Créé le: 22.09.2019
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Deux morceaux de bois sans importance

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© 2019-2021 Sined Nodrag

Un jeu d'échanges abracadabrantesques.et un clin d'oeil amusé aux répétitions des mots et des phrases qui engendre l'enquête. C'est aussi la pensée secrète d'un peuple, sa recherche spirituelle… un peuple qui a la perception cosmique de l'influence des morts.
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Ody talisman de Madagascar

Cela avait été le branle bas dans tout le quartier, lui d’ordinaire si calme, la maison avait été encerclée fort discrètement, la police n’avait pas enclenché les sirènes, elle était venue en « dose de pondération»; c’est grâce au téléphone d’un voisin qu’elle avait été avertie, débranchant leur présence hurlante, histoire de ne pas alerter le malfaiteur, on voulait le surprendre en pleine malversation.

La forfaiture signalée était qu’un voleur s’était introduit dans le parc d’une villa voisine et avait escaladé le balcon de cet attenant absent pour le cambrioler.

Il y avait dans la région, proche de la frontière, beaucoup de cambriolages, d’écumeurs de villas.

L’Inspecteur LePrince était toute en joie, enfin on allait le coincer, peut-être coincer le chef de la bande

Lui dont les supérieurs s’amusaient en le traitant de «Prince du Royaume des affaires non résolues», allait leur montrer que cette fois LePrince était à la hauteur de l’événement.

La Villa encerclée, on voyait distinctement sur le balcon une forme qui s’évertuait à l’aide d’un objet de fracturer la porte palière, une échelle était posée contre la façade.

 

LePrince intima discrètement à ses collègues d’être en attente d’une fracturation caractéristique pour coincer le voleur à l’intérieur voulant le prendre sur le fait: le cambrioleur ayant réussi, la porte ouverte, il était à l’intérieur, on donna l’ordre de l’assaut, montant à la suite sur l’échelle dressée.

Le cambrioleur fut rapidement maîtrisé. Quelle ne fut la stupéfaction de LePrince et de ses collègues de voir qu’il s’agissait d’une dame âgée au moins de certains lustres. Bien sûr, qui soupçonnerait une dame ? se dit-il.

Cela devait être le chef de la bande des «écumeurs» .

Elle se tenait les mains en l’air toute éberluée de ce qui lui arrivait ; elle tenait en main un drôle d’objet comme deux éléments en bois disposés en forme de croix reliés par une chaîne en métal ce qui à première vue pouvait apparaître menaçants. Elle fut rapidement ceinturée et amenée au Poste..

LePrince était ravi, la prise était d’importance! Une cambrioleuses. Ses collègues cette fois lui manifesteront enfin du respect.

Un seule chose l’intriguait; pourquoi la cambrioleuse tenait en main cet objet qui de près apparaissait quelconque, voire d’apparence fragile? Un mystère! Il se jurait qu’il allait la cuisiner».

« Nom … Prénom … Etat-.Civil… Domiciliation. Et le dialogue s’engagea.

« Vous vous moquez de moi, Madame. On vous surprend en plein cambriolage et vous jouez la grand dame innocente. Et cet objet, que vous teniez dans la main, vous souhaitiez le voler je suppose ? Votre compte est bon. Dites – moi plutôt pourquoi cet objet vous intéressait-il tellement ? »

« Mais je ne sais pas pourquoi, je l’ai ramassé. c’est mon petit fils qui l’a sûrement mis par terre ».

« Votre petit – fils, votre complice… pourquoi il l’aurait mis par terre ? »

« Mais je ne sais pas pourquoi, je l’ai ramassé. Vous savez c’est un petit gamin de 8 ans ».

« Vous l’avez pris comme ça. Normal vous rentrez par la porte fenêtre d’une chambre par effraction et vous prenez cet objet parce qu’il est par terre et votre petit gamin, c’est votre guetteur ? C’est du propre. Où est-il ? Il a pris la fuite ?»

« Mais Monsieur, je n’avais pas mes clés d’appartement puis cet objet est important pour moi, il

est toute ma vie… »

 

«Ah! Nous y voilà. Vous cambriolez une villa juste pour un objet qui est toute votre vie, mémé.

«Donc vous connaissez les lieux?».«Bien sûr, puisque j’y habite, mais je ne vous permets pas de gloser sur mon âge»

«Vous savez des mémères délinquantes, cela existe. Vous habitez dans cette villa’ Bien sûr, et vous rentrez chez vous par une échelle en fracturant une porte palière. Normal, et cet objet pourquoi est-il important?».

«Cet objet Monsieur l’inspecteur, c’est un objet fragile, c’est un talisman pour lutter contre l’envoûtement, vous comprenez, il vient de Madagascar, c’est un Ody, c’est important un Ody , lors d’une séance de Tromba, afin de protéger un individu en transe, cela le protège d’un ancêtre qui peut être potentiellement nuisible; vous devriez être beaucoup plus respectueux.C’est un objet sacré, un objet sacré de l’humanité».

LePrince était de plus en plus dubitatif. Il trouvait que l’expression du visage de cette donzelle exprimait une réflexion réfléchie, calculatrice ; cette femme n’était pas honnête.

«Vous voulez protéger qui ? Vous cambriolez une villa pour voler un objet qui protège?»

«Monsieur l’inspecteur vous me navrez. La Tromba c’est une séance d’exorcisme.

«Oui et vous faisiez de l’exorcisme dans la chambre de cette villa ? Je connais la musique.Il ne suffit pas de simuler la folie pour échapper à la justice. Vous avez été prise en flagrant délit de vol, votre compte est bon. Et votre soi-disant Ody que vous teniez en main, prétendant l’avoir trouvé par terre,

cet objet pour ensorceler un ancêtre potentiellement nuisible, vous connaissez les occupants de cette villa ? ».

«Mais c’est moi l’occupante de cette maison, c’est moi. Vous m’embêtez avec vos questions. J’ai tout simplement oublié mes clés, j’essayais de rentrer chez moi».

«Madame, il faut trouver autre chose, c’est trop facile comme argument. Où sont vos clés si c’est chez vous?»

«Mais elles sont à l’intérieur puisque je m’évertue de vous dire que je les ai oubliées!».

«Madame, je suis à bout mais j’en ai brisé des plus coriaces que vous ! Allez Nom … prénom …».

 

Maillard, le second de LePrince était mal à l’aise, il ne se sentait pas très bien ; cette dame enfermée comme une vulgaire malfaitrice, curieux ce mot au féminin ! Cela clochait ! Son chef, LePrince ne faisait-il pas erreur, une fois de plus, dans le service on appelait LePrince, le Roi des Cons mais quand même, il s’était toujours senti solidaire de son chef; n’y avait – il pas erreur quand même?

Après tout elle avait peut-être effectivement et tout bonnement oublié ses clés et elle essayait de rentrer chez elle; un peu maladroitement elle a tenté de nous expliquer mais elle ne sait pas s’exprimer mais comment lui faire comprendre qu’il a peut-être tort. Puis après tout, cette grand mère est peut – être une vraie cambrioleuse, Il était de plus en plus moite, il était seul dans son bureau Leprince était parti se restaurer, il regardait l’objet litigieux avec circonspection. Il était étrange, fragile, curieux: un objet de petite taille sans valeur quelconque fait de matière ordinaire:

deux morceaux de bois croisés, pointus à un bout et encerclé par une chaîne en métal. Un objet pour éloigner les mauvais esprits disait la petite dame.

 

Il se dit en soupirant qu’il ne lui restait plus qu’à aller voir la dame dans sa cellule et d’essayer à être l’intercesseur, l’accoucheur de la vérité. Il se mit à sourire, il allait être lui aussi intéressé par la fonction de cet objet en question ; lutter contre la sorcellerie et à se protéger contre l’envoûtement. Non LePrince n’avait pas le droit de l’envoûter dans une mauvaise direction; c’était lui l’esprit maléfique, oui LePrince avait tort . Il y avait problème. Cette femme était un problème. Pourquoi était-elle voleuse, une vulgaire cambrioleuse ? Avec son petit air mutin, on lui donnerait le Bon Dieu sans confessions, oui, c’était de la graine de la pire espèce , il connaissait ce genre de femme mais tout de même son âge ! elle a en le physique insignifiant, le côté bon dieu sans confession; cette fois, elle est coincée la voleuse. Foi de LePrince ! Il avait bien vu sur le visage de la délinquante qu’elle avait de l’inquiétude dans le regard, ses traits étaient tendus mais en quelques mots, il l’avait cernée, elle jouait la dissimulatrice, la demeurée ; faire de l’exorcisme, c’est un truc de femme folle, on ne peut se moquer de lui.

 

Dans sa cellule, Madame Héloîse se morfondait ; elle ne comprenait pas l’attitude de cet inspecteur qui la prenait pour une voleuse; elle avait bien essayé de tout lui expliquer mais il ne voulait rien savoir : un être obtus que ce LePrince. La prendre pour une cambrioleuse? Tout simplement une femme distraite, oui cela elle voulait bien l’admettre, mais une voleuse, non.

«Ce Leprince avec son air maladif, il m’insupporte, il ne semble ne s’intéresser qu’à lui même, comme en indigestion de ses propres réflexions; puis sa manière de se tenir assis devant elle comme si il faisait étalage d’être apostoliquement convenable ; bref un coincé de la pire espèce. Il devait passer son temps à se croire obligé de se racheter d’exister puis sa manière de se moquer de mon Ody ! On voit bien que ce Môsieur LePrince n’a aucune instruction. comme il regardait avec mépris mon ody. On voit qu’il n’y connaît rien, C’est un être acculturé, ne se rend-il pas compte que cet objet soi-disant «méprisable», fait partie du patrimoine de l’humanité? Mais pourquoi diable était – il par terre? Cela elle ne se l’expliquait pas, c’est sûrement son petit fils qui l’avait déplacé de la table où il est déposé d’habitude. Il aime bien bouger les objets, il dit qu’il favorise ainsi la promenade de leur âme; c’est chouette de penser comme cela pour un petit de 8 ans.

 

Elle eut un sourire triste, elle semblait comme absente, abattue, comme en fraude d’un poids exténuant. Elle, une cambrioleuse? Un mot dénué de toute logique et de fausse exactitude, une sorte de trompe l’œil accidentel. Que la police est bête et stupide quelquefois! Ce LePrince avait semble-t-il une rude couche de sédimentation dans le cervelet, ne pas comprendre! vraiment il n’avait aucune courtoisie dans la réflexion.

Ce Maillard il me fait penser à Picoche, ce que j’ai pu aimer cette émission du temps où la SSR s’appelait Radio Sottens. «Énigme et Aventure; comment il s’appelait déjà l’inspecteur? Ah! oui Durtal, mais voilà ce LePrince c’est benêt  Inspecteur Durtal, qui êtes aux cieux donner à LePrince l’intelligence qui lui fait défaut et que sa volonté ne soit pas faite… je veux sortir, d’ici!»

Maillard de son côté avait sorti l’objet en question du tiroir de son patron, il le regardait attentivement: lui, il se sentait malgré lui en empathie avec cette Dame, elle devait être innocente, mais tout la désignait coupable; mais comment valider son innocence?

«Alors, petite Madame, où en êtes – vous avec vos cogitations, pourquoi vous vouliez cet objet?»

Elle le regardait comme navrée.

«Mon pauvre petit Môsieur, fit-elle, je ne suis coupable de rien. Je vous le répète innocente de votre délire, vous voyez en moi une cambrioleuse? J’ai tout simplement oublié mes clés chez moi, chez moi dans ma villa et j’ai escaladé ma maison sur mon échelle parce que là-haut, je savais que je pourrais plus facilement rentrer, vu que, sur les plates bandes de mon balcon, il y a un tuteur en métal susceptible de m’aider à forcer l’entrée de mon lieu de vie, alors j’ai forcé la porte palière de mon balcon mais cela ne fait pas de moi une cambrioleuse ; juste une femme distraite de la perte de ses clés».

«Cela se tient mais prouvez le moi, d’une manière lucide»

«Mes papiers d’identité Ils sont malheureusement chez moi. Tenez, j’ai sur ma table de nuit, une photo me représentant avec mon petit-fils. Avouez qu’il est rare qu’une maison cambriolée ait sur une table de chevet la photo de la cambrioleuse et vous pourrez la comparer avec le passeport qui est chez moi à mon visage».

«Là, vous marquez un point. Pourquoi n’en n’avez pas parlé avant».

«Vous croyez que c’est facile de parler avec votre chef…

«Bien, nous allons vérifier, j’envoie quelqu’un»

Et ils récapitulèrent à nouveau.

«Bon vous me libérez maintenant?»

«Pas simple, je ne peux pas faire une levée d’écrou, il faut attendre mon patron. Quand il y en tant de vrais voleurs qui courent dans la nature… incroyable n’est-ce pas? Mais parlez moi encore de ce bout de bois?»

«Cet amas de bois n’est pas n’importe quoi; il faut comprendre au delà du vrai et du faux. Si vous me l’ameniez je vous expliquerais que cela va au delà d’une pièce à convictions.. C’est une conviction incarnée, si j’ose dire, cet Ody c’est un peu l’expérience mystique , c’est l’image de l’homme reflétée par les barrières de la perception. Il traînait par terre, je l’ai pris pour le déposer sur la table et votre patron a allumé à ce moment – là. Je le tenais avec précaution, j’avais peur de l’abîmer , il a cru que je voulais le voler ou je ne sais quoi, peut-être l’attaquer, les apparences sont contre moi. Voyez vous cet Ody c’est un modèle d’énergie qui sert à canaliser les qualités d’un mort pour les rendre au monde vivant, une sorte de talisman, .mais vous ne pouvez pas comprendre, vous êtes trop cartésien. Vous savez, cet Ody c’est l’émergence et l’influence des formes contradictoires de la vie et de la mort. Mais tout cela vous échappe? Vous êtes flic, donc trop cartésien pour comprendre».

«Vous savez, chère Madame, je suis flic soit, mais pas forcément stupide. Je comprends que d’après vous, cet objet est un peu comme un sismographe, ça je peux comprendre mais enfin, ce sont deux vulgaires bout de bois attachés ensemble, cela ne vaut pas la nécessité d’un cambriolage.

«Vous êtes vraiment obtus, monsieur le flic. Je ne suis pas une voleuse. Je rentrais tout simplement chez moi, je l’avoue d’une manière un peu inattendue et cet objet était par terre, je l’ai ramassé car il m’appartient, voilà tout. ! Et puis à quoi bon, vous ne comprenez rien. Vous n’êtes pas de là-bas : « Vous ne pouvez comprendre, comprendre qu’il y a toujours une réalité derrière la réalité qu’on perçoit, qu’on a perçu ou que l’on peut imaginer, c’est une affaire de conception » Et, mon cher Monsieur je vous le répète en malgache « Fantaro fa misy ny zavatra hita maso,misy ihany koa ny zavatra tsy hita maso izay miafina ao ambadiky ny hevitra azonao nas isay takatry ny eritreritao

«Ah ! parce que c’est un objet qui vient de là-bas, et en plus vous êtes malgache ? Vous n’avez pas le type de là- bas, si j’ose… »

«Monsieur le flic, on peut parler la langue d’un pays sans être de ce pays. Vous êtes né normal, pourtant vous parlez la langue flic faite de fausses suspicions et de mauvaises interprétations. Vous me navrez, on devient ce que l’on peut à défaut d’être ce que l’on doit être. Les mots sont quelquefois inutiles quand ils sont vides»…

«Ce n’est pas une formule de Nietzsche?»

«Ah! Vous connaissez ? C’est un suspect de votre liste, je suppose? Non? Lui, il disait Deviens ce que tu es: une conception de subjectivité. Un homme – brouillon de lui -même, un inachèvement, une ébauche; lui, il appelait à se surpasser, ce n’est nullement la cas de votre chef.

«Parlez moi plutôt de cet objet. A quoi sert-il? son apparence me paraît inutile»

«Rien n’est inutile, jeune homme, cet objet inutile fait tout d’abord partie des archives immatérielles

de la diversité humaine, du reste, le MEG, le Musée d’Ethnographie de Genève a presque le même, un peu plus vieux que le mien il est daté de 1903 si je me souviens bien, : il était déjà présent dans l’ancien musée, il fait partie des collections de ce vénérable Musée rajeuni dans son nouveau lieu, il a connu la poussière genevoise et qui sait a peut-être déjà protégé Genève de je ne sais quoi, il y a beaucoup de turbulences dans la bonne ville de Calvin, c’est un objet magique et quand je suis allée à Madagascar, j’ai été étonnée et ravie d’en découvrir des similaires et un sage de là-bas a eu l’amabilité de m’en offrir un, ce qui est très rare à une étrangère».

«Ah! Vous m’en direz tant! C’est donc un objet précieux. C’est pour le monnayer avec le musée que vous vouliez le voler?»

«N’importe quoi, cher Monsieur, Cet Ody, c’est une sorte d’amulette pour les Malagasy – pour votre gouverne les Malagasy ce sont les habitants de Madagascar – ils baignent depuis la plus tendre enfance dans des histoires surnaturelles, de sorciers, de revenant. Il y a plusieurs sortilèges : soit maléfiques, soit bénéfiques attachés à cet objet c’est compliqué, très compliqué. Pour les sortilèges bénéfiques cela sert à attirer vers soi une personne que l’on convoit. Cet Ody est un talisman, il protège contre les maléfices, il peut procurer santé, richesse, amour, etc et par contre attirer sur vos ennemis toutes les calamités de la terre mais faites gaffe, il entend peut-être mon vœu, on ne sait jamais,un Ody peut avoir une force magnétique. Faites un vœu Monsieur Maillard et chuchotez-le lui. Le mien est simple: je veux juste la liberté et vous verrez cela fonctionnera, vous et moi nous sommes devant le paradoxe qui revient à démontrer que, même si je n’ai pas raison, vous, vous avez tort et que votre LePrince

de chef, se rende compte que je ne suis pas une voleuse je le veux!!»

« Je crois comprendre ; cet objet est précieux pour vous, c’est pourquoi vous vouliez le protéger»

«Il est précieux parce qu’il existe : on dit que les Malgaches ce sont des gens sans Dieu. Non, la société malgache se relie avec l’au delà par le culte des morts, c’est une société qui fonctionne sur le respect des ancêtres et l’Ody sert de … téléphone malgache … avec l’au delà. C’est voyez-vous un peuple que j’aime bien et que j’ai appris à connaître ; il y a une phrase que l’on aime à rapporter, on dit que le Malgache est d’un genre indolent, c’est faux. Il dort tranquille avec ce qu’il a, sans s’inquiéter de ce qu’il n’a pas .mais la mondialisation est en train de changer beaucoup de choses, hélas ou tant mieux!»

 

Le lendemain pour reprendre l’înterrogatoire, qu’ elle ne fut pas leur surprise de voir la Dame en question assise à la place du bureau de l’inspecteur LePrince; elle attendait tout ce beau monde : devant elle trônait l’Ody

«Je vous attendais: Alors, nom, prénom, état-civil, domiciliation. Non, je plaisante. Il faut croire, chers Messieurs que ces deux bouts de bois de rien du tout, ne sont pas tout, mais qu’ils sont quelque chose mais peut-être l’esprit humain ne se limite pas à la raison; c’est une réserve virtuelle d’énergie et ce bout de bois, comme vous dites, sert d’accumulateur, de pile de transfert; il m’a vu chagrinée, puis voilà, il s’est dit on va aider la gentille Héloïse, qui sait? Elle fait peine à voir, seule dans sa cellule à se morfondre. Voilà, je vais réintégrer mes pénates. avec mon bout de bois et un petit rire intérieur qui est somme tout rassérénant et je dirais, à votre intention Monsieur LePrince: Ne punissez pas ce brave Maillard d’avoir omis de refermer ma cellule, puis entre nous, tout cela donne quand même du sens!

Et s’adressant à Ody, elle ajouta complice: Hein, mon cher, il n’y a pas de honte à être un objet trésor de l’humanité et ton histoire, mon cher Ody réintégre la conscience de la spiritualité universelle et restitue ainsi les forces que nous ne contrôlons pas mais qui vivent à notre insu, car cher inspecteur, les symboles vivent et nous pénètrent quelquefois sans en comprendre le sens. On me ramène chez moi?

SINED NODRAG

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