Créé le: 06.02.2026
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Péremption

Notre société

À l'heure de l'intelligence artificielle, nous devons craindre la fin des cornichons...
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Longtemps la bêtise a nourri l’humanité. Dans le monde évolué, cette denrée est périmée. Grâce à l’école obligatoire, à la presse, à la télévision, à l’internet, on carbure à l’intelligence.

La bêtise faisait aimer le trône et l’autel. Depuis que nous sommes devenus intelligents, nous savons que la démocratie laïque est le seul régime convenable.

Nos ancêtres étaient si bêtes qu’ils avaient des superstitions ridicules. Par exemple, ils croyaient que l’homme et la femme présentent certaines différences qui ne se limitent pas aux organes sexuels. L’intelligence des gender-studies a permis de balayer ce préjugé.

La bêtise a rempli des bibliothèques. D’Homère à Montherlant, tous les livres sont bêtes à pleurer. C’est avec les nouveaux romanciers, les nouveaux philosophes, les penseurs post-modernes que l’intelligence s’est enfin mise au service de l’écriture.

Le sens de l’honneur, l’esprit chevaleresque, la beauté du geste furent les idéaux les plus bêtes que le monde ait connus. Maintenant, nous avons tous compris que c’est l’intérêt qui gouverne les hommes.

L’intelligence rayonne et c’est une excellente chose. Des électeurs intelligents qui ont à choisir parmi des candidats intelligents, cela ne peut donner que des pays bien gouvernés.

L’intelligence rend heureux parce qu’elle rend médiocre. Nous serons enfin civilisés quand tout le monde vivra grosso modo de la même façon, consommera les mêmes biens, exprimera les mêmes grands principes. L’intelligence veut le confort et la paix, donc une certaine uniformité qui s’avère leur plus fiable garant.

Le progressisme a fait cramer la bêtise sur les territoires éclairés. Il finira par étendre à la planète entière son œuvre de purification éthique. Même les nazillons, les insoumis, les sauvages, les fous de dieu se convertiront de gré ou de force à l’intelligence. Et dans un monde sans bêtise, on se fera sacrément chier…

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