, je dois l’accepter… Je préfère en rire et imaginer que ce qui s’est passé n’était qu’un joli cauchemar. Je sais ce qui s’est passé là-bas, mais du haut de ma liberté, je préfère imaginer que cette femme n’était pas là-bas, que rien n’est vraiment arrivé.

Alors, du haut de ma liberté, j’ai encore 28 ans et j’ai oublié…

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