Créé le: 24.04.2017
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Chasse à l’oeuf

Pour les enfants

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© 2017-2021 Pierre de lune

Un conte de Pâques, un peu en retard, eh oui, il a fallu trouver l'oeuf !
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Le soleil s’étire lentement au-dessus de la campagne, une douceur printanière qui caresse les cheveux des nuages.

 

Dans la ferme vrombit un léger bruit de moteur. Est-ce le tracteur ? Non ! Le ronflement du fermier !

Dressé sur ses ergots, le coq Julius, maître des lieux, s’époumone : « Cocorico ! Cocorico ! Il est l’heure de se réveiller ! » claironne-t-il.

Rose bonbon, le cochon, ronchonne et enfouit sa tête dans la paille : « la paix, Julius ! Laisse-nous dormir ! C’est le jour de Pâques, aujourd’hui, repos pour tout le monde ! »

 

Mais il en faut davantage pour museler Julius, en pleine démonstration vocale.

 

Les canetons ébouriffés se pressent contre leur maman cane qui se dandine d’un air sévère. D’un pas décidé, la petite troupe se dirige vers l’étang pour un bain collectif. 

 

Les lapins nains, Petit Roux, Blanco et leur sœur Pâquerette, frétillent du museau entre les grilles de leur clapier. Pâquerette bâille à qui mieux mieux et soupire rêveusement.

 

Macha, la vache, balaie quelques mouches de sa queue tout en observant, amusée, l’éveil du poulailler.

Bien à l’abri sur son perchoir, Poulette couve amoureusement ses œufs. Depuis quelques semaines, elle les retourne plusieurs fois par jour pour les réchauffer de toute la force de ses plumes. 

 

Ce matin, son cœur s’affole. « Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf…. » compte-t-elle à mi-voix. Puis, « il me manque un petit ! Julius ! Il me manque un œuf ! »

Branle-bas de combat à la ferme… Julius sonne le rassemblement. Un œuf a disparu ! Impossible !

 

– Il a dû rouler quelque part, regarde mieux, Poulette ! tente de la rassurer Macha.

 

Poulette et Julius se précipitent pour explorer le poulailler ; les canetons, très excités par cette partie de cache-cache, cherchent dans tous les recoins et font des batailles de polochon de paille.

 

Rien, hélas… L’œuf est bel et bien introuvable !

 

Le silence s’abat sur les animaux consternés. En un échange de regard, la solution s’impose à eux : il leur faut consulter le plus sage, le plus perspicace de leur communauté. 

A la queue leu leu, telle une fanfare désorganisée, canetons, coq et vache, lapins, poules et cochon se dirigent vers le chenil, quartier général des chiens Sherlock Molosse et Watson Minus.

 

Sherlock, la truffe frémissante, semble sur le point d’effectuer une difficile arrestation. Watson, censé monter la garde, est allongé, l’œil clos, rêvant sans doute à de beaux os à ronger.

Julius interpelle les deux compères :

– Sherlock Molosse, Watson ! Venez vite ! On nous a volé un œuf ! »

 

Molosse plisse les yeux de colère et réagit au quart de tour. Comment peut-on s’attaquer à un plus petit que soi, à un petit œuf sans défense ? Il bondit en avant et d’un bref jappement, ordonne à Watson de le suivre. Les fins limiers se mettent immédiatement en quête d’indices.

 

Aux abords du poulailler, ils investiguent, truffe à ras du sol…

 

Tout à coup, Molosse se fige telle une statue. Watson manque de peu lui rentrer dans le derrière ! Des empreintes de pattes s’incurvent dans la terre. Elles progressent tout au long de la clôture jusqu’à un petit passage creusé à la va vite en direction de la forêt voisine.

 

« On tient une piste ! S’enthousiasme Watson.

 

– Minute, papillon ! temporise Sherlock. Nous n’avons pas eu qu’un seul visiteur cette nuit. C’est une vraie autoroute ici !”

 

En effet, après le tunnel, deux traces distinctes partent dans des directions opposées.

 

Sherlock prend la tête des opérations :

«  Watson, va chercher la clé du portail ! Nous allons bien voir où nous mènent ces traces de pattes ! »

Le fermier parti au marché, tous les animaux ont le champ libre ; les voilà de l’autre côté de l’enclos.

 

Macha, Rose bonbon et Watson s’engagent sur le chemin de la rivière tandis que le reste de la troupe se dirige vers la forêt.

La première équipe arrive aux abords du ruisseau et, entendant un sifflotement joyeux, se cache dans les fourrés. Les trois détectives découvrent alors un lièvre tout dodu en pleines ablutions. 

 

« Eh, l’ami ! L’apostrophe Watson, serais-tu venu à la ferme, cette nuit ?

 

– Meuh, tu as le museau bien crotté, renchérit Macha.

 

– Non, non… bredouille le lièvre mal à l’aise, je fais ma toilette du dimanche, je veux juste être beau pour les fêtes de Pâques !

 

– Le tunnel, sous notre clôture, cela ne te dit rien ? interroge Rose Bonbon, menaçant, en lui tendant ses vêtements maculés de boue.

 

Penaud, le lièvre avoue enfin :

« C’est vrai, j’étais cette nuit à la ferme… Mais je n’ai pas creusé de tunnel ! J’ai juste parlé avec mon amoureuse à travers la grille ! »

 

– Qui est-ce, ton amoureuse ? demandent en chœur Macha, Rose Bonbon et Watson.

– La douce Pâquerette, répond le lièvre rougissant. Nous allons nous marier. 

 

Watson interrompt les félicitations bruyantes de ses compagnons :

– Mais alors, qui a bien pu entrer chez nous par effraction ? As-tu vu quelque chose ?

 

– Après avoir quitté Pâquerette, je suis resté pour observer le ciel et les étoiles filantes. J’ai cru apercevoir une ombre le long de la clôture.

– Un œuf de Poulette s’est volatilisé l’informe Watson. Rejoignons Sherlock et les autres, en espérant que leur piste soit plus fructueuse…

Le lièvre s’habille en hâte et leur emboîte le pas.

 

Pendant ce temps, Sherlock, Julius, Poulette et les lapins parviennent à une petite clairière baignée de lumière.

 

Sherlock renifle méthodiquement les alentours et fait signe à ses compagnons de le suivre. Derrière un épais bosquet apparaît une cabane, bien camouflée par des branches de sapin. Les amis toquent à la porte et, enhardis par l’absence du propriétaire, entrent prudemment.

 

Tous poussent des exclamations de surprise. Au milieu du salon trône un magnifique arbre de Pâques, orné d’œufs multicolores. A chaque branche brillante comme du cristal sont suspendues de véritables œuvres d’art, peintes dans toute la gamme des pastels.

Julius retient de justesse Poulette qui s’évanouit. Comment savoir si leur petit est ici ? Y aurait-il un panneau « attention ! Peinture fraîche ? »

 

Un bruit discret trahit la présence d’un nouvel arrivant. Resté en retrait, Sherlock referme la porte sur un petit furet tremblant de peur.

« Ah ! Nous te tenons, voleur de poussins ! »

 

Tous se jettent sur le malheureux qui se débat :

 

– Lâchez-moi, lâchez-moi ! Que faites-vous dans ma maison ? Je ne suis pas un voleur de poussins !

 

– Ah oui ! rugit Sherlock. Qu’est-ce que c’est que tous ces œufs, alors ?

 

– Mais… C’est mon arbre de Pâques, il n’y a rien de mal à ça !

 

– Tes empreintes de patte nous ont conduits jusqu’ici ; tu t’es introduit cette nuit à la ferme pour voler un œuf !

 

 

– L’un de mes œufs s’était cassé ; j’ai juste voulu le remplacer, se justifie maladroitement le furet en pleurant. Je n’ai pas voulu vous causer du tort !

Un léger craquement se fait alors entendre dans l’arbre et un petit miracle de Pâques se produit. Chauffé par la lampe qui éclaire l’arbre scintillant, l’un des œufs s’est fendillé. 

 

Julius et Poulette retiennent leur souffle. La coquille s’ouvre tout à fait et libère un adorable poussin tout neuf, aussi rose qu’un nuage de barbe à papa !

A ce moment, Watson et ses amis font irruption dans la cabane et se joignent à l’éclat de rire général.

– Il s’appellera Pascal, se rengorge fièrement le coq.

Sous le regard tendre de Julius, Poulette fait la toilette de son petit, qui recouvre bien vite sa teinte ensoleillée.

Commentaires (1)

Asphodèle
02.05.2017

'C'est vraiment très agréable de se replonger dans l'ambiance de Pâques pour une chasse à l'oeuf originale et bien menée. Humour et suspens s'emmêlent d'un bout à l'autre pour le plus grand plaisir des lecteurs. Avec une surprise finale bien trouvée !!!'

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