Créé le: 02.09.2016
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Charité bien ordonnée

Polar

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© 2016-2022 Stella Vaime

Conseils  à l’usage des policiers enquêtant dans un milieu religieux. 1) les mobiles usuels du crime ont cours (argent, sexe, pouvoir). 2) ce milieu  bénéficie de centaines d’années d’expérience de résistance aux persécutions extérieures. 3) l’habit ne fait pas le moine.
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« Chaque jour, deux guides s’en iront de chaque côté de la montagne, jusqu’à la distance d’environ une lieue ; plus loin si la nécessité se fait sentir. Ils apporteront avec eux la nourriture habituelle : le pain, le vin, le fromage, comme on l’a toujours fait. Si les deux guides ne suffisent pas à porter secours, l’un des deux ira quérir un renfort immédiat auprès du Supérieur. Après une nuit passée à l’hospice – ou plus, s’il y a tempête – les guides repartiront avec les voyageurs, jusqu’à ce qu’ils soient sortis des périls de la neige. »

Ancienne Constitution de l’Hospice (1438).

Ils roulent déjà depuis quarante minutes quand ils atteignent enfin la bifurcation et s’engagent sur la route indiquée par le panneau « Col du Gd Saint Bernard » barré du mot « fermé ». La chaussée se fait plus étroite et raide tandis que l’inspecteur lorgne le thermomètre du 4×4 d’un air morose. Au fur et à mesure de leur ascension la température baisse avec une régularité déprimante. Il pense qu’elle conduit vraiment bien, négocie les virages avec douceur, évite les nids de poules et les plaques de givre. 3 °à ce stade.

Sans quitter la route des yeux, Valentine, sa coéquipière fraichement promue de l’école de police, lui demande : « Alors on a reçu un appel de l’hospice à propos du décès? Le père Besson en a dit un peu plus? » Il pense : « “Père Besson”, “père Besson”, comme elle le dit avec un mélange de déférence et de familiarité ». Cette fille de bonne famille, brillante élève du collège Saint-Maurice, (établissement où lui aussi avait étudié bien des années avant cette gamine et s’était principalement distingué par

son mauvais comportement), il sait bien que le patron l’a envoyée avec lui pour faciliter le contact avec les chanoines. À la brigade tout le monde connaît son hostilité envers les soutanes. Grégoire répond : « Ils ont appelé ce matin vers neuf heures, car un de leurs hôtes ne s’est pas réveillé et pour cause : il est mort. En fait, un des types là-haut était médecin avant. C’est lui qui a confirmé le décès. Nous devons voir ce qu’il en est et appeler les autres si besoin. Ça doit être un de ces vieux pèlerins qui n’a pas tenu l’altitude, ricane Grégoire. » Valentine plisse le nez imperceptiblement, son collègue l’agace. « C’est un peu tard pour les pèlerins, les premières neiges sont déjà tombées la semaine passée et le col est fermé depuis le 1er novembre. On verra.»

1.5°. Le véhicule entame une dernière série de lacets et arrive enfin au sommet. 0.5°. « Merci Valentine, tu conduis comme un chef. » Elle ne veut pas l’admettre mais cette remarque lui fait plaisir alors elle le remercie.

Ils sortent du véhicule, l’inspecteur prend sa sacoche de terrain dans le coffre. Le vent s’engouffre entre deux grandes bâtisses qui sont reliées par une passerelle couverte: à gauche l’hospice, un bloc austère percé de petites fenêtres, où vivent les moines, à droite un bâtiment plus récent qui abrite un restaurant au rez-de-chaussée. Les portes et fenêtres de ce dernier sont obstruées par du contreplaqué. La saison touristique est finie. Ils grimpent le perron, Valentine tire la sonnette. Une simple croix de fer décore la porte. Quelqu’un y a accroché une fleur de chardon séchée.

La porte s’ouvre sur un homme âgé très grand et costaud, ses cheveux blancs font comme un nuage posé sur sa tête. Ils se présentent et montrent leurs plaques, il leur fait signe de le suivre le long d’un couloir sombre. « Bon dieu, il fait presque aussi froid que dehors, pense Grégoire.» Sur la gauche il entrevoit en passant une chapelle et remarque un aspirateur abandonné au milieu de la travée.

Leur guide toque à une porte antique. Une voix claire leur dit d’entrer. Le vieux s’efface devant les policiers et referme la porte derrière eux.

Dans cette pièce-ci il fait relativement bon, un homme qui porte une chasuble blanche s’avance vers eux en souriant. Grégoire lui tend la main en disant: « Inspecteur Constantin et voici l’aspirante de Preux.» Le religieux lui serre la main avec vigueur. « Prévôt Besson, je suis à la tête de cette congrégation.», puis se tourne vers la policière et lui dit avec douceur :

– Bonjour, Valentine.

– Mon père, comment allez-vous ?

– Ma fois, j’aurais aimé te revoir dans d’autres circonstances.

Grégoire enrage intérieurement : « “Mon père”, “mon père” je t’en foutrais moi des “mon père”. » Il faut rapidement leur rappeler qu’il ne s’agit pas d’une visite de courtoisie. « Alors qu’est ce qui s’est passé exactement ? demande sèchement l’inspecteur. » Leur hôte les invite à s’installer : « Prenons

place près du feu, je vous prie. ». En se tournant vers Valentine, Grégoire lui dit : « Tu prends les notes, ok? » Elle acquiesce.

L’inspecteur prend le temps d’observer Besson : son visage est carré, il ne porte pas la barbe et ses cheveux sont si courts qu’on pourrait les croire rasés. Il n’est pas si vieux que ça en fait, le policier ne lui donne pas plus de soixante-cinq ans. Grégoire s’adresse au religieux: « Vous nous avez appelés à propos d’un décès. Dites-nous en quelques mots ce qui s’est passé, puis vous nous conduirez vers le corps. »

Le prévôt se passe la main sur le bas du visage et pousse un soupir. « Ce matin après le premier office nous sommes allés prendre le petit déjeuner comme d’habitude. Il devait être sept heures et demi environ. Au bout d’un moment, frère Roger qui s’étonnait que notre invité ne soit pas encore là a décidé de monter voir ce qu’il faisait. Après un moment frère Roger est revenu dans le réfectoire blanc comme un linge et il bégayait… et puis il a crié qu’il ne se réveillait pas, qu’il était tout froid. Et alors je suis monté avec le frère Sébastien qui est médecin. Et dans le dortoir, notre invité reposait immobile dans son lit. J’ai laissé frère Sébastien faire. » Il fait une pause « Et c’était vrai, il était mort.»

Après un bref silence, le policier reprend : « J’aimerais beaucoup parler à frère Roger et au médecin dans un premier temps, puis à chaque membre de votre communauté. Vous pouvez les réunir? Mais d’abord je veux voir le corps. » Le prévôt se lève et les conduit le long du couloir jusqu’à la chapelle qu’ils traversent en enjambant l’aspirateur. Le religieux s’arrête devant une petite porte, tire une clef de sa poche, la glisse dans la serrure.

Le policier s’étrangle: « Mais vous m’avez dit qu’il était mort dans son lit ! Qu’est-ce qu’on fait ici ? » Prévôt Besson prend un air outragé : « Nous voulions qu’il repose en dignité. » « Vous le trimbalez dans tout votre hospice et vous me parlez de dignité… » Valentine intervient sèchement: « Mon père, c’est grave. Nous avons dit à frère Roger de ne toucher ni au corps ni à rien dans la pièce où il se trouvait. Vous deviez nous attendre. Donnez-moi cette clef. » Le visage du religieux se durcit et ses yeux papillotent. Il tend la clef à la policière qui la passe à son supérieur. Calmé, Grégoire reprend la main : « Valentine tu vas appeler Sion pour qu’ils nous envoient le légiste, la scientifique, et aussi deux collègues gendarmes». Comme il n’y pas de réseau dans la vieille bâtisse, elle est obligée de sortir pour téléphoner.

Valentine se retrouve sur le perron. Depuis leur arrivée un peu après midi la luminosité a drastiquement baissé alors que le vent souffle de plus belle. Elle lève les yeux vers le ciel ouaté, «Merde, il neige », et se dirige vers le 4×4 pour téléphoner à l’abri.

L’inspecteur se plante devant le religieux: « Alors je veux que vous réunissiez tout le monde dans le réfectoire, absolument tout le monde. Est-ce que vous m’avez bien compris ? » Prévôt Besson opine. Grégoire aboie : « Compris ?» Le religieux sort un « oui » cassant. Le policier perçoit un mouvement derrière lui et se retourne d’un bond. Un gros chat roux le fixe en s’étirant :

– C’est notre Goupil, il adore surprendre. Il connaît l’hospice comme sa poche, explique le religieux dans un petit rire.

– Est-ce qu’il peut aussi se faufiler dans la sacristie, est-ce que cette pièce a une fenêtre d’ailleurs ?

– C’est une pièce aveugle ne vous faites pas de souci.

Toute cette histoire commence vraiment à taper sur le système de l’inspecteur. Et Valentine, elle en met du temps. Le prévôt se tient immobile, il n’a aucun problème avec le silence. Le chat fait des huit entre les jambes de Grégoire, son ronronnement résonne dans la chapelle. Les bras croisés, le policier se retient de décocher un coup de pied à l’animal. Il déteste les chats.

La jeune femme revient enfin. Ses joues sont rouges et, quand elle s’approche, Grégoire sent l’odeur du froid tout autour d’elle. Elle entraîne son supérieur à l’écart et lui dit à voix basse : « Je les ai atteints, ils vont venir au plus vite mais il neige. Une tempête jusque dans la vallée j’en ai peur. Pas sûr qu’ils arrivent à monter jusqu’ici. » Grégoire se passe la main dans les cheveux. Il réfléchit un moment puis dit à sa coéquipière : « On n’a même pas encore vu le corps, le vieux doit doit réunir tous les autres dans le réfectoire. Tu vas le superviser et commencer par interroger le frère

Roger et le médecin. Reste méfiante. »

Une fois seul Grégoire s’approche de la porte de la sacristie, tire la clef de sa poche. La porte s’ouvre facilement. Par contre il n’y pas de lumière. Il tâtonne pour chercher un interrupteur en vain et finit par utiliser sa lampe-torche. Dans le faisceau il voit sur une table au milieu de la pièce une silhouette humaine recouverte d’un drap. Le policier trouve enfin l’interrupteur. Dans cette pièce poussiéreuse, le drap immaculé qui recouvre le corps détonne.

Valentine suit le père et fixe sa nuque rougie et fripée, elle a de la peine à déglutir. Comment a-t-elle pu baisser la garde? Elle se souvient du père Besson qui se tenait sur le perron luisant dans le soleil d’altitude les bras écartés pour accueillir sa famille. Ils étaient tous fatigués par la randonnée et l’arrivée à l’hospice était un moment de joie intense. On retirait les chaussures de marche, elle sautait sur les lits avec ses frères et sœurs, puis on retrouvait la communauté pour le repas du soir. Valentine effleure l’arme à sa ceinture et serre la mâchoire.

Ils arrivent dans le réfectoire où se trouvent déjà quatre hommes. « Mes frères, nos hôtes souhaitent nous poser des questions. Joseph, veux-tu bien aller chercher les autres ? demande le père. » Le vieillard qui leur avait ouvert la porte ce matin se lève d’un bond surprenant Valentine par sa vivacité et sort du réfectoire.

Elle s’adresse au petit groupe :« Bonjour, je souhaite vous parler à chacun, l’un après l’autre. » Elle se tourne vers le prévôt en lui indiquant la cuisine qui jouxte le réfectoire. Cette même cuisine où, petite, elle avait souvent donné un coup de main. « Qui est le médecin ? » Le père Besson répond qu’il n’est pas là. Alors elle demande : « Lequel d’entre vous est le frère Roger ? » Un homme replet lève la main timidement.« Suivez-moi Monsieur, nous allons nous installer à cette table-ci.

Elle indique une table tout à fait à l’opposé de la cuisine. Ils prennent place, la policière sort son carnet.

– Votre nom ?

– Claret Roger.

– Votre âge ?

– Soixante-huit ans.

– Racontez-moi en détail ce qui s’est passé ce matin.

Le menton de l’homme tremble, il commence :

– Et bien on ne voyait pas venir Esosa pour le petit déjeuner et j’ai décidé d’aller voir ce qu’il faisait.

– Esosa…il s’appelait Esosa comment ?

– On ne sait pas, juste Esosa.»

Elle se dit que ce prénom n’est pas commun.

Après avoir mis des gants, le policier s’approche du mort et relève le drap délicatement. Il découvre le visage d’un très jeune homme noir. Il recule de saisissement. « Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ! ».

« Continuez, dit Valentine avec fermeté.

– Je suis entré dans le dortoir et me suis approché de son lit. Il était allongé sur le côté face au mur et je l’ai appelé un peu fort pour le réveiller et puis il ne se réveillait pas alors j’ai secoué son épaule…

Là les yeux de Robert s’emplissent de larmes. La policière détourne le regard et patiente. Il reprend :

– Je lui ai secoué l’épaule. Il ne se réveillait pas, il était froid, je l’ai basculé et ses yeux étaient grand ouverts et fixes. J’ai compris et j’ai couru prévenir les autres.

– Avez-vous remarqué quelque chose d’anormal sur le corps, comme du sang ou autre chose ?

– Non rien de spécial, il était comme endormi, couvert par les draps.

-Bon, et ce, elle jette un coup d’œil sur ses notes, Esosa, qui c’était ? Un pèlerin ? Un randonneur ?

Le frère à l’air mal à l’aise et son regard se fait fuyant.

– Et bien c’était plutôt un genre de visiteur.

– Ah, un visiteur. Comment est-il monté, il venait d’où?

– Il est venu à pied par le côté italien.

Elle a compris.

– Vous voulez dire un migrant qui voulait passer en Suisse en douce ?, Robert baisse les yeux et rougit.

– Oui, mais nous avons un devoir d’hospitalité envers tous. On ne pouvait pas le laisser dans ce froid avec la neige qui allait arriver, sa voix se fait plus forte, Vous pouvez bien nous causer des ennuis. Ça ne changera rien. Nous faisons ce qui est juste. »

Valentine est choquée. Son père est garde-frontière et pour elle on n’entre pas dans son pays illégalement même si l’on fuit la guerre, la misère ou les persécutions. Sa colère contre le Prévôt Besson décuple.

Grégoire rabat le drap pour découvrir le buste du mort. Lorsqu’il dévoile la zone juste au-dessous des côtes, il voit une ligne rosée, une cicatrice qui part de l’abdomen et remonte sur le flanc gauche de l’homme en formant un grand « l » inversé. Des petits fils bleus se hérissent le long de la suture. Grégoire s’appuie contre le mur et sent la nausée monter en lui.

Valentine plante ses yeux dans ceux du petit homme rondouillard et poursuit :

– On verra plus tard avec mes collègues pour la question du passage illégal. Moi ce qui m’intéresse c’est pourquoi votre hôte, elle appuie sur le mot avec ironie, est mort. Quand l’avez-vous vu vivant pour la dernière fois ?

– La veille au soir après le souper, dans la chapelle. C’est vrai qu’il ne priait pas comme nous, il était agenouillé vous savez… Mais il voulait se joindre à nous, il s’interrompt la gorge serré par l’émotion, C’était un bon petit gars, ça se voyait il était calme et puis il souriait souvent.

– Alors il était à l’office avec vous tous et puis après ?, le recadre-t-elle.

– Je l’ai vu sortir de la chapelle et se diriger vers les escaliers

Il était seul ?»

Frère Roger se fige et ne répond pas. La policière répète la question en haussant le ton. Le religieux ne pipe pas un mot. Valentine se lève brusquement et pose les mains sur la table puis puis siffle tout proche du visage du vieux : « Si vous respectiez vraiment ce bon petit gars, vous parleriez. » Les épaules de l’homme se tassent. Il lâche enfin. « Et bien il est parti avec le frère Sébastien, mais ça ne veut rien dire. C’est vrai qu’Esosa n’était pas bien en point quand il est arrivé, le pauvre. Il toussait beaucoup et avait de la fièvre. Mais frère Sébastien l’a remis sur pied en un mois. »

Grégoire a quitté la sacristie où il se sentait oppressé et marche en long et en large dans la dans la chapelle. Après le premier choc, un tableau plus net se dessine: un cadavre que l’on a déplacé, celui

d’un jeune homme noir une cicatrice toute fraiche courant sur son corps. La victime vient probablement de loin. Grégoire sait que de nombreux migrants tentent d’arriver en Suisse par tous les moyens.

La culpabilité du témoin est palpable et la policière décide de jouer sur l’affection qu’il a pour le jeune homme. Elle se rassoit et dit avec douceur :

– Et bien quelle triste histoire. Esosa a parcouru tant de kilomètres, il aurait pu mourir noyé au large de la Lybie et il se retrouve dans votre hospice, un havre de paix isolé, protégé…Et pourtant. Qu’est-ce-qui s’est passé? Vous aviez l’air de bien l’apprécier.

– Je ne sais pas, je ne comprends pas, les choses étaient faites dans les règles. Ce n’était pas la première fois pourtant, répond le frère en secouant la tête.

Besson avec ses airs de sainte-nitouche se paie leur tête depuis le début. Grégoire a déjà vu ce type de cicatrices dans un documentaire sur le trafic d’organes au Mexique. On avait prélevé un rein à ce jeune homme vulnérable et il était mort. Difficile d’imaginer qu’il ait pu monter ou être transporté jusqu’à l’hospice après avoir été opéré. Donc l’intervention aurait eu lieu ici ? Mais est-il possible de pratiquer ce genre d’acte chirurgical dans un coin si reculé, sans le matériel adéquat ? Il ne s’agit pas de chirurgie complexe comme pour le cœur. C’était peut-être possible après tout. Ils ont un médecin ici. Il commence à avoir peur. Il doit prévenir Valentine.

Valentine comprend qu’il ne faut pas le brusquer qu’elle touche au but. Elle décide de revenir à la victime.

– Comment communiquiez-vous avec Esosa ? Il parlait français ?

– Non, il parlait un peu l’anglais et moi je suis celui qui le parle le mieux alors, forcément, c’était plus facile de s’entendre.

Un sourire apparaît sur les lèvres du frère.

– D’où venait-il ?

– Il disait qu’il venait du Nigeria mais c’est impossible de savoir exactement. Même s’il devait beaucoup mentir pour survivre, il y avait une vraie bonté dans ce gamin.

Frère Roger sourit pensivement et puis tout à coup il voit quelque chose au-dessus de la tête de la jeune femme et son visage se crispe. Valentine a juste le temps de se retourner pour apercevoir frère Joseph qui tient une pelle à la main. Il abat l’outil sur la tête de la policière avec force.

***

Les deux gendarmes qui se tiennent au-dessus du ravin sont pales et graves. En bas la carcasse du 4×4 achève de se consumer.

– Elle avait quel âge ?, demande l’un.

– Vingt-trois ans et Constantin quel emmerdeur, mais c’était un excellent flic. Ce que je ne comprends pas c’est pourquoi ils ont décidé de prendre la route dans une tempête pareille. Les religieux n’ont pas réussi à leur faire changer d’avis. Et puis aussi ils ont absolument voulu descendre le corps du pèlerin sans attendre le légiste.

– Vingt-trois ans, murmure le plus jeune des deux avec tristesse.

Commentaires (3)

We

Webstory
04.12.2016

Charité bien ordonnée a gagné le Premier prix du concours Webstory 2016. Le texte sera publié dans le Livre Webstory III. De Stella Vaime, lisez aussi  Du même bois 

SV

Stella Vaime
20.10.2016

Merci beaucoup pour votre retour Pierre de Lune!

Pierre de lune
19.10.2016

Bonjour ! Ce polar fait froid dans le dos ! Ambiance tendue style "Le nom de la rose", on ne s'attend pas du tout néanmoins à une fin aussi définitive. Hospitalité ecclésiastique à ses risques et périls ! Au plaisir de lire d'autres textes aussi originaux :-)

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