Créé le: 29.09.2019
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Carte de vie

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© 2019-2021 Ninenn

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Les vacances de Mia commencent bien. L’avion s’écrase dans un lagon en pleine Océanie, elle est détentrice d’une carte qu’elle ne sais pas utiliser puiqu’elle ne sait pas naviguer. Heureusement, Maliss va lui apprendre à  retrouver les bases de son existence
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– Devine quoi ! J’ai été m’acheter des chaussures dernier cri !

– C’est pas vrai !

– En solde !

– C’est pas vrai !

– Et une robe ! Je n’ai plus l’air d’un cupcake comme avant !

– Prodigieux !

Mia entendait ses deux collègues qu’elle surnommait Tik-Tak parler et qui lui donnaient envie de se taper la tête contre les murs.

Cela faisait cinq ans que Mia travaillait dans cette boîte.

Sa première tâche du matin était d’aller chercher le café pour tout le monde. Ensuite, elle s’assurait que personne n’avait besoin de ses services. Et quand elle pouvait être assurée que tout le monde autour d’elle allait bien, elle pouvait se permettre de faire son travail, c’est-à-dire fabriquer des pièces pour des montres.

– Tu sais quoi ?

C’est Tik qui recommençait à parler.

– Non ? répondit Tak.

– Il reste deux heures avant qu’on parte aux Fidji !

– Mia, c’est vrai que tu vas aussi aux Fidji ?

Mia lui décocha son air courroucé d’avant-guerre. Tik-Tak ne parurent pas s’en apercevoir.

Mia ne pouvait croire ses oreilles, ça se trouve elles seraient toutes les trois dans le même avion. Mais qu’avait-elle pu faire de mal pour mériter ça. Cela faisait bien trois ans que Mia n’était pas partie en vacances. Tous les jours, sauf le week-end, elle était là à bien faire son travail comme une gentille fille parfaite. Elle avait enfin des vacances et elle était presque sûre de devoir se coltiner les deux coureuses de rumeurs. Pourvu qu’elles ne soient pas dans le même hôtel. Elles étaient appelées Gossip Tik-Tak dans la boîte. Mia, son surnom n’était pas meilleur. Le mieux qu’on lui donnait était Casper.

Mia était jolie mais elle n’aimait pas mettre ses talents en avant. Elle était ultrasensible, se cachait derrière de grandes lunettes, elle avait teint ses cheveux platine qui étaient coupés en carré strict plongeant. Il émanait d’elle un manque de sérénité qu’elle masquait derrière un ton qui se voulait piquant. Sans compter qu’elle se donnait pour son emploi. Elle rentrait tard le soir en pensant travail, le week-end, elle pensait travail et certaines vacances elle partait pour le travail.

 

Des fois, elle se surprenait à vouloir un événement qui se produise pour que la roue puisse tourner, pour qu’elle puisse remettre en question sa vie. Elle voulait que la vie redistribue les cartes et qu’enfin Mia puisse retrouver un sens à exister. Elle secoua la tête à ses pensées, les deux nunuches la ramenant sur terre avec leurs cris d’extase à l’idée de partir.

 

Avant d’embarquer dans l’avion, Mia fut sollicitée par une vieille dame. Elle avait la peau mate, les cheveux gris, une sérénité propre aux habitants vivant au rythme de la nature. Elle lui donna un assemblage avec des bois faisant un carré, composé de triangles avec des cordes, des coquillages et semble-t-il du corail.

« Pour toi » dit elle en voyant le regard effaré de Mia.

C’est le moment rêvé que Tik et Tak choisirent pour sortir de la parfumerie de luxe. Bien sûr, ses anciennes collègues ne purent s’empêcher de se regarder en roulant des yeux.

– Qu’est-ce que c’est ce truc ?

Mia les fusilla du regard.

– Ce sont tes affaires ? répondit Mia.

Tik et Tak s’esclaffèrent et partirent. Elles croisèrent un jeune homme, qui devait être du même pays que cette dame. Il était habillé d’une chemise d’Hawaii. Son visage aurait pu être sculpté avec une serpe, de grands yeux, les cheveux attachés en queue de cheval, un nez pointu.

Quand elles arrivèrent à la hauteur de l’homme, Mia les entendit glousser, ce qui amusa visiblement cet idiot.

Avant que Mia puisse dire quelque chose, il essaya d’intervenir auprès de la vieille dame, mais elle secoua la tête en signe de désapprobation. Mia s’interposa entre la dame et lui.

– C’est bon, je me débrouille, lui dit Mia.

Elle discutait avec la vieille dame quand elle vit que l’embarquement avait commencé sur un tableau. Mia la remercia et prit congé. Dans l’avion, son voisin n’était autre que l’homme rencontré plus tôt. Mia n’avait plus de nouvelles de ses collègues qui étaient à l’autre bout de l’avion. Elle serait au moins « en vacances » en tout cas pendant l’aller. Mais la présence de son voisin pouvait remettre en question ce point de vue.

– Alors, ou est la carte ?

Mia fit mine de ne pas comprendre. D’après la vieille dame, le joli assemblage de bois et corail était une carte de navigation. Mia l’avait prise et elle s’était dit qu’elle verrait bien comment elle passerait le check-in.

– Quelle carte ? Ah oui.

– L’assemblage en bois que t’as donné la vieille dame.

– Oui, je sais. Dans mes bagages. Qu’est-ce que ça peut te faire ?

– Oh ! Du calme ! Tu ne l’as pas jeté dans la poubelle, je suis étonné. Il aurait fallu.

– Non, je ne l’ai pas jetée. Pourquoi je la jetterais d’ailleurs ?

– Je ne sais pas. Je ne vois pas ce que tu peux en faire. Mais c’est une carte de navigation pour être précis. Tu veux que je t’expliques comment elle marche ?

– Après.

Après cette dernière journée, Mia était éreintée. Elle voulait passer à autre chose.

 

Elle avait l’impression de courir après sa vie. Elle espérait que ses vacances allaient lui permettre de remettre de l’ordre et qu’elle puisse se réapproprier son existence, qui lui échappait au fil des années, si ce n’est des jours.

Le trajet sera long. Après le décollage, Mia s’endormit.

Des secousses sortirent Mia de son sommeil.

– Tu ne vas pas aimer.

L’air d’habitude narquois de son voisin avait disparu, ce qui surprit Mia. Mais le pire était une curieuse sensation de perte de vitesse. Elle ne sait pas si c’était normal mais elle sentait l’avion descendre dans les airs.

Il eut une annonce dans le haut-parleur : « Mesdames, Messieurs, nous avons un souci technique, nous vous prions de garder votre sang froid et votre ceinture attachée ».

Horrifiée, Mia regarda son voisin. Elle sentit sa mâchoire se décoller. Assise au fond de son siège, son menton touchant sa clavicule, ses mains serrant les accoudoirs, elle était prise d’effroi. Elle se demandait quand son âme allait se séparer de son corps.

– Je crois que si tu tiendrais mon bras, je n’aurais plus de circulation, moi c’est Maliss, lui dit son voisin en lui prenant la main.

Devant ce contact non attendu, Mia, à son habitude quand elle était énervée, lui aurait attrapé le col du T-shirt pour ensuite lui dire ses quatre vérités. Mais rien que le fait de parler lui donnait la nausée.

 

Ce que Maliss dut comprendre.

Maliss regardait par la fenêtre du hublot mais Mia ne vit que du noir.

– Est-ce que ça va ?

Maliss avait l’air sincère. Mia hocha la tête pour acquiescer.

Un petit garçon était à côté de Mia. Il eut l’air aussi mal qu’elle et elle décida de voir comment il allait. S’occuper de quelqu’un d’autre lui ferait peut être oublier son stress intérieur.

– Mesdames et Messieurs, nous allons atterrir sur l’océan. Merci de garder votre sang-froid et vos ceintures attachées jusqu’à l’atterrissage.

Mia contrôla sa respiration et essaya de ne pas s’évanouir.

Quand elle ouvrit les yeux, elle ne voyait toujours rien dans le hublot. Maliss lui tenait toujours la main. Mia sentit que l’avion effleurait l’eau, quant tout à coup, il se posa complétement. Au lieu de la perte de vitesse, elle ressentait que l’avion faisait des mouvements d’ondulation, ce qui devait être l’effet des vagues et du choc. Ceux qui ne s’étaient pas évanouis acclammèrent de leurs applaudissements.

“Mesdames, Messieurs, nous avons atterri dans l’archipel des Iles Marshall. Merci de mettre vos gilets. Sortez sur les ailes. Ne vous jetez pas à l’eau, allez dans les canaux pneumatiques prévus. Des bateaux vont venir vous chercher ».

Sans plus attendre, Mia prenait ses affaires et enfilait son gilet de sauvetage.

Elle aida le jeune garçon qui était toujours à côté d’elle à enfiler son gilet, ainsi que Maliss. Du coin de l’œil, elle vit Maliss aider une vieille dame en difficulté.

De l’eau leur arrivait aux pieds. Quand Mia et Maliss sortirent sur l’aile, des pirogues arrivèrent. Maliss interpella un vieil homme conduisant la pirogue dans une langue que Mia ne connaissait pas. Il vint vers eux, son visage illuminé par un sourire plein d’humilité. Mia et Maliss descendèrent dans la pirogue.

Mia fut suivie par le jeune garçon qui était à côté d’elle en avion et à sa grande surprise, ses deux collègues rejoignirent leur embarcation.

– Viens chérie, dit la première collègue de Mia.

Elles avaient toute deux une coiffure qui aurait pu être sculptée par un ouragan. Si l’une était hystérique et faisait de mieux pour se canaliser, on devinait que l’autre aurait pu se réveiller d’un cercueil.

Ce fut la première fois que Mia les vit comme ça et ne put s’empêcher de glousser.

– Bienvenue Mesdames.

Maliss avait retrouvé son instinct prédateur-séducteur. Mia songeait que son air enjôleur devait lui ramener beaucoup de conquêtes féminines.

Ils traversèrent le lagon de nuit. Mia sentait son sang affluer jusqu’aux capillaires. Elle n’avait jamais ressenti une énergie vive se condenser en elle. La peur de l’inconnu pouvait provoquer dans le corps une hypervitalité qui rendait Mia sensible à tout ce qui se produisait autour d’elle. Elle sentait leur pirogue glisser lentement mais doucement sur l’eau noire. Le voyage était silencieux. Mia était, comme tous les autres, centrée sur elle-même et sa vie qu’elle avait failli perdre. Des fois, elle ne savait pas pourquoi, mais elle se sentait perméable à l’univers. Il suffisait visiblement qu’elle pense quelque chose pour que les forces terrestres se manifestent. Avant de partir à son travail, elle voulait de l’inattendu, c’était réussi. Mia faisait cogiter ses pensées et Maliss lui tapota sur l’épaule. Il lui montra des torches qui illuminaient une plage. Visiblement, ils approchaient de la terre ferme.

 

L’embarcation se rapprocha de plus en plus des lumières jaillies des flammes de feu. Mia, Maliss et le duo Tic-Tac descendirent de la pirogue pour rejoindre le camp de base improvisé par la compagnie et les habitants de l’île.

 

Ils s’assirent à une table. Mia était entre Maliss et l’une de ses collègues. Mia avait faim et se sentait nauséeuse en même temps, sensation qu’elle partageait avec sa collègue. Ils conversaient ensemble en même temps que leur repas arrivait.

– Alors, vous travaillez ensemble, demanda Maliss.

– Oui, nous sommes dans le même service en horlogerie.

 

Maliss hocha la tête en signe de compréhension.

– Comment tu t’appelles ? s’enquit Maliss auprès de la collègue de Mia.

– Delphine, et ma copine c’est Nicole. On nous appelle Tik-Tak.

– Tik-Tak, c’est original. Et toi, comment on t’appelles comment ? demanda-t-il en se tournant vers Mia.

– Le seul surnom que je connais est Casper.

– La boîte ou vous travaillez a l’air sympa pour vous donner des noms pareils. Moi, je t’aurais surnommée la Reine des Neiges, dit-il encore en s’adressant à Mia.

– Pourquoi la Reine des Neiges ?

– Car tu as l’air inaccessible. Tu as élevé ton château autour de toi. Au fait, ou est ta copine, Delphine, ou tu veux que je t’appelles Tik ?

– Nicole n’était pas très bien, je vais aller la voir.

Mia lui dit qu’elle allait la suivre. Maliss vint avec elles.

Ils arrivèrent à ce qui semblait être une infirmerie improvisée. Nicole était allongée sur un lit. Elle était toujours pâle mais elle avait l’air d’aller mieux. Elle devait rester cette nuit à l’infirmerie.

Nicole, Mia, et Maliss allèrent dormir sous l’une des tentes communes.

– On n’est pas dans un hôtel, demanda Delphine.

– Non, ils ne vont pas transporter des gens qui ne sont pas bien tout de suite. Ils vont attendre quelques heures.

Au moment de se coucher, le silence règnait entre les trois et Mia leur souhaita bonne nuit.

Mia se réveilla avec l’impression que sa tête était passée dans une broyeuse. Son cerveau était en black-out total. Elle cherchait les capsules de café au fond de son sac pour se rappeler qu’elle n’était pas dans son appartement. Elle était dans une grande tente ronde avec plusieurs lits. Ses cheveux étaient en désordre et elle se fit la réflexion qu’elle n’avait pas son fer à lisser. Elle ne sut pas combien de temps il lui fallut pour avoir le courage de sortir.

D’habitude, Mia lissait ses cheveux blond platine en carré plongeant. Elle mettait ses lunettes, un T-shirt blanc et un pantalon noir pour aller au travail, tenue réglementée oblige. Avec son T-shirt rose, son short, ses cheveux bouclés et sans ses lunettes, elle faisait davantage penser à une surfeuse qu’à une travailleuse acharnée coincée.

Maliss en fut le premier subjugué.

– Wouah ! La Reine des Neiges a laissé place à Pocahontas !

Si elle ne pensait pas à se mettre 1000 pieds sous terre et qu’elle ne pensait pas à l’apparence horrible qu’elle devrait avoir, Mia aurait ri.

Mais ses pensées furent vite obnubilées par le soleil qui se levait. La mer avait l’air calme.

La lumière était douce et Mia se surprit à bien se sentir malgré l’accident qu’ils avaient eu cette nuit. Elle ressentait une sorte d’éveil malgré ses sens encore engourdis. Le sentiment de fin et de mort n’existait plus. Mia se sentait légère et elle avait l’impression qu’elle flottait dans un monde jusque-là jamais découvert.

Cependant, le sens des réalités la fit retomber sur Terre.

– Combien de temps nous allons rester ? demanda-t-elle à Maliss.

– Jusqu’à la fin de la journée, ou plus s’il y a des blessés. Je ne sais pas. Tu as faim ?

– Oui, il y a un endroit ou déjeuner ?

– La compagnie a tout organisé, c’est par ici.

Mia suivit Maliss à l’intérieur d’une grande tente où un gigantesque buffet avait été installé. Elle déjeuna en compagnie de Maliss et un autre couple puis ils allèrent se promener sur la plage.

– Nous devons rester dans le périmètre, ce serait bête qu’il nous cherche quand ce sera l’heure de partir, dit Maliss.

– Mais ou vont-ils nous amener ?

– A l’aéroport. Tu devais aller ou en vacances ?

– Aux Fidji. Chez une tante.

– J’ai compris que t’allais aux Fidji vu que t’étais dans le même avion. Alors comme ça tu as de la famille ?

– Oui.

Mia se sentit rougir.

– Pourquoi tu rougis ?

– Je ne rougis pas !

– Bien sûr que si !

Qu’est-ce qu’il était agaçant ! Mais Mia trouvait qu’il la faisait dédramatiser alors elle resta près de lui. Quand il lui proposa d’aller à la plage, Mia obtempéra. Elle marchait à ses côtés et se posait mille questions. Tout d’abord comment avait-elle supporté de vivre jusqu’à maintenant? Suite à l’accident qu’avait-elle à sauver d’elle-même ?

– Ça va ? Je te sens perdue ?

– Je suis perdue !

– Et pourquoi ?

– Parce que j’ai failli perdre ma vie !

– C’est vrai que ça fait réfléchir….

Maliss observa les alentours.

– Qu’est-ce qu’il y a dans ta vie qui fait que tu t’accroches à elle ?

– Justement, il n’y a rien du tout ! Je n’ai même pas ma place dans ma propre famille ! J’ai un travail qui me permet de survivre et qui me prend tout mon temps ! Comment est-ce que je peux exister ?

– C’est vrai que c’est paradoxal. Tu n’as pas d’amis, pas de loisir ?

– Si, justement, je deviendrais folle sans envie de loisir. Mais ça ne va plus vraiment comme je veux. Et toi ? Comment tu le vis ?

– Comme une épreuve à surmonter en plus. Mais je suis comme toi, je n’aime pas parler.

– Pourtant, c’est toi qui parles tout le temps.

– Faut bien que je fasse la conversation. Et j’ai l’impression que t’aimes bien que je te parle. Vous, les femmes, vous avez besoin d’amour.

– Arrête, tu vas m’énerver !

– Mais c’est la réalité !

 

Maliss et Mia continuèrent leur duel verbal jusqu’au moment ou un militaire de la compagnie vint vers eux.

– Nous partons dans deux heures. Soyez prêts dans une heure.

Mia et Maliss retournèrent à leur dortoir improvisé.

– Mia, prends tes affaires et la carte, je veux te montrer quelque chose, lui dit Maliss.

Quelques instants plus tard, Mia et Maliss se retrouvèrent à nouveau sur la plage. Ils étaient assis avec leurs sacs autour d’eux. Mia prit dans ses affaires la carte de navigation. Le rectangle ainsi que l’intérieur était en bois. Du corail était attaché à certains croisement, ainsi que des coquillages.

 

– En quoi c’est une carte ce joli paquet de bois et coquillage ?

Maliss la regardait en arquant un sourcil.

– C’est une carte maritime. Elle est utilisée aux Iles Marshall pour apprendre aux jeunes à naviguer dans certains endroits. Les coquillages, ce sont les iles, les bois hachurés dans la même direction, ce sont les courants.

– C’est très beau. Ils apprennent à naviguer avec seulement ça ?

– Oui. Pas besoin de carte avec des latitudes, des positions, des calculs faits par des machines. Les Micronésiens ont la connaissance de la mer, des vents, des courants et ça leur suffit. Mais cette carte, tu peux l’utiliser pour ta vie. Quel but tu t’es fixé ? Hormis celui de vivre ?

– Je ne sais pas…

– Alors, tu peux déjà rechercher quels sont les courants qui t’ont écarté de ta vie ?

Mia réfléchissait. Sa vie était trop difficile à décrire en un instant.

– Je ne sais pas vraiment, il faudrait une semaine complète pour y penser. Si je n’avais pas commencé à travailler dans cette boîte, je ne serais tout simplement pas là. Si je n’avais pas dû trouver précipitamment un travail pour ne pas être au chômage, je ne serais pas dans cette boîte.

– Si tu avais fais si, tu aurais fait ça, et quelque chose d’autre aurait pu se produire. Considère l’océan comme ton existence : fais-toi une carte, quelles sont tes capacités – les courants qui peuvent te pousser ou les vagues pouvant te submerger ?

– C’est très difficile de te comprendre !

– Les vagues qui peuvent te submerger, c’est le fait que tu penses que tu es indigne d’être aimée de ta famille. Le courant qui peut te faire avancer, c’est ta capacité à t’énerver. Il faut que tu penses à naviguer ta vie.

Mia analysait la dernière phrase quand le militaire qu’ils avaient vu se présenta à eux.

– L’embarquement va commencer.

Sans plus tarder, Mia reprit la carte et ses affaires. Elle se préparait à monter dans le bateau et vit Maliss rester sur la plage.

– Tu ne viens pas ? s’enquit Mia.

Malgré le fait qu’elle le trouvait lourd par moment, elle s’était attachée à lui, et le fait de ne pas ressentir sa présence provoquait un vide.

– Je reste ici.

– Quoi ?!

– Je rigole.

Mia le frappa, ce qui fit rire Maliss.

– Tu frappes fort pour une femme.

Ils embarquèrent dans le bateau, ensuite dans l’avion. Le voyage au Japon fut annulé et Mia en profita pour passer quelques jours avec Maliss.

Deux semaines plus tard, Mia était de retour dans le bureau. Malgré le fait qu’elle y travaillait depuis cinq ans, elle se sentait échouée sur une ile beaucoup moins hospitalière qu’elle avait connu. Elle avait donné sa démission. Ses chefs voulaient lui accorder du temps, ce qui n’était pas si mal, mais Mia ne donna pas suite à leur demande.

Il était temps que Mia navigue vers sa vie.

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