Créé le: 30.09.2017
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31 ans après le Fléau

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© 2017-2022 Moderato

Ewan se prépare à une journée ordinaire lorsqu'il est réveillé à trois heures du matin par un étrange message, d'un étrange ami. il devra alors affronter la vérité; la vérité sur ce qui menace les siens et sur le mystère qui entoure depuis la famille de cet orphelin.
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Un étrange message

C’était vraiment étrange que sa messagerie se mît à clignoter ainsi à (Ewan se pencha vers la table de nuit)… trois heures du matin. Complètement inhabituel. Il ne pouvait pas y avoir d’urgence au journal, puisque toutes les informations étaient plus ou moins dictées d’en haut… Sa mère et son père étaient décédés – mais pas du Fléau, heureusement – et quant à sa sœur… Bon, OK, il fallait voir de quoi il s’agissait. Ewan s’accouda, attrapa son Phone et cliqua sur l’enveloppe qui scintillait. « Allume ton ordi », était-il écrit. Fanch. Que voulait-il donc, celui-là ? Il ne devait pas être en reportage au Tibet ?

Grognant, grommelant, Ewan alluma, enfila prudemment sa robe de chambre-moustiquaire – dans la famille, on n’avait jamais rigolé sur la sécurité, et c’est ce qui les avait sauvés – et, toujours grommelant, alluma son ordinateur. Celui-ci eut un comportement bizarre dès le départ. « Piratage » pensa Ewan. Quelqu’un qui voudrait le faire chanter ? et qui aurait pris l’identité de Fanch ? Il eut tout à coup peur pour son collègue du journal, pourtant un vieux routard qui avait toujours passé dans les mailles de tous les dangers… Ewan entra son mot de passe en tentant de se rassurer. Immédiatement après, une fenêtre apparut. Le jeune homme se précipita pour éteindre la bécane, mais quelque chose d’instinctif le retint… alors il se força à respirer profondément tandis qu’apparaissait sur son écran, en petit format, le visage de son vieil ami.

« Ewan, si tu lis cela c’est que je ne serai plus de ce monde. Tu es ma dernière chance. Ce que je vais te dire sera difficile à entendre pour toi, je le sais déjà. Mais tu n’as pas le choix. Moi non plus. Et nous devons cela à l’Humanité entière. Tu en mourras peut-être. Si nous ne sommes pas assez rapides. Mais mieux vaut mourir de la vérité que du Fléau. »

 

Fanch

Ewan acquiesça avec un pâle sourire en reconnaissant es traits et l’humour de son ami, « Fanch l’Inflexible » ou « l’Incorruptible » comme disaient les collègues. Mais celui qu’on croyait occupé à défendre les causes perdues, d’écologie et des pauvres animaux… Fanch, qu’as-tu donc fait ?

« Quoi qu’il en soit, si tu regardes cette vidéo, c’est que je serai… mort… il y a cinq ou six heures… j’avais prévu cela… si je meurs, cinq heures après, tu aurais mon ultime message… et saurais la vérité. »

Ewan eut soudain l’impression que sa conscience avait cessé de fonctionner. Il obéissait comme un robot en suivant les indications du message vidéo. Le message lui disait de mettre ses Smartglasses et il enfila ses Smartglasses.

Son réveil indiquait maintenant trois heure trente, le jeudi 25 octobre de l’an 31 après le Fléau, avec ce petit « th » pour « Thursday » qui clignotait en bas du réveil… La nuit s’étendait sur Genève… Enfin, c’était surtout un brouillard gris et poisseux qu’Ewan apercevait par le vasistas.

Les images se mirent à défiler à une vitesse folle dans les lunettes et Ewan ne comprit tout d’abord rien. Fanch avait été l’un des étudiants les plus brillants de l’Uni, à l’époque, et sans doute avait-il  gardé cette rapidité, cette puissance de pensée de sa jeunesse, mais Ewan n’était pas comme ça. Son esprit était plus lent. Voire, ce matin-là en tous cas, complètement anesthésié.

Ewan s’énerva et manipula les molettes sur les côtés des lunettes, cherchant à ralentir le flot d’information, mais en vain. Fanch avait-il oublié que tous ne pensent pas à la même vitesse que lui ? Ou bien n’avait-il pas eu le temps… Une boule serra la gorge d’Ewan.

 

Les Smartglasses

Fanch, qu’on prenait pour un hurluberlu, un végane arriéré… un gars bizarre à qui l’on n’avait jamais connu de relation amoureuse… aurait-on imaginé de lui une telle maîtrise technique ? Inutile de se demander comment les Smartglasses d’Ewan avaient pu recevoir un tel enchevêtrement de documents…

Cela commençait par des images du début du siècle, avant l’apparition du Fléau ; ces images étaient rares car les supports numériques qui les comportaient avaient, pour la plupart, disparu dans un bug planétaire arrivé dans les années qui suivirent. Ewan comprit soudain pourquoi Fanch parlait de la vérité. Le jeune journaliste était né après le Fléau et, grâce à toute l’attention des siens,  il avait pu grandir sans trop en souffrir, tout comme sa sœur, tandis que les familles de plusieurs de leurs amis étaient touchées. Aujourd’hui, on n’en mourait plus systématiquement mais, quand il était enfant, oui. Et trop vite. Néanmoins, Ewan avait toujours refusé de voir dans le Fléau la main de Dieu. Et ce même si le nom même donné à cette catastrophe semblait issu de la Bible ! Mais il n’en était rien. Seule la bêtise humaine pouvait en être à l’origine, Ewan en était persuadé. Il n’était pas un maniaque des livres papier comme Fanch, mais il gardait précieusement son exemplaire des œuvres de Voltaire sur l’étagère de son bureau : la superstition et le fanatisme renaissaient et Ewan, du haut de ses vingt-neuf ans, sentait bien que ce n’était pas une solution, bien au contraire.Tout en regardant les images, Ewan fit un rapide calcul : le Fléau était apparu en 2026, selon l’ancien calendrier européen. Et lui était né en janvier 2028. Les images montraient des laboratoires européens et américains, des expériences sur des moustiques. Et peu à peu, la pensée d’Ewan s’accéléra, à sa grande surprise. Rien n’était clairement écrit, expliqué “par a plus b” mais Ewan comprenait.

 

La naissance du Fléau

Fanch avait été plus fort que n’importe quelle entreprise d’espionnage. Il avait compté sur l’intelligence d’Ewan. C’était pour cela que les images allaient si vite. En regardant ces images choisies par son ami, Ewan pouvait retracer les étapes du raisonnement du brillant Fanch. Mais, autant ce secret l’attirait, autant Ewan sentait bien qu’il le mettait en danger.

Les images se succédaient tandis que le jour se levait.

Vers huit heure trente, il reçut un SMS : « Alors, Ewan, qu’est-ce qui t’arrive ? C’est le Fléau qui t’a emporté ? »

il enragea. Tamara. Mais pourquoi donc avait-il pris la peine de lire son message ?

C’est vrai qu’il n’était jamais en retard au journal d’habitude. Ewan repensa au jour où, autour d’un café, il s’aperçut que les collègues regardaient Fanch de biais. Cette… de Tamara avait réussi à faire croire à tout l’étage qu’il y avait quelque chose entre Fanch et Ewan, qui venait d’entrer au journal.  A l’époque, il n’avait su que répondre. Et puis Fanch était reparti en reportage pour quelques mois, Ewan avait fait son chemin, et au retour de Fanch (Tamara était occupée par d’autres ragots) une amitié aussi forte que sincère unit rapidement l’étrange quiquagénaire et le jeune journaliste.

Quelques instants plus tard, son téléphone se remit à clignoter.

Fanch n’avait pas pensé à couper la messagerie de son ami le temps du défilement des documents.

Les vidéos s’enchaînaient. Et la vérité se faisait. Le moustique étrange qui s’était multiplié au début des années 2020 n’était pas le fait d’un égarement génétique de la Nature, ni, bien évidemment, un Fléau venu de Dieu, à l’image des sauterelles de la Bible…

 

L’histoire d’Ewan

Il avait été sciemment et scientifiquement mis au point par des savants au service de quelques puissants de ce monde (« Sciemment », « scientifiquement », comment de tels mots avaient-il pu être dévoyés et perdre leur sagesse étymologique et originelle, pensa Ewan).

Cette pensée  aurait plu à son ami. Fanch… Comment penser qu’il n’était plus, désormais ? Comment commencer son deuil, assailli de mystère et de vérité, d’images et de sons passés ?

En entendant une énième vibration, Ewan profita d’une pause du défilement des vidéos pour jeter un coup d’œil à son Natel. Des messages d’André Rochaux, le directeur, cette fois-ci. Se doutait-il de quelque chose ?

« Ewan, mon petit, que t’arrive-t-il ? »

Mon petit… Comme s’il était son fils.

Ce ton condescendant qu’il avait avec lui depuis qu’il l’avait engagé agaçait Ewan au plus haut point. Depuis quatre ans qu’il était au journal, Rochaux essayait de créer une connivence entre eux, une complicité, comme un lien de famille ; pour l’instant, cela n’avait jamais marché, et même cette peste de Tamara n’avait, semble-t-il, jamais rien répandu à ce sujet… Pourquoi ? Son père et lui venaient de la même campagne, certes… André Rochaux était le fils d’un agent immobilier qui avait eu du succès et dont l’entreprise était restée florissante, tandis que son propre père avait gravi les échelons sociaux lui-même.  Ah, oui, les deux hommes étaient tous deux au Tennis Club des Eaux-Vives. Mais après ? Thomas, le père d’Ewan était mort quand il n’avait qu’un an. Accident ou suicide ? Il ne l’avait jamais su. Et sa mère s’était murée dans le silence. Ewan avait grandi solitaire, un peu comme une mauvaise herbe qui pousse toute seule, faisant à la fois la joie et la peine de sa timide mère.

 

Elodie

Il n’avait pas de grand-parents vivants du côté de son père, emportés par le Fléau au retour d’un voyage, et son vrai refuge avait longtemps été sa grand-mère maternelle, hâvre de douceur et d’amour.

Il y avait aussi sa grande sœur, Elodie, qu’il aimait tendrement, mais qui ne s’était jamais remise du décès de leur père. Elle s’était accrochée à lui, alors petit bébé, comme pour le protéger de ce deuil qu’elle-même n’arrivait pas à faire, à tel point qu’elle l’étouffait presque. Adolescent, Ewan s’était fâché avec elle : il ne pouvait pas comprendre alors ce qu’elle vivait, ce qu’elle reportait sur lui… Aujourd’hui, il aurait aimé… se rapprocher d’elle… Il comprenait mieux, maintenant qu’il était adulte, avait un travail, ce qu’elle avait vécu. Mais Elodie vivait à Neuchâtel ; elle était éducatrice en crèche et avait une famille, maintenant. Un mari aimant, et deux adorables enfants. Et Ewan se sentait tellement loin de ce monde ! Les conversations au bureau partageaient les travailleurs en deux: les parents et les autres… et Ewan en avait conclu que les mères forment un monde à part. Et surtout… comment lui parler ? Que lui dire ? Valait-il mieux lui écrire ? Il savait aussi combien il lui rappelait, malgré lui, ce père perdu…

Il avait depuis toujours eu l’envie d’enquêter sur sa famille et sans doute ce désir ancien était-il à l’origine de sa profession de journaliste. Mais le décès de sa mère, un an plus tôt, avait mis un frein à son désir de recherche. Il s’était senti étrangement libéré, libre peut-être d’aimer à son tour, et peut-être un jour de fonder une famille, mais, en même temps, engoncé dans une ineffable tristesse qui pesait sur ses jours et ses nuits.

Nouveau message. De Rochaux. « Que se passe-t-il Ewan ? Aurais-tu reçu une mauvaise nouvelle ? »

Ewan se sentit bizarre. Que savait le directeur, dans cette histoire ?

 

Un plan sordide

Les images avaient repris leur rythme de croisière et Ewan laissa de côté son Natel.

Le Fléau, en deux ans, avait déjà causé la mort d’un milliard de personnes, tandis que les pays du Nord économique rivalisaient d’ingéniosité pour le combattre. Des remèdes de grand-mères aux moustiquaires complètes couvrant tout le corps, en passant par différents projets de modifications génétiques. Ewan comprit que Fanch avait cherché un moyen de révéler la vérité et les noms des personnes impliquées ; mais ce moyen avait failli, et Fanch en était mort.

De plus, le Fléau avait dépassé les bornes que ceux qui se pensaient les maîtres du monde avaient voulu lui imposer. Ils avaient voulu éliminer une partie des populations des pays du Sud, comme on disait en ce temps ; certains savants ne s’élevaient-ils pas, à la fin du vingtième siècle, contre une surpopulation inquiétante de la planète ? Des homes influents, du capitaine Cousteau aux hommes politiques, n’avaient-ils pas déclaré qu’il faudrait éliminer un quart de la population pour que la Terre redevienne vivable ? Combien une telle monstruosité avait dû faire frémir Fanch, humaniste et bouddhiste…  Le moustique avait muté une nouvelle fois. Les maîtres du monde avaient prévu comme remède de lâcher des mâles d’une autre race destinée à s’accoupler avec les moustiques responsables du Fléau en leur transmettant une modification génétique qui rendrait la génération suivante stérile. Mais ce plan sordide n’avait pas fonctionné. Les Fléaux avaient dévoré ces nouveaux moustique. Etrange comportement, inexplicable à l’état naturel.

Alors la panique avait saisi la plupart des pays. Même ceux qui pensaient être à l’abri.

 

A la buvette du Tennis club

Et le Fléau avait continué à décimer les populations de la planète. Des savants avaient alors comparé cela à la Grande Peste du Moyen-âge, qui causa la perte d’un tiers de la population ; la démographie mondiale n’avait cessé de progresser depuis l’Antiquité jusqu’à cette menace pour la survie qu’avait constitué la Grande Peste.

Un fléau  alors déjà créé par l’Homme !

Ewan sentait des larmes couler le long de ses joues, brouillant sa vue.

Mais il n’était pas au bout des révélations.

Il vit devant ses yeux le visage grave de Fanch.

« Et maintenant, Ewan… J’ai une révélation plus difficile encore à te faire. Mais… Comprends-moi. Je ne le fais que parce que c’est ma dernière chance de faire connaître la vérité. »

Ewan oublia de respirer. Une vidéo grisâtre apparut. Des images d’une petite caméra, type vidéo-surveillance, au-dessus d’une buvette. Un panneau “Tennis-Club”.

Une trentaine d’années plus tôt, d’après le décor.

« J’étais tout jeune, mais déjà conscient de  qui… Je… Je surveillais déjà Rochaux. Il est très lié aux responsables du Fléau… Il est lié… Et depuis qu’il est lancé dans la politique, c’est encore plus difficile de l’avoir… Ewan… Je… Il faisait toujours éteindre les caméras de surveillance lorsqu’il arrivait à la buvette, mais… j’avais fait en sorte… qu’elles ne le soient pas. »

 

Le passé d’André Rochaux

L’image de Fanch disparut et l’on revint à la buvette du Tennis-Club. Un groupe d’hommes autour d’une table. Au centre, André Rochaux. Près de lui, taciturne, un homme qui ressemblait étrangement à Ewan. Mon… père, j’imagine…

Ewan se souvint que son père travaillait alors à l’ONU. Et si André Rochaux s’était rapproché de lui pour avoir son appui dans ses projets fous?

« – Allez, mon vieux Thomas, laisse tomber tes considérations de vieux crétin. Thomas, écoute, tu sais bien que j’ai raison. Tu dois, l’ONU doit me suivre. Je veux que ce lâcher de moustiques soit voté… comme une solution contre le paludisme ou que sais-je ! Un pieux mensonge, mon vieux, et dans un an, on peut sauver l’humanité !

– Je ne comprends pas ce que tu mijotes avec tes moustiques, mais le peu que j’en sais me fait froid dans le dos. C’était la voix calme et posée qu’Ewan avait toujours imaginée à son père.

André Rochaux eut un regard glaçant et lâcha :

– De toute manière… si tu veux tout savoir. Je te dis que ta femme, je l’ai connue avant toi.

Thomas le regarda, sentant un piège.

André partit d’un gros rire.

– Allez, quoi ! on peut en rigoler, non ? elle travaillait chez mon père, et tu venais parfois la chercher le soir, tu te souviens ? Il venait de l’engager, elle était mimi, cette jeune secrétaire, et un soir, comme elle faisait la fermeture, et que je savais que tu ne passais pas… hé bien… je me suis servi, quoi. Je n’aurais pas pu l’épouser, moi les femmes, la famille… enfin, tu vois, quoi. Mais elle n’en a jamais parlé à personne. La honte de sa vie ! Dommage, c’était plutôt bien !

 

Fin des révélations

– Ordure ! hurla Thomas.

– Mais non, j’étais jeune, c’est tout…

– Ordure !  répéta-t-il, comme tétanisé. Et soudain: Pourquoi me racontes-tu cela ?

– Parce que tu ne veux pas m’aider, répondit Rochaux d’un ton désolé. Alors, comment dire… tu n’as pas intérêt à parler, maintenant… A personne. Enfin, sauf ta bourgeoise, évidemment. »

Et Thomas était mort deux semaines après, calcula Ewan.

Laissant une veuve fragile, et deux enfants de six et un an.

Les Smartglasses volèrent par-dessus le front d’Ewan qui s’effondra, pris de sanglots irrépressibles, la tête entre les mains.

Il était passé midi.

Ewan ne comptait même plus les messages sur son Natel.

Dans son désespoir, il se leva, et remit ses Smartglasses. Et réajusta sa moustiquaire. Ce serait trop bête de se faire piquer maintenant. Même si le Fléau diminuait, et qu’entre pommades antibiotiques et vaccins plus ou moins efficaces, on avait désormais l’espoir d’enrayer totalement cette maladie – du moins dans les pays qui en avaient les moyens. Le visage de Fanch revint devant ses yeux.

« Ewan, je comprends ce que tu ressens… Voilà. Demain, tous les médias du monde parallèle, tous les réseaux sociaux, tout le monde saura la vérité, et les noms des responsables. Et je veux que ce soit aussi… Dans notre journal. Ewan. La vérité ne doit pas faire plus de mal que le mensonge. »

Ewan éteignit ses lunettes et son ordinateur, se doucha et s’habilla, réfléchissant à toute la prudence dont il pouvait être capable. De quoi se doutait le Directeur ?

 

Retour au Journal

Il sauta dans le tram et courut au bureau.

A peine entré, il fonça à sa place de travail, rédigea le texte qu’il composait dans sa tête depuis qu’il avait fermé la porte de son appartement. Record de temps de rédaction battu, pensa-t-il en l’envoyant à l’impression; il recommanda à la graphiste de le mettre en Une, l’assurant de l’accord de Rochaux. Il courut alors vers le bureau du directeur.

– Tamara, tu peux m’annoncer ?

– Tiens ! un revenant ! Salut, Ewan…

– Tamara, tu as entendu ce que je viens de te dire ?

Elle prit une mine boudeuse.

– Il est en réunion.

– Ne me la fais pas, Tamara. Il est là, et tu le sais aussi bien que moi.

Elle haussa les épaules.

Ewan poussa la porte du bureau derrière.

– André, je propose de changer la Une pour demain. J’ai une information sensationnelle.

Rochaux le regarda de biais.

– Ewan, ne fais pas le con, hein ! Je t’apprécie, tu le sais, tu es comme le fils…

– … que vous n’avez jamais eu, je le sais.

– Ewan, dans un mois, je serai ministre et je te confierai le journal, je te l’ai laissé entendre, déjà… ne fais pas le con maintenant !

Ewan sortit du bureau en claquant la porte, laissant Tamara sidérée.

 

Après la vérité, la vie

Il monta dans le bus qui descendait vers la gare.

Il savait où il devait aller, maintenant.

Il jeta un regard machinal à l’écran d’informations du bus et eut un haut-le-cœur.

Ce qui était diffusé, devant les voyageurs médusés et fatigués, c’était les informations de Fanch. Fanch avait réussi. Tout Genève savait la vérité, et bientôt le monde entier le saurait. Il descendit, le coeur battant. Il courut vers le quai numéro 4 et sauta dans l’ICN pour Neuchâtel.

Avec un soupir de soulagement, il sortit son Natel et chercha Elodie dans ses contacts.

« Salut, grande sœur. Je te demande pardon pour l’adolescent stupide que j’ai été. Je t’aime et j’arrive. »

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