Créé le: 30.09.2019
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C’était comme une prière

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© 2019-2021 Valérie Lenge

Au Japon des années 30, Kikou, gracieuse et curieuse, a tout pour mener une vie heureuse. Pourtant une tristesse l’habite. Elle ne peut pas avoir d’enfant. Ugajin, l’esprit de la fertilité, saura-t-il répondre  ses prières? Son mari, européen, se montre sceptique. A la rencontre de deux cultures, un grand voyage les attend. 
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C’était comme une prière

C’était comme une prière. Marmonnée à voix basse, de façon lancinante et répétitive :

 

–  Je vous en prie, Ugajin, Ugajin, je vous en prie accordez-moi votre clémence, donnez-moi un enfant. Ugajin, Ugajin, je vous en prie accordez-moi votre clémence, donnez-moi un enfant.

 

A genou, les yeux fermés, Kikou répétait cette prière comme un chuchotement sans fin, oscillant son corps frêle d’avant en arrière, les mains jointes devant son visage. Une heure que durait ce petit manège. Conrad n’en pouvait plus, mais il n’osait pas interrompre cette drôle d’incantation. Même s’il était sceptique quand au résultat escompté, il ne voulait pas interrompre sa femme. C’est qu’elle y croyait, elle. Dur comme fer. C’était peut-être la volonté du désespoir. Lui en tout cas avait beaucoup de peine à entrer l’ irrationnel et remettre son destin entre les mains d’une petite statuette en bois mi homme mi serpent lui paraissait complètement loufoque. Bien que ses années de vie au Japon lui aient permis de faire connaissance avec tout un monde d’esprits puissants et de croyances ancestrales, bien qu’il trouvait cela fascinant, il n’y accordait pas le crédit qui aurait pu les rendre réels. Les kami, comme ils les appellent, c’est à dire les divinités de la religion shintoïste lui restaient assez lointaines. De toute manière, il était athée. Son seul dieu, aimait-il à dire, c’était l’art et la beauté. Mais il aimait Kikou et il savait son immense tristesse. Il était prêt à beaucoup pour la rendre heureuse.

 

Pour passer le temps, il sortit de sa sacoche un carnet de croquis et un crayon à mine grasse et se mit à dessiner la scène qu’il avait devant lui.

 

En arrière fond, la roche luisante et le plafond de la grotte d’où pendent nombre de stalactites. Puis devant, à genou, à même le sol, Kikou, pliée en deux, avec un bonnet de laine lui recouvrant les cheveux et un châle rouge avec des broderies dorées sur le dos. Il faisait froid dans cette grotte. C’était une grotte de glace située à l’est de la mystérieuse forêt d’Aokigahra. Dans la paroi de la grotte, une petite niche éclairée par une lumière bleutée, et dans cette niche, la statuette. Un ugajin. Une petite statuette sculptée dans le bois, un bois d’ici, du Japon, sans doute. Cette statuette représentait une tête de vieil homme sage barbu posée sur un corps de serpent enroulé sur lui-même. De là où il était assis, Conrad ne voyait pas bien la statuette. Il n’osait pas bouger pour ne pas perturber le calme de ce lieu. Toutefois, comme il avait déjà vu l’ugajin en photo, il tricha un peu et le dessina bien visible sur son croquis. Du plafond tombaient, éparses, quelques gouttes d’eau. Très peu. A un rythme très lent, très espacé. Et c’était là, avec le chuchotement continu de Kikou, les seuls bruits que l’on pouvait entendre ici bas.

Conrad savait que dehors, au dessus d’eux se dressait, magistral, le Mont Fuji. Presque 4000 mètres d’altitude. Cela le faisait rêver. Il se réjouissait déjà de peindre cette montagne mythique, ses couleurs printanières et ses neiges persistantes.

–  Je vous en prie, Ugajin, Ugajin, je vous en prie accordez-moi votre clémence, donnez-moi un enfant. Ugajin, Ugajin, je vous en prie …

 

Kikou ne lâchait pas. Combien de temps encore durerait ce cérémoniel improvisé ? Conrad pensa qu’il avait tout le temps pour mettre un peu de couleur dans son croquis. Il sorti de sa trousse, avec une extrême minutie, une toute petite boîte d’aquarelle. Il l’ouvrit et la posa par terre à sa droite sur un fin rebord rocheux. La boîte renfermait d’étroits godets de peintures, deux pinceaux très fins et une petite fiole contenant à peine une dizaine de gouttes d’eau. Il en versa une dans chaque carré de couleur et, trempant son pinceau dans le rouge, il commença par donner vie au châle de Kikou.

 

                                                                                                        ***

Kikou, c’était tout un personnage. Il était tombé amoureux d’elle de façon incisive et définitive. Kikou, c’était un tableau à elle toute seule. Sa beauté orientale le fascinait sans faiblir. Il l’aimait. Ils s’étaient rencontrés au marché aux puces de la plaine de Plainpalais. Il adorait ce marché. Il adorait y déambuler le samedi et,  juste pour le plaisir des yeux, regarder les objets incongrus qui s’y trouvaient. Voyager. C’était son voyage du samedi matin. Tant de diversité, tant d’humanité. Souvent il s’arrêtait en fin de parcours devant une roulotte parquée en travers de la place et qui offrait du thé. C’est en hiver qu’il aimait le plus s’y arrêter. Les fumées chaudes des tasses de thé l’emmenaient loin, très loin, vers d’autres horizons.

Le marché aux puces de Plainpalais était pour lui un musée vivant, généreux et trépidant.

 

Alors quand un matin ses yeux ont croisé ceux de Kikou, entrecachés derrière un éventail finement découpé, Conrad s’est senti touché par la grâce. Kikou, c’est son plus beau voyage. C’est sa première source d’inspiration.

Il n’avait pas besoin d’un enfant. Il l’avait, elle, sa beauté et la beauté du monde et cela lui suffisait. Mais Kikou voulait un enfant. Elle voulait honorer sa famille, ses parents. Elle était si gaie, si rayonnante lorsqu’elle parlait de leur enfant à venir que lorsqu’il tarda à arriver, Conrad chercha activement des solutions. Il pensa que d’aller vivre au Japon avec Kikou, près des siens, pouvait peut-être aider. L’exil, pensait-il, même joyeux, contient toujours un fond de tristesse.

 

                                                                                                           ***

Il en était à peindre le fond rocheux dans un dégradé de gris et de bleus quand il s’aperçut que le murmure de Kikou avait laissé place à de menus sanglots. Il posa immédiatement feuille et pinceaux et alla s’agenouiller aux côtés de sa femme. Elle gardait ses deux mains autour de son visage et de ses yeux fixaient la statuette, ne faisant aucun cas des larmes qui roulaient sur ses joues. Conrad lui passa une main tendre dans le dos, de haut en bas, de bas en haut, lentement. Kikou ferma les yeux et vint se blottir contre lui. Puis, elle rassembla son châle avec ses mains et, ensemble, ils remontèrent les marches étroites et gelées qui les menèrent vers la sortie de la grotte.

La vie au Japon n’était pas désagréable. Conrad ne se lassait pas des couleurs du printemps. La courte saison des pluies le ravissait de même. La rue miroitait alors de mille et un reflets et le ciel se faisait rideau. L’été, l’automne et même l’hiver étaient pour Conrad une source intarissable d’inspiration. Il passait en général le matin à peindre dans son petit atelier que lui avait fort élégamment déniché son beau-père, le père de Kikou, et l’après-midi, il se rendait chez un maître d’art qui tentait de lui enseigner les rudiments de la technique de l’estampe japonaise. Il s’y rendait tous les jours de la semaine à l’exception du jeudi où il sortait alors sur la place équipé de petites toiles et de papiers cartonnés format cartes postales et y peignait quelques paysages typiquement suisses, à la grande joie des Japonais qui ne manquaient jamais de lui acheter quelques unes de ses œuvres improvisées. Le temps passant, il s’était créé un cercle d’habitués qui l’attendaient et qu’il se réjouissait de retrouver chaque semaine.

Kikou de son côté s’était découvert une passion pour les fleurs. Ses arrangements étaient d’une telle finesse et d’une telle harmonie que l’on parlait d’elle comme de la fée qui fait vivre les fleurs, la fée de l’Ikébana, cet art floral typiquement japonais. Elle savait mélanger comme personne fleurs, tiges, feuilles et bourgeons, mêlant les roses ou les rouges aux verts, laissant jouer entre elles les formes élancées des tiges et celles plus rondes des feuilles et des bourgeons. Les pétales des fleurs déjà écloses venaient orner ses bouquets tels des papillons prêts à s’envoler. Ses créations, toujours parsemées de boutons de fleurs, contenaient toute la joie que peut contenir la promesse d’une vie à venir, la promesse d’une fleur à s’ouvrir. La jeune femme s’était faite engagé auprès de l’échoppe du coin qui profita de son excellent savoir faire et de sa renommée. On venait de loin pour acheter

ses compositions ou pour simplement assister à la création de celles-ci. Kikou savourait cette reconnaissance qui lui donnait l’élan de toujours s’améliorer et qui l’éloignait de la souffrance, pourtant toujours présente en elle, de ne pas réussir à donner naissance à un enfant.

                                                                                                         ***

L’extrême sensibilité de Conrad mêlée à son esprit vif et pragmatique ne lui laissait que peu de répit face aux tourments de Kikou. Elle n’en parlait pas souvent et quiconque ne la connaissait pas sous un angle intime ne pouvait que la penser heureuse. Mais Conrad n’était pas dupe. Il percevait chez Kikou cette part de tristesse à la façon dont elle se tenait. Sa posture et son port de tête légèrement de biais étaient aux yeux attentifs de Conrad des signes sans équivoque.

 

Il se renseigna alors avec ardeur sur les diverses possibilités qui pouvaient exister pour favoriser la fertilité de leur couple. Prier et attendre les faveurs d’une quelconque divinité ne lui semblait pas la solution la plus prometteuse ni la plus efficace. A force de recherches, il découvrit un article louant les travaux du professeur français A. Auvard et de son « Traité pratique de gynécologie ». Cherchant encore, il lut plusieurs articles d’une femme médecin, la doctoresse Schorowa, faisant la promotion de diverses techniques innovantes en matière d’aide à la procréation. Il apprit également qu’en France un certain docteur Devraigne tenait depuis 1929, c’est-à-dire depuis à peine plus d’une année, ce que l’on appelait une « consultation ouverte » où ces techniques 

étaient proposées aux couples en peine d’enfants. Certes, il parcouru aussi beaucoup d’écrits condamnant ces pratiques et les plaçant sous le signe du blasphème.

Conrad ne savait pas bien comment en parler à Kikou. Et surtout, il ne savait pas bien comment en parler à sa belle-famille. Il faudrait qu’il en débatte avec le père de Kikou, ne serait-ce que pour lui demander une participation financière. Ce genre d’entreprise lui coûterait plus d’argent que ce dont il disposait et il n’était pas certain que son idée soit reçu avec joie. Il savait son beau-père shintoïste jusqu’au bout des ongles. Il savait que son monde intérieur était rempli de kami, c’est-à-dire de ces esprits divins remplis par la force des éléments et qui interagissent avec les hommes, et il doutait fort que le kami de la médecine occidentale fasse partie de son panthéon.

 

Il attendit donc le bon moment. Ce fut un dimanche, alors qu’ils se promenaient  sous l’allée des cerisiers en fleur. Conrad prit une grande inspiration et se lança :

 

– Tchitchi – c’est ainsi qu’il appelait son beau-père – vous n’êtes pas sans savoir que votre fille s’essouffle à force de faire s’épanouir les fleurs sans pour autant s’épanouir elle-même. Son ventre se refroidit et son énergie risque un jour de se congestionner. Elle désire un enfant qui ne vient pas.

 

– Musuko – cela voulait dire ” fils” – ma fille Kikou est patiente et tous les jours elle prie le kami des moissons et de la fertilité. Son coeur est pure est ses prières seront entendues.

Conrad avait imaginer la réponse de son beau-père et s’était préparer à lui donner la réplique.

 

– Tchitchi, je sais que Kikou prie et je sais que son coeur est pure. Il existe cependant chez nous une puissante technique qui guide les semences de l’homme et leur permet de s’enraciner plus solidement dans le ventre de la femme. Ainsi, cette technique aide la vie à éclore.

 

Kazuhiro, c’était là le prénom du père de Kikou, resta un long moment silencieux. Conrad marchait à ses côtés, adaptant son rythme au sien. Il tentait de respirer calmement. Les bouffées parfumées des cerisiers lui parvenaient à ses narines l’apaisaient et il se surprit à penser que l’esprit des petites fleurs blanches et roses pouvaient peut-être ouvrir le cœur de Kazuhiro, le rendre bon et enclin à répondre de manière positive.

 

– Musoko, je ne connais pas cette technique. Je pense que tu dois avant tout manger plus d’algues, plus de noix et plus de cynorhodon pour donner de l’érergie à tes reins, car c’est d’eux que dépendent ta bonne santé procréatrice. Et prier, toi aussi, si tu le peux. Toutefois, j’ai lu beaucoup de livres et je sais que vous, les Occidentaux, ne partagez pas la même science ni la même vision du monde que nous. Et tu dois aussi faire ce qu’il te semble juste de faire. Tu dois suivre ce qui t’habite. Tes croyances dans la médecine occidentale et les rites qu’elle t’impose, car c’est bien de cela que nous parlons, ces rites, tu dois les suivre. Si Kikou partage tes croyances et qu’elle est prête à te faire confiance, alors  vous pourrez compter sur mon soutien.

Conrad senti un frisson le traverser. Un frisson de joie, de gratitude. Il aurait aimé prendre son beau-père dans les bras, lui donner l’accolade et le remercier chaleureusement. Mais cela ne pouvait se faire dans le culture japonaise. Il se contentât donc de joindre ses mains l’une contre l’autre et de s’incliner devant lui.

 

– Aligatô gozaimasu, Tchitchi. Merci beaucoup, Tchitchi.

 

Ils terminèrent l’après-midi par une cérémonie du thé qu’ils partagèrent avec Kikou et sa sœur ainsi qu’avec l’époux de cette dernière.

                                                                                                           ***

Les jours qui suivirent, Conrad parla à Kikou de ses recherches. Il lui expliqua en détail ce qu’il savait des techniques de procréation assistée telles qu’elles se pratiquaient en France. Il ne lui cacha pas que ces pratiques n’étaient pas approuvées de tous et qu’elles avaient un coté très expérimental. Kikou était une femme confiante en la vie, et curieuse également. Lors de son séjour en Suisse elle avait pu expérimenter la médecine occidentale. Bien qu’ayant trouvé ses procédés étranges, elle avait pu constater que ses résultats étaient pour le moins tout aussi probant que ceux de sa médecine traditionnelle. Elle acquiesça donc à la proposition de son mari.

Commencèrent alors les préparatifs pour le grand voyage qui les attendaient. Ils se rendraient à Osaka et de là prendraient le bateau qui les emmènerait sur le continent d’où une grande épopée en train, des trains de toutes sortes, leur permettrait enfin de rejoindre la France. Ils comptaient plus d’un mois de voyage et ensemble se réjouissaient de cette folle aventure. Que de paysages ils parcourraient, que de régions et de luminosités diverses ils découvriraient. Et ils savaient qu’ils ne manqueraient pas de partager quelques bouts de routes avec d’autres voyageurs, ce qui apportait toujours beaucoup de nouveautés et d’échanges trépidants.

                                                                                                           ***

Une semaine avant le grand départ, Kikou annonça à Conrad qu’elle souhaitait retourner encore une fois se recueillir face à l’ugajin de la grotte de glace de la forêt d’Aokigahra. Nul besoin de l’accompagner. Elle connaissait très bien le chemin, ne craignait pas de glisser et laissait ainsi le temps précieux qui restait à Conrad pour finaliser les bagages et autres formalités que nécessitait un tel voyage. Elle s’y rendit donc seul un matin du mois d’octobre, s’équipant d’un bonnet, d’un châle, en laine et en soie cette fois-ci, et de gants bien chauds.

 

Quand elle arriva à la petite niche contenant la statuette, elle s’adonna au même cérémoniel que celui pratiqué lors de sa venue précédente. Elle s’agenouilla et, d’une voix douce, commença ses prières.

– Je vous en prie, Ugajin, accordez-moi votre clémence, donnez-moi un enfant. Ugajin, Ugajin, …

 

Elle répéta ces mots à l’infini jusqu’à perdre la notion du temps.

 

Ce sont ses doigts gelés – elle avait enlevé les gants pour la prière – ainsi que ses genoux endoloris qui la ramenèrent au présent. D’un coup, elle cessa son murmure et se leva. Elle s’avança vers l’ugajin et le fixa bien droit, bien en face, de ses yeux grands ouverts. Elle fit encore un pas dans sa direction et de ses mains enveloppa la statuette de l’homme serpent. Le bois lui porta un peu de chaleur. Alors elle prit l’objet et le glissa sous son vêtement. Sur la peau nue de son ventre. Elle ferma les yeux et resta ainsi encore un bon moment. Elle pensa à sa mère qu’elle n’avait jamais connue. Morte en couche, elle lui avait offert la vie en y laissant la sienne. Une fois encore, Kikou sentit des larmes chaudes lui couler sur les joues et dans le cou. Ces larmes n’étaient pas pour elle. Elle le savait. Elles étaient pour sa mère et pour tous les enfants morts avant d’être nés. Kikou sentit une puissante force l’habiter soudainement. Une énergie vitale telle qu’elle ne l’avait jamais connue. Ce sont les bébés, juste avant de naître, qui reçoivent le plus d’énergie vitale. Ils ont, pour un instant, un bref instant, pour eux l’énergie du monde qui les soutient et les habite. Ces mots, qui étaient ceux de sa grand-mère, résonnèrent en elle le temps d’une micro seconde puis s’évaporèrent aussitôt. Elle sentit au fond de son être, au centre de son corps, là précisément où elle tenait serré contre elle la statuette, une chaleur intense.

Elle sentit le besoin de respirer. L’air lui manquait. Elle dilata ses narines et inspira autant qu’elle pu. L’air froid de la grotte cogna dans son nez et lui piqua les poumons comme des pointes de couteaux accérés, mais elle ne céda pas et continua d’inspirer. Puis elle souffla jusqu’à expulser toute l’oxygène contenue dans chacune de ses cellules. Elle souffla jusqu’au bout du souffle, jusqu’aux tréfonds de son âme. Elle souffla et toussa, et cracha tout ce qu’elle pouvait. Enfin, elle s’effondra en sanglots.

                                                                                                            ***

Le 23 octobre 1930, Kikou et Conrad étaient montés dans le train chargés de toutes sortes de provisions que famille et amis leurs avaient préparés avec soin : fruits frais et pâtes fermentées, racines, riz et céréales de toutes sortes, algues et poissons séchées et salés, thés et biscottes à volonté. Un vrai convoi de rois. Les adieux s’étaient passés dans une émotion contenue. Mais tous savaient que Conrad et Kikou partaient pour une aventure qui, espéraient-ils, changeraient leur vie à jamais. L’intensité de leur regard et le tressaillement de leur lèvres laissaient deviner la puissance de l’émotion qui les habitaient à ce moment-là. Recommandations et bons mots en tous genre leur firent presque rater le départ du train.

 

Mais lorsque celui-ci se mit en route, Conrad et Kikou étaient bien à son bord, saluant de la main la famille restée sur le quai. Kikou, un large sourire illuminant son visage, agitait autant qu’elle pouvait sa main droite en signe  d’au revoir.

Sa main gauche, plongée dans son petit sac à main, serrait, bien plus que de raison, une petite statuette en bois, mi-homme mi-serpent. L’Ugajin, divinité des moissons et de la fertilité était du voyage.

 

                                                                                                                  ***

 

                                                                                                                   FIN

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