Créé le: 17.12.2022
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Aurore

Contes, Fantastique, Philosophie, Théâtre

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© 2022-2024 Peter Pumpkin

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Chapitre 1

1

Le prologue de Faust se retrouve mêlé au Livre de Job... Ludwig Wittgenstein prend la place de Job, mais Dieu refuse de jouer... Satan se révolte une nouvelle fois, et pour de vrai... l'Univers serait-il devenu fou ? Pourtant rien ne change...
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Le Chœur des anges : Le soleil résonne sur le mode antique dans le chœur harmonieux des sphères, et sa course ordonnée s’accomplit avec la rapidité de la foudre. Son aspect donne la force aux anges, quoiqu’ils ne puissent le pénétrer. Les merveilles de la Création sont inexplicables et magnifiques comme à son premier jour.

 

Méphistophélès : Comme au premier jour, le ciel que tu as créé retentit de ta gloire. Le chœur des anges, tes créatures, te célèbre de son chant harmonieux. Oh ! Maître, ta gloire est partout, en toute chose de ta création, jusqu’à dans ses recoins les plus secrets, jusqu’à dans ses plus petites crevasses, ses plus petits trous, et même dans le trou du …

 

Le Seigneur : Suffit ! D’où viens-tu ?

 

Méphistophélès : De parcourir la terre et d’y rôder.

 

Le Seigneur : Ignoble pléonasme !

 

Méphistophélès : Seigneur, je n’ai pas ta maîtrise absolue du sens. Quand tu m’as créé, il est resté en moi quelque chose du chaos originel. Je n’y peux rien, parfois mes paroles s’entrechoquent, et cela jusqu’à dans les textes sacrés.

 

Le Seigneur : Moque-toi, tu ne l’emporteras pas en Paradis.

 

Méphistophélès : Oh ! Maître…

 

Le Seigneur : As-tu remarqué mon serviteur Ludwig ? Il n’y a pas d’homme plus droit que lui sur la terre.

 

Méphistophélès : Le philosophe ? C’est l’esprit le plus curieux qui soit. Plus fou que les autres fous qui peuplent la terre, il te cherche dans le non-sens par le moyen de la logique. Sans cesse, il se heurte aux barreaux de sa cage.

 

Le Seigneur : Il est mon serviteur, et dans son jardin désolé je vois déjà pousser des fleurs merveilleuses.

 

Méphistophélès : Ton serviteur ! Retire ta main de dessus de lui, laisse-le moi, et je gage qu’il te maudira à ta face.

 

Le Seigneur : Non, je ne le ferai pas. Tu ne créerais que des ennuis, comme toujours.

 

Méphistophélès : Tu m’as livré Job, ne bornant mon pouvoir qu’à sa vie. Tu m’as livré Faust. Aussi longtemps qu’un être vit sur la terre, il m’est permis de l’induire en tentation.

 

Le Seigneur : Je suis d’humeur changeante. Et je puis te dire, car je suis omniscient, que tu aurais perdu.

 

Méphistophélès : Marionnettiste infâme ! A quoi sert ta création ? Et pourquoi m’avoir créé, moi ?

 

Le Seigneur : Je peux bien te le dire. N’as-tu point remarqué le côté un peu monotone des louanges qui me sont adressées ?

 

Méphistophélès : Qui le sait mieux que moi !

 

Le Seigneur : Moi, bien sûr. Les louanges éternelles, c’est très bien. Mais la perfection ne s’en accommode point ; il me fallait un contradicteur.

 

Méphistophélès : Je te hais, Seigneur.

 

Le Seigneur : Mais moi je t’aime… Tu ne le savais pas ? J’aime toutes mes créatures.

 

Méphistophélès : Infamie ! Tu te joues de moi comme de tous les autres. Tu te pares de la bonté que tu t’attribues à toi-même. Et moi, esprit vide d’amour, froid et sans âme, tu ne m’as donné naissance que pour créer le mal sans avoir l’air d’y toucher.

 

Il sort.

 

Le Seigneur : C’est un éternel adolescent, il est très révolté.

 

La voix de Méphistophélès : Tu verras ! Je vais faire le bien ! Tout ton système s’écroulera !

 

Le Seigneur : C’est une très bonne idée et je me réjouis d’en voir le résultat, cela promet d’être curieux. Tu verras mon garçon, c’est moins facile qu’il n’y paraît.

 

Le Chœur des anges : Le soleil résonne sur le mode antique dans le chœur harmonieux des sphères, et sa course ordonnée s’accomplit avec la rapidité de la foudre. Son aspect donne la force aux anges, quoiqu’ils ne puissent le pénétrer. Les merveilles de la Création sont inexplicables et magnifiques comme à son premier jour.

 

Le Seigneur : Oui, tout cela n’est pas mal, j’en conviens. Mais n’êtes-vous jamais fatigués de répéter toujours les mêmes choses ?

 

Commentaires (4)

Jean Cérien
01.12.2023

Très beau début. Il manque quelques spécialités de Méphistophélès : tromperie, meurtre, menace, mensonge... Les spectateurs attendent la suite : confrontation entre Méphistophélès et Wittgenstein, qui pourrait être prolongée avec les enfants spirituels de Wittgenstein : Turing, von Neumann, puis le fonctionnalisme de Putnam ! La scène finale pourrait porter sur Dieu, Méphistophélès et l'intelligence artificielle ayant pris la place de ? à choix

Peter Pumpkin
23.12.2023

Eh mais... Méphistophélès - qui ressemble ici au Satan du Livre de Job - ne peut tromper son Créateur (ce qui le désole, croyez le bien) ! Et je pense qu'une confrontation entre lui et Wittgensein n'aurait pas donné grand'chose (à moins peut-être que Russell n'ait été une de ses incarnations?)... Qu'auraient-ils eu à se dire ? C'est pourquoi l'Eternel, qui est omniscient, ne la permet pas)...

Webstory
04.01.2023

J'aime beaucoup l'idée que Le Seigneur s'ennuie à entendre toujours les mêmes louanges. La perfection est ennuyeuse et on comprend qu'il ait créé Méphistophélès pour mettre du chaos. C'est une idée de toi? Est-ce que la catégorie Théâtre conviendrait à ce dialogue?

Peter Pumpkin
04.01.2023

Oui, l’idée est de moi, du moins je le crois... les catégorie du théâtre, peut-être... mais ce serait assez court et les spectateurs seraient mécontents...

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