Parce que la tendresse d’un grand-père ne saurait étouffer le cri de l’émancipation. Parce que l’apparence ne fait pas toujours la consistance. Puisque l’avenir se bâtit de petits aujourd’hui. [Nouvelle à chute mêlée au conte philosophique]
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Il y était arrivé. Ou du moins, il y était presque. Ses orteils, tendus en avant, faisaient vaciller le tabouret sur lequel il avait placé tous ses espoirs. Maintenant, sa main, plongée dans le dernier étage de l’armoire de famille, farfouillait délicatement parmi les draps pour que personne ne puisse s’apercevoir de l’intrusion. Ça y est, il pouvait alors sentir de son majeur les bosses alléchantes qui émergeaient du sac en tissu gonflé que son Nonno, bec à bonbons, avait pris soin de cacher tout en lui faisant maintes fois l’honneur de partager ce moment de douceur privilégié.

 

Ce grand-père, il l’admirait. C’était un homme grand, ou un grand homme comme disaient les grands, dont on pouvait être fier de tenir la main. Respecté mais pas craint, peu loquace mais écouté, il avait jeté son dévolu sur le seul petit fils qui lui avait été donné. Il semblait alors investi d’une mission de transmission de toutes les valeurs, de tous les principes que le fil des années et le travail de la vigne lui avaient enseignés. Un regard complice en fin de repas initiait toujours ces rendez-vous. Tous deux s’essuyaient alors la bouche, comme pour mieux profiter des saveurs à venir, saluaient brièvement la tablée et montaient l’escalier côte à côte sans piper mot. Arrivés à la hauteur de la chambre, Nonno allait seul ouvrir l’armoire du fond et piochait dans le dernier étage, sans difficulté, le fameux sac en tissu à carreaux verts et blancs. Il le déposait sur le lit, tirait sur le cordon pour libérer les friandises multicolores et lui faisait signe d’entrer. Assis sur le bord du lit, le sac à leurs flancs, ils se racontaient les jours passés sans l’autre, tout en contemplant la campagne bordant la maison. C’était leur moment à eux, à eux deux. Alors, la variété fruitée des confiseries se mêlait aux souvenirs heureux d’un gamin de ferme, aux principes de famille qui font de toi un homme, et leur donnait une saveur inimitable ; à moins que ça ne soit les histoires qui amplifiaient leur goût. Nonno n’appréciant pas particulièrement le téléphone, ils raccourcissaient ainsi la distance de la Sardaigne au lac Léman.

 

Ils étaient arrivés chez les Nonni hier, en fin d’après-midi. Ils repartiraient le surlendemain, car papa avait décidé que la boutique ne pouvait pas rester fermée plus longtemps à cette saison et que maman pouvait déjà s’estimer heureuse qu’on fasse cet effort pour la tradition. À la maison, la tradition voulait qu’on chasse les œufs dans le jardin et qu’on déguste un lapin en chocolat entier sans se faire gronder. Ici, elle mettait toutes les femmes en effervescence trois jours derrière les fourneaux pour avoir l’honneur de garnir le ventre du village après la messe dominicale. Habituellement, Nonna refusait toute aide et se contentait d’une telefonata en fin de journée pour partager les détails de la journée à sa fille, qu’elle reverrait pour la fête des mères. Mais, avec son récent pépin de santé, maman avait dit qu’il serait plus sage de venir l’épauler car elle la connaissait bien, par fierté d’y être toujours arrivée, Nonna était capable de s’y ôter les dernières forces. Elle avait fini par accepter, à condition qu’Angellino soit aussi du voyage.

Son index pouvait désormais toucher le cordon, il n’aurait plus qu’à le soulever et le tirer en avant. Le sac avait dû être rechargé en prévision de ce court séjour ; il pouvait sentir quelques bosses dures poindre du tissu et imaginait la diversité qu’il contenait. Nonno s’était absenté pour discuter affaires avec un nouveau monsieur qui avait occupé la cuisine un bon bout de la matinée. Il ne reviendrait donc que plus tard de la piazza et ne s’apercevrait de rien, s’il savait se montrer raisonnable.

 

D’ordinaire, on le connaissait plutôt sage, on lui reprochait même d’être trop réfléchi. Patient, à neuf ans, il savait l’être. Mais là, il avait décidé de braver l’interdit. Par ennui, certes, par défi, certainement. Mais il était trop respectueux de son Nonno pour n’avoir que ces motifs et savait qu’il n’aurait pas dû attendre bien longtemps pour remonter l’escalier en bonne compagnie. Non, il se surprit à vouloir, lui aussi, pouvoir raconter un jour des cachotteries à un petit-fils. Il était donc temps d’alimenter ses futures aventures et M. Willy Wonka avait bien dit à Charlie qu’ « un peu de bêtises, en saupoudrage, c’était le piment de l’homme sage ».

 

Il avait beau soulever le cordon, le sac était plus lourd que prévu. Il décida alors de le tirer à lui, mais cette manœuvre entraîna à sa suite un second sac. Un sac au tissu identique. De ce dernier, il n’en connaissait ni l’existence, ni le contenu. Il hésita, car il n’aurait pas l’occasion d’emporter les deux sans risquer de chuter du tabouret ; il avait besoin de son autre main pour faire appui contre l’armoire. Et le temps pressait, la porte de celle-ci venait de grincer et sa maman ne tarderait pas à lui demander ce qu’il faisait. Pour parvenir discrètement à ses fins, il avait attendu qu’elle soit en pleine discussion avec Nonna, puis il avait fait mine de vouloir se plonger dans une des BD qu’il avait emportées pour braver l’ennui. Cela avait fonctionné mais, bien qu’affairées au rez aux préparatifs de la fête du lendemain, elles avaient cessé leurs discussions. Ça n’y manqua pas :

– Angelo ? Que fabriques-tu ? demanda maman en laissant le silence imposer une réponse.

– Rien, je suis juste allé à la fenêtre des Nonni pour voir s’il revenait. répondit-il d’une voix volontairement lasse.

– Il est à la piazza encore pour un bon moment. C’est important, Angelo, il faut savoir le partager. Maintenant, lâche ta BD, tu as assez lu pour aujourd’hui, et viens plutôt nous donner un coup de main.

 

Le choix ne fut pas long; à tout prendre, mieux valait l’inconnu. Il remit alors soigneusement les bonbons à leur place. Il avait rêvé de trouver un trésor mais, cette fois, plus besoin de partir à la chasse, il en tenait un dans ses mains. Pas le temps d’y jeter un œil, il replaça silencieusement le tabouret dans sa chambre et déposa le sac sous son polochon. «A bientôt ! » lui chuchota-t-il.

Il prit soin de descendre les marches d’un pas lourd, pour gagner en crédibilité, et s’assit à la table de la cuisine tout en feintant l’impatience du retour de son grand-père. À la place, il ne cessait de penser à ce que ce sac pouvait bien contenir. Plutôt léger, celui-ci ne semblait abriter qu’un seul et unique objet compact, mais il n’avait pas eu le temps d’enquêter davantage. Le restant de la journée lui parut interminable. Il n’avait qu’un imaginaire à se mettre sous la dent et non vedeva l’ora de pouvoir enfin détacher ce cordon. Le monsieur de la culture, comme Nonna l’avait surnommé, avait finalement retenu son grand-père toute l’après-midi. En apprenant cela, il lui en avait voulu un peu, la vigne aurait quand même pu attendre son départ, mais sa nouvelle obsession avait réussi à estomper sa jalousie.

 

Lorsqu’enfin Nonno arriva, il eut du plaisir à le retrouver, beaucoup même mais, désormais, le bien-être familier pâlissait devant la sève de l’inconnu. Un sentiment de culpabilité l’envahit; débuter sa propre histoire impliquait-elle de quitter celle des autres ? Ce sentiment d’infidélité redoubla quand la voix grave du « buona notte » fit jaillir en lui un bouillonnement d’impatience.

 

Nonno avait refermé la porte et le trésor n’étouffait plus sous l’oreiller. Il trônait là, inerte, sur son drap blanc. Un rayon de lune éclairait le tissu vichy comme pour souligner la magie de l’instant. Tout ce qu’il allait maintenant ressentir, éprouver, deviendrait l’histoire qu’il raconterait plus tard à sa descendance. Il fallait qu’il se souvienne de chaque détail de cette rencontre, qu’il s’en imprègne, pour qu’au jour du souvenir, il le retrace avec justesse. Sans plus attendre, il libéra le cordon et tira l’objet au clair de lune.

 

L’étonnement fit place à la déception. Il contrôla que le sac ne renferme autre chose mais non, c’était juste une croix. Même pas une croix en or, du genre de celle qui se dandine sur le poitrail de son oncle. Certes, elle était plus grande mais pas hors norme non plus ; quinze ou vingt centimètres tout au plus. Il s’en voulut d’avoir tronqué l’exclusivité d’un grand-père pour cet espoir désabusé. Mais il se ravisa. Si Nonno ne lui en avait jamais parlé, tout en l’ayant soigneusement cachée, c’est que cette croix était forcément précieuse. Peut-être même qu’on avait prévu de la lui remettre un jour; comme ces reliques de famille témoins des générations qui se succèdent. Et puis, elle était rigolote  avec toutes ses décorations de fleurs et de feuilles sculptées en relief. D’ordinaire, il les connaissait plutôt simples, sobres, mais celle-ci sortait droit d’un conte de fée.

Il en fit le contour avec ses doigts. Au détour d’un pétale, il crut même y distinguer la silhouette d’un oiseau. Le vent ayant soulevé légèrement le rideau, la lune l’éclairait davantage. Non, pas d’oiseau en vue, mais une couleur blanc cassé qu’il n’avait encore jamais vue sur un tel objet. Ça ne pouvait être du bois. Peut être du marbre, pourtant elle n’était pas lourde. Et puis, peu importait, elle avait son charme, un air poétique qui lui aurait presque donné envie de chanter. Il était tard et maman avait bien dit que demain serait une grosse journée. Il la replaça soigneusement dans son écrin de tissu et s’endormit en pensant aux aventures nobles qu’il allait bien pouvoir lui attribuer.

 

La messe avait débuté depuis une bonne demi-heure quand son regard s’arrêta net sur la table de communion. C’était bien elle. Heureusement que, ce matin, profitant de l’agitation au rez de la maison, il avait prit soin de la remettre à sa place ! Il aurait, sinon, été contraint de s’expliquer de cette disparition puisqu’il voyait distinctement la croix, constellée des décorations florales admirées la veille, posée à la verticale sur la nappe immaculée. Passé l’étonnement, il éprouva beaucoup de fierté à voir siéger cet objet de valeur devant toute l’assemblée. Il était en train de penser qu’il lui faudrait vérifier dans l’album si elle était également présente le jour de son baptême, lorsque le prêtre l’éleva dans les airs. Aussi sacrées soient-elles, il n’aimait pas trop que ces mains empoignent son trésor de famille. Puis, sans avoir eu le temps d’anticiper la scène qui allait l’estomaquer, il vit l’homme d’église rompre la branche droite de la croix pour en déposer un brin dans sa bouche.

 

Tout prit sens et en perdit en même temps. De la farine, mais voilà d’où provenait sa blancheur. Adieu, relique familiale… Ornée certainement par les doigts experts de sa Nonna pour ce jour de Pâques, elle n’avait pas dû nicher bien longtemps dans l’armoire. Ce trésor qu’il croyait unique et bien gardé se révélait périssable au point de diminuer de banc en banc pour n’être, à présent, plus qu’un souvenir. Il venait de perdre ce qu’il avait à peine adopté. Révolté, puis déconcerté, il se repassa la scène en boucle. Alors, sans pouvoir se l’expliquer, l’anticiper ni même le contenir, il se prit d’un fou-rire incontrôlable qui résonna dans toute la bâtisse.

 

Jamais il n’aurait imaginé être si léger, ou elle si costaude. Sa mère l’avait soulevé d’une main pour le conduire instantanément hors de l’édifice. Il prit un sacré savon sur ce perron mais, comme il ne maîtrisait pas encore les derniers soubresauts de ce rire libérateur, elle lui ordonna d’attendre à l’extérieur pour s’y engouffrer de nouveau. La lourde porte s’était refermée. Assis sagement sur la dernière marche, il ne savait quoi en penser. De toute façon, à son âge, ça pouvait arriver et il miserait sur l’embarras collectif généré pour qu’aucun n’ose lui en reparler. Non, il était plutôt inquiet de l’effet intrusif, dévastateur, qu’avait provoqué en lui cette perte. S’attacher à cet objet lui avait fait éprouver de nouvelles sensations délicieuses, il se projetait, son cœur avait battu comme jamais. Mais est-ce que ces joies valaient l’empreinte d’une telle amertume ? C’était donc ça, perdre un trésor ? Mais quel trésor ? Au début, cette croix ne lui avait même pas plu ! Il n’aurait qu’à l’oublier, ou mieux, à la remplacer. Il se résolut à ne plus y penser.

 

Il avait misé juste, toute l’après-midi, aucun ne s’était aventuré à lui reparler de son humiliation. De son côté, la résolution était plus difficile qu’envisagé, mais il tint bon. Il n’avait qu’une hâte, s’endormir pour que demain soit un jour de plus qui l’éloigne de cette matinée insensée.

 

Après lui avoir rappelé de se brosser les dents, Nonno lui avait demandé de le rejoindre dans sa chambre. Il faisait déjà face à la fenêtre, le sac de bonbons ouvert à sa droite. Il s’assit à côté de lui mais n’en prit aucun. Pas le cœur à ça, ni l’envie de se retourner se les brosser et encore moins d’enfreindre la règle des dents propres au coucher ; il avait bien vu où ça l’avait mené, de braver l’interdit.

– Quelle peine peut bien te tourmenter à ce point, Angelo ?

– Mais rien, Nonno, au contraire, j’ai plutôt bien rigolé aujourd’hui !

La crainte de devoir mettre des mots sur ce qu’il ne s’était pas encore expliqué, lui fit sortir cette seule justification.

– Ne me raconte pas de bêtises, on ne me la fait plus à mon âge. Ce rire était exutoire, du genre de ceux qui font moins mal quand on a ri[1]. Je t’écoute Angelo, je suis là pour toi mon grand, je t’écoute.

 

Au son de cette voix qui avait déjà recueilli toutes ses confidences, des larmes lui montèrent. Il les retint mais, à leur place, coula un long flot d’explications. Décidément, c’était la seconde fois de la journée que ce corps ne lui obéissait plus; il se promit d’y remédier dès le lendemain. Sous l’emprise de cette vague bienveillante, il déversa tout : la tentative d’extorsion de bonbons, la découverte du deuxième sac, l’attente interminable qui en suivit, il avoua même la trahison qu’il avait éprouvée lorsque l’empressement de la rencontre fut plus forte que les retrouvailles. Puis il raconta, d’une traite, comme si l’enchaînement détaillé des événements pouvait le vider de cette expérience, l’attachement à ce qu’il avait prit pour un trésor de famille suivi de son déracinement. Il allait lui partager son rire dans l’église et le trouble qui en suivit, lorsque la large paume enveloppa sa main.

 

La paisible voix reprit :

– Je dois te dire deux choses, mon garçon. Tout d’abord, tu as eu du flair en t’attachant à cette croix car, vois-tu, elle est intacte et partira demain avec Monsieur Saiu pour rejoindre la collection du Musée d’Ethnographie de Genève. Hier, il a passé la matinée avec Nonna dans la cuisine pour qu’elle puisse lui partager son savoir-faire des pains sardes créés pour la consécration sacerdotale. Puis, l’après-midi, c’était à mon tour d’en discuter avec cet ethnologue pour m’assurer, qu’au-delà des questions administratives, le descriptif qui en soit fait accompagne fidèlement ce témoin de notre culture.

En s’appuyant sur le rebord du lit, il se leva péniblement, fit quelques pas en direction de l’armoire et lui tendit le deuxième sac.

En effet, c’était bien elle. Alors qu’il la contemplait, son grand-père reprit :

– Mais Angel’, surtout, ne fais pas de différence entre elles. Retiens plutôt que toutes les deux portent le sceau des originaux. Celle-ci rejoindra exceptionnellement une vitrine pour rendre compte de la tradition, alors que celle-là s’est assurée de la perdurer en étant consommée.

 

Après avoir regagné sa place, il lui passa affectueusement la main dans ses cheveux, comme pour pondérer le ton solennel qui accompagnerait son conseil :

– Et finalement, mon garçon, tire-s-en une leçon. Un trésor, ça ne se garde pas. Il ne se gagne même pas, au risque de devoir tôt ou tard le perdre. Non, un trésor ça s’accueille et se vit au pluriel; comme les bons, ou même les mauvais moments de la vie. On les accueille en leur attribuant une place d’invité qui, à toute heure, pourraient nous remercier.  Ainsi, on découvre le plaisir de converser, de s’apprivoiser, voire même de se chérir, le temps qu’il nous est donné de partager. Ici-bas, on ne possède rien, c’est ce que nous en faisons qui nous appartient. Ne cherche donc pas, ne permets pas à ton cœur de se les approprier car c’est un sacré canular dont captivé, tu pourrais te révéler captif. Le temps donnera corps à ces conseils mais, si tu ne devais en retenir qu’une seule chose : choisis bien ton trésor Angelo, car là aussi sera ton cœur.

 

Je n’étais pas sûr d’avoir tout compris, mais sentir ce Nonno me devancer m’avait apaisé. D’emblée, je lui rendis la croix qu’il remit soigneusement à sa place dans l’attente de son transfert. Alors, j’enfouis ma main dans l’autre sac qui, lui, m’attendait toujours sur le lit. Ma foi, tant pis pour le brossage des dents !

 

***

 

– Grand-papa, s’il te plaît, raconte-moi encore quand les mains du prêtre …

Un doigt bienveillant, posé sur sa bouche, avait calmé l’ardeur de sa verdeur. Les musées ne se prêtaient pas à de tels débordements.

– D’accord, Marceline. Mais, tout d’abord, déplaçons-nous sur cet autre banc afin de l’admirer de profil.

Celle-ci n’avait rien perdu de son allure. La petite fille se hissa sur la banquette de cuir. Son grand-père la rejoignit. À cette heure creuse, les visiteurs se faisaient rare, mais il lui resterait assez de temps pour conter quelques détails omis de ces charmants souvenirs, tout en dégustant les derniers bonbons qu’il s’était préalablement assuré de sortir de sa poche.

 

 

 

[1] Inspiré d’une citation de Pierre Desproges.

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