02.09.2020 129 1 Chassé-croisé

Amour, Histoire

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© 2021 Plume

Et si tout n’était qu’une question de tempo ?
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Ce matin-là, Ava se réveilla en sueur. D’une main encore engourdie de la longue nuit de sommeil qu’elle avait décidé de s’offrir en ce premier jour du weekend, elle attrapa son téléphone sur la table de chevet. Il était 10 heures passé.

–       Mazette, s’exclama-t-elle tout haut. Et moi qui craignais de ne plus réussir à me rendormir.

Elle s’était en effet réveillée à 7h14 – elle le savait car elle ne pouvait s’empêcher de contrôler l’heure, une véritable obsession chez elle. Si la technologie lui permettait de se transplanter une horloge sous les paupières, elle n’hésiterait pas une seconde.

Elle rejeta les couvertures d’un geste brusque, risquant de faire gicler au passage Rocky, son petit chien qui la suivait partout comme son ombre, sauta en bas du lit pour aller s’enfoncer cinq minutes plus tard dans le canapé, un café dans une main, un bol de céréales dans l’autre. Rocky s’était couché à ses côtés et lui lançait des œillades enamourées, salivant à la vue de ces petites boules sucrées qu’elle portait à sa bouche.

–       Non Rocky, s’esclaffait-elle tout en lui caressant le dessus du crâne, attends ton tour, laisse-moi manger.

 

Il la regardait jouer avec ce petit chien – mais qui était-il donc ? – et il sourit, se remémorant tous les instants qu’ils avaient passés ensemble dans l’appartement de ses parents à jouer avec leur gros berger allemand. Il entendait encore sa mère hurler :

–       Hugo, Ava, ça suffit maintenant, on va finir par avoir des problèmes avec les voisins !

C’est vrai que, parfois, ils se laissaient emporter par l’enthousiasme, propre à leur jeune âge, et il semblait qu’un tremblement de terre secouait le modeste trois pièces du numéro 11 de la Rue des Chênes. Mais qui aurait pu leur en vouloir ? Ils étaient jeunes et insouciants, ignares du tour dramatique qu’allait prendre leur vie.

La petite boule de poil rousse qui ne paraissait pas vouloir lâcher d’une semelle sa maîtresse n’avait pas grand-chose à voir avec le gros berger allemand de leur passé, mais la douceur qui emplissait les gestes d’Ava était toujours la même. Ses longs cheveux ondulés balayaient l’air au rythme de ses mouvements, la lumière filtrait à travers les mèches caramel qui encadraient son visage fin. Le regard d’Hugo s’attarda sur ses mains, sur ses longs doigts et ses ongles vernis de rouge Chanel qui caressaient la tête de Rocky. Des images de leurs corps enlacés et de ces mêmes mains sur son torse lui revinrent soudainement en mémoire et il se sentit rougir.

Oh Seigneur, qu’est-ce qu’elle lui avait manqué.

 

Une fois son petit-déjeuner avalé, Ava enroula une longue et épaisse écharpe autour de son cou, enfila un manteau assorti à ses ongles et revêtit, non sans peine, Rocky d’un imperméable qui, à peu de choses près, était la version miniature du sien.

–       Rocky s’il te plaît, ça ne sert à rien de te démener ainsi ! C’est tous les matins la même histoire avec toi.

Une fois le petit chien équipé et prêt à braver le froid mordant de ce mois de février, Ava attrapa ses clés et, comme elle le faisait chaque fois qu’elle les tenait entre ses mains, sourit d’un air mélancolique en promenant ses doigts sur le petit hibou multicolore qui cliquetait au bout de son porte-clés. Elle poussa un long soupir et pressa la poignée de la porte d’entrée. À peine l’eut-elle refermée derrière elle qu’elle se retrouva face à une personne qu’elle n’aurait jamais ne serait-ce qu’osé espérer revoir. Une personne qui malheureusement faisait partie de son passé. Une personne qui lui avait manqué plus que de raison pendant ces dix dernières années.

–       Papa ?

 

Non, non, non, grondait intérieurement Hugo. Il savait qui était l’homme qui se tenait sur le perron de sa bien-aimée. Il ne l’avait jamais rencontré mais il avait passé des heures assis par terre, Ava serrée contre lui, à regarder des photos sur lesquelles il s’affichait tour à tour espiègle, doux, sérieux, rieur puis, sur les photos plus récentes, affaibli et malade. Hugo savait ce qu’aurait donné Ava pour pouvoir revoir son père, lui dire tout ce qu’elle n’avait pas eu le temps de lui dire, tout ce qu’elle aurait voulu lui dire sans jamais oser. Et Hugo lui-même, jusqu’à il y a quelques heures à peine, ignorait que son souhait aurait pu être exaucé. Mais fallait-il absolument que cela se passe aujourd’hui ? Pourquoi le destin s’acharnait-il contre eux – pire encore – se moquait d’eux ? À quoi bon lui offrir la possibilité de la revoir, d’être à nouveau à ses côtés, et offrir la même chance à un autre homme ?

Hugo se força à interrompre le flot de ses pensées et, alors qu’il regardait père et fille s’étreindre, il comprit que l’amour était un sentiment complexe, probablement bien plus encore que ce qu’il imaginait, et il sut ce qu’il avait à faire.

 

Après s’être instinctivement jetée au cou de son père, Ava s’en détacha tout aussi rapidement, les doigts serrés autour du hibou qui s’était immobilisé, comme s’il avait compris, lui aussi, que la situation délicate méritait un silence solennel. Soudainement, l’absurdité des circonstances la fouetta en plein visage, ses jambes menaçaient de ne plus la soutenir, l’oxygène lui manquait.

–       Je ne comprends pas, balbutia-t-elle. Je… Est-ce que c’est vraiment toi ?

Elle s’adossa à la porte, cette satanée porte qui, une fois ouverte, avait chamboulé sa journée, peut-être sa vie. Pour le meilleur ? Pour le pire ? Ça, elle n’en savait encore rien. Son père restait silencieux. Il avait toujours eu l’art de ne pas imposer sa présence – du moins de son vivant – et il avait toujours respecté les temps exigés par sa fille. Il avait su attendre qu’elle lui pardonne ses erreurs et accepte de le retrouver – cinq longues années durant lesquelles il avait espéré chaque jour que sa fille lui revienne. Mais la vie est parfois cruelle et peu de temps après que son vœu le plus cher eut enfin été exaucé, on l’avait cette fois arraché contre sa volonté à son rayon de soleil à peine retrouvé.

–       Où est Ricky ? s’écria Ava, ses esprits soudainement recouverts.

Sans attendre de réponse, elle dévala les marches de son perron et se jeta dans la rue.

–       Ricky ! hurlait-elle à pleins poumons.

Elle avait dû lâcher sa laisse sous l’effet de la surprise – et quelle surprise – et Ricky en avait profité pour prendre la fuite.

–       Quelle sotte, marmonnait-elle, furieuse contre elle-même de son inattention, mais aussi un peu contre son père. Comment, et surtout de quel droit se présentait-il ainsi devant sa porte ? Elle avait souffert de son absence, puis savouré les quelques mois passés ensemble, avant de retomber dans la souffrance après sa mort. Elle s’en était remise, en grande partie grâce à Hugo, mais elle se savait incapable de vivre cette épreuve une seconde fois.

Elle continuait sa course infernale à la recherche de Ricky lorsque, tournant à l’angle de la rue, elle se retrouva nez à nez avec… Hugo.

Trop c’est trop, pensa-t-elle avant de s’effondrer.

 

Un agréable sentiment de chaleur, une douce caresse sur son bras, puis des grandes léchées sur son visage et les jappements de Rocky. Ava ouvrit les yeux et ne vit d’abord qu’une grosse boule de poils rousse qui ne savait contenir son excitation à l’idée de voir sa propriétaire enfin réveillée. Son regard se dirigea ensuite sur le reste de la pièce. Elle se trouvait chez elle, confortablement installée sur son canapé, couverte des orteils au menton de son gros plaid rose poilu. Le temps d’un instant, elle oublia la folie de ce début de journée jusqu’à ce que son regard se pose sur son bras qui dépassait de la couverture, à l’extrémité duquel se trouvait une main, pas la sienne, une autre. Une main poilue – que de poils aujourd’hui, se surprit-elle à penser.

Elle retira précipitamment son bras et le remis au chaud sous son plaid.

–       Tu as besoin de quelque chose ? lui demanda son père. Un thé ? Des biscuits ?

Un thé ? Des biscuits ? Mais qu’est-ce qui cloche chez lui ? se demanda-t-elle, regrettant instantanément cette animosité qu’elle ne parvenait pas à réprimer. Elle était habitée de mille sentiments, beaucoup d’entre eux contradictoires, et il lui semblait impossible de mettre de l’ordre dans ce fouillis. L’apparition aussi soudaine qu’inattendue de son père ce matin avait réveillé en elle une douleur lancinante qu’elle croyait avoir surpassée, un deuil qu’elle s’était convaincue d’avoir élaboré, une colère contre un géniteur absent qui l’avait privée de tant de moments ensemble qui s’était certes affaiblie au fil des années mais n’avait jamais vraiment disparu.

–       Où est Hugo ? se contenta-t-elle de demander.

Son père haussa les sourcils.

–       Qui ?

 

Il s’avérait que son père, ne la voyant pas revenir, s’était lancé à sa poursuite et l’avait trouvée étendue sur le sol, Ricky tournoyant autour d’elle. Mais aucune trace d’Hugo, ou de quiconque d’ailleurs, dans les parages. Ava se sentait nauséeuse, elle ne savait plus ce qui relevait de la réalité et ce qui, au contraire, ne pouvait être qu’un rêve – ou un cauchemar, c’était selon. Elle tenta de se lever mais elle n’en eut pas la force et retomba de tout son poids sur le canapé. Ricky, qui avait fini par s’installer à l’autre extrémité du divan se leva et vint se rouler en boule sur le ventre de sa maîtresse. Son père était toujours assis à son chevet, silencieux, presque grave.

–       Papa, se lança-t-elle d’une voix hésitante, je crois que j’ai besoin de quelques explications. Il n’est pas encore midi et j’ai déjà rencontré deux fantômes, c’est plus que je ne peux supporter.

Son père se racla la gorge. Son air grave s’était envolé, il ressemblait désormais à un enfant peu sûr de lui, sur le point de présenter un projet sur lequel il aurait bûché de longues heures devant toute une classe de compagnons critiques.

–       Sais-tu quel jour nous sommes aujourd’hui ? lui demanda-t-il enfin.

–       Cela ne me semble pas particulièrement pertinent mais nous sommes samedi.

–       Oui, samedi 29 février.

–       Et ? s’agaça-t-elle, sa patience s’amenuisant déjà.

–       Je te l’ai probablement déjà expliqué quand tu étais petite, mais cela résonnera probablement bien différemment aujourd’hui. Tous les quatre ans, un jour en plus nous est offert afin de compenser la différence de temps entre l’année solaire et l’année calendaire. Sans ce jour supplémentaire, les saisons se décaleraient progressivement et l’on passerait réellement Noël au balcon et Pâques au tison.

Il se racla encore une fois la gorge et Ava soupira.

–       Officiellement, continua-t-il, voilà pourquoi le 29 février existe. Mais ce jour en plus est aussi devenu un véritable cadeau, l’occasion de retrouver, le temps d’une journée, les personnes qui ne sont plus.

Ava haussa les sourcils.

–       Je ne suis pas sûre de comprendre. Tu veux dire que le 29 février, précisément, les morts peuvent décider de revenir d’outre-tombe et de venir hanter ceux qui leur ont survécu ?

–       Je ne formulerais pas les choses ainsi mais substantiellement, oui.

–       Et tu as décidé d’attendre tout ce temps avant de venir me voir ?

–       Non, Ava, soupira-t-il d’un air las. Aujourd’hui, c’est la troisième fois que nous tenons cette même conversation. La troisième fois que nous finissons ainsi : toi étendue sur un canapé et moi qui t’aide à reprendre tes esprits.

–       Je crois que je m’en souviendrais si c’était réellement le cas. La mort t’a fait redevenir le menteur pathologique que tu étais pendant mon adolescence ?

Son père eut un mouvement de recul, accusa le coup et riposta d’un ton calme :

–       Non, Ava. Tu vois, là est l’autre particularité du 29 février. Lorsque tu te réveilleras demain matin, tu n’auras aucun souvenir de cette journée.

–       Mais c’est une sacrée conner…

–       Je sais ce que tu vas dire, que c’est une sacrée connerie, que ça n’a pas de sens de passer une journée ensemble si c’est pour la jeter aux oubliettes à minuit. Mais je pense au contraire que l’univers est bien fait. Réfléchis-y. Si le souvenir de cette journée subsistait, serais-tu capable demain de reprendre le cours de ta vie ? Réussirais-tu à me laisser partir, à accepter de me perdre à nouveau pour les quatre prochaines années ?

Ava resta silencieuse. Elle sentait ses yeux se remplir de larmes et sa vue se brouiller.  Ses doigts se promenaient mécaniquement à travers la fourrure de Rocky.

–       Et Hugo ? Où est-il ? demanda-t-elle enfin.

–       Ma chérie, je ne sais pas qui est ce Hugo. De qui parles-tu ?

–       Non, bien-sûr, tu ne peux pas savoir, souffla-t-elle à mi-voix.

Elle se redressa et s’assit sur le canapé, forçant ainsi à nouveau Rocky à changer de position lui-aussi.

–       Je l’ai rencontré peu de temps après ton…, elle hésita, décès. Nous avons passé six magnifiques années ensemble. Oh, tout n’était pas toujours tout rose, mais on s’aimait sincèrement.

Elle marqua une pause et leva les yeux vers son père.

–       Tu l’aurais beaucoup aimé, papa.

Une larme coula le long de sa joue et d’un geste tendre, son père l’essuya.

–       J’en suis certain, ma fille.

Ils s’étreignirent longuement, savourant chaque instant de ces retrouvailles, chacun puisant dans l’étreinte de l’autre la force dont ils avaient besoin.  Puis Ava se retira, sécha ses larmes du revers de la main et s’exclama :

–       Voilà pourquoi je me suis réveillée à 7h14 ce matin !

Son père la regarda sans comprendre.

–       Enfile ton manteau papa, je t’expliquerai en chemin. On doit retrouver Hugo.

 

Ils revêtirent leurs habits d’hiver, Ava attacha Rocky et attrapa ses clés. Son père sourit à la vue du hibou multicolore.

–       Tu l’as gardé ?

–       Bien-sûr, répondit-elle. Comment aurais-je pu m’en séparer ?

Père et fille – et Rocky – se lancèrent à la recherche d’Hugo. Ava s’accrochait au bras de son père, un peu pour éviter de glisser sur le sol gelé, beaucoup par peur qu’il ne lui file entre les doigts. Ils restèrent longtemps silencieux, deux âmes errant dans les rues glaciales de la ville à la recherche d’un fantôme peut-être déjà envolé. Deux âmes perdues dans le dédale de leurs pensées, qui auraient tant à se dire mais si peu de temps à disposition – par où commencer ?

–       Alors, se lança enfin son père, parle-moi de cet Hugo.

Ava hésita un instant.

–       Nous nous sommes rencontrés un peu moins d’une année après ton décès. Je n’étais pas en grande forme, c’est le moins que l’on puisse dire. Ton départ m’a prise de court, tout a été si rapide, si inattendu. Je ne parvenais pas à accepter cette injustice, je cherchais à donner un sens à tout cela mais il n’y en avait pas, bien sûr. Maman m’a aidé du mieux qu’elle le pouvait – tu la connais, elle s’est dévouée corps et âme – mais évidemment, elle non plus ne pouvait pas me fournir une explication, une raison, en somme ! J’en avais désespérément besoin. Pourquoi t’en es-tu allé ainsi, si peu de temps après que nous nous étions enfin retrouvés ? Je ne te cache pas avoir été en colère contre toi, une colère certes irrationnelle, je le savais, mais il me fallait trouver un bouc émissaire. Hugo est entré dans ma vie à ce moment-là, alors que je combattais cette rage et cette tristesse qui m’habitaient.  Oh, je lui en ai fait voir de toutes les couleurs au début ! Mais malgré cela, il a toujours été là pour moi.

Elle marqua une pause.

–        Jusqu’à cette maudite journée d’octobre, six ans plus tard. Nous nous étions installés ensemble, dans l’appartement que tu as vu aujourd’hui. Ce jour-là, il est parti tôt pour aller au travail, plus tôt que d’habitude car il devait passer s’occuper du chien de ses parents pendant leur absence – ils avaient enfin réussi à mettre quelques sous de côté pour s’offrir trois jours de vacances bien méritées. Malheureusement, il n’est jamais arrivé à destination. À 7h14, soit moins d’une demi-heure après m’avoir embrassée et souhaité une bonne journée, mon amour s’en est allé.

Le frêle corps d’Ava fut parcouru d’un frisson, malgré les vêtements épais qui la tenaient au chaud. Son père passa un bras autour de ses épaules. Ils se trouvaient désormais à l’endroit exact où Ava avait perdu connaissance quelques heures plus tôt. Ils s’arrêtèrent et il plongea son regard dans le sien.

–       Je suis désolé que tu aies dû vivre cela, ma fille. Je ne veux pas te raconter de bobards. Cette épreuve, pas plus que les autres que tu as dû affronter, ne te rendra pas plus forte. La vie est impitoyable, ça peut sembler un lieu commun, mais c’est pourtant si vrai. Elle t’en a fait baver et j’en suis désolé. Mais je suis également heureux de savoir que tu as connu l’amour. J’aurais aimé le rencontrer, j’aurais aimé que les choses se passent différemment pour nous tous, pour toi surtout ma chérie.

Il soupira et, les yeux toujours plantés dans ceux de sa fille, il lui caressa doucement la joue.

–       Il est à peine 15 h. Je suis sûr qu’Hugo est toujours dans les parages. On va le retrouver.

 

Hugo, depuis l’autre côté de la rue, observait père et fille, côte à côte à l’endroit où, quelques heures auparavant, il s’était trouvé face à sa bien-aimée le temps de quelques secondes avant qu’elle ne s’effondre, à juste titre, sur le trottoir. Il avait compris à ce moment-là qu’il avait fait une erreur. Il s’était donc assuré qu’Ava ne soit pas blessée et il avait attendu, caché à une dizaine de mètres d’elle, de voir son père arriver – précédé de peu par Rocky.

Il s’émerveillait maintenant devant les gestes à la fois simples et tendres d’un père qui cherche à offrir à sa fille ce dont elle a besoin, lui en l’occurrence. Il eut la confirmation en les regardant d’avoir pris, cette fois, la bonne décision. Il savait qu’Ava avait surtout besoin d’un père et il n’était pas prêt à lui ôter cette possibilité. Que personne ne s’y méprenne, Hugo aurait tout donné pour serrer dans ses bras, ne serait-ce qu’une fois encore, sa belle et tendre, lui dire tout ce qu’il n’avait pas eu le temps de lui dire, tout ce qu’il aurait voulu lui dire sans jamais oser, de revivre, le temps de quelques instants, une histoire finie trop tôt, la plus belle que la vie lui ait offerte. Mais l’amour n’est pas égoïste. L’amour est altruiste. L’amour est feu et passion, paix et raison. L’amour est le calme avant, mais aussi après la tempête. L’amour est don de soi et, ironiquement, ne peut toujours se soumettre aux lois du cœur.

Et il n’est pas plus bel amour que celui qu’Hugo a offert à Ava.

 

Peut-être dans quatre ans.

 

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