À la recherche d'un livre de jeunesse, Le Cornichon. Une enquête de la collection mini souris noire.
Reprendre la lecture

 

J’ouvre le premier tiroir de mon bureau, celui des agendas des années passées et des carnets anciens ou pas encore utilisés.

Le second tiroir, celui des lettres reçues, empilées, en vrac.

Puis le troisième, celui des cartes achetées dans des musées, ou en vacances, une provision de cartes à envoyer et dans laquelle je pioche quand un événement se présente, nouvelle année, anniversaires, remerciements.

Enfin le quatrième, celui des vieux papiers en tous genres, de qualités diverses, si l’envie me prenait d’écrire une lettre autrement qu’à l’ordinateur.

Je sais que Le Cornichon avait trouvé sa place dans l’un de ces tiroirs, il y a bien longtemps.

Petit livre de jeunesse, dans la collection mini souris noire, en couverture l’image d’un jardinier aux joues rouges et large sourire, arrosant quelques plantes vertes avec son petit arrosoir.

« Depuis des années, ça sentait bon la menthe dans le cœur de la ville. »

Je l’avais acheté pour mon fils quand il avait sept ans.

En première page, Pour Jérémy, en souvenir du festival du livre, Joseph Périgot, 1999.

Un jour, il y a dix ans, quinze peut-être, en triant des livres et classant les albums jeunesse de mes enfants devenus grands, j’ai trouvé, isolé des autres, mais pourquoi donc, ce petit livre que j’ai dû lui lire des dizaines et des dizaines de fois.

Pourquoi ai-je rangé Le Cornichon dans mon bureau déjà bien encombré ?

Pourquoi Le Cornichon n’est-il pas rangé avec les autres livres de jeunesse de mes enfants, sur le rayon spécial en attente de nouveaux jeunes lecteurs ?

Un seul livre d’enfant à l’intérieur de mon bureau.

En quatrième de couverture : « Il n’est pas très malin, on l’appelle Cornichon. »

Je l’avais gardé précieusement, je le sais, mais je ne me souviens pas pourquoi. Est-ce le titre ? Le sourire du personnage ? Ses yeux doux surmontés de trois cils chacun ? Ses cheveux noirs en bataille ? Sa salopette verte et sa chemise blanche à carreaux bleus ?

J’ai relu Le Cornichon. Le gentil jardinier offre un refuge à Morgane, neuf ans, qui déteste sa mère. Mais la ville se met à rechercher l’enfant, retrouve sa trace chez Cornichon, l’accuse de meurtre (l’enfant s’est enfuie), et tout est bien qui finit bien.

Un mini polar.

Et mon fils aujourd’hui lecteur de polars. Nous nous refilons ceux que nous découvrons.

Nous avons certainement aimé ensemble Le Cornichon.

Je pose le livre sur mon bureau. Dans quelques jours, il retournera sous une pile d’agendas ou de cartes postales.

Dans très longtemps j’espère, quand je serai morte et que mes enfants devront trier/ranger/jeter le contenu de mon bureau, Le Cornichon se pointera de nouveau avec sa dédicace et son humanité.

Car,

« Avec sa tête en pain de sucre et son bonnet vert enfoncé jusqu’aux oreilles, Cornichon ressemblait à un cornichon. De plus, il n’était pas très futé ; il n’avait pas inventé la poudre comme on dit. Mais, justement ! Ce sont les hommes de guerre qui ont inventé la poudre. Cornichon était un homme de paix : il ne voyait le mal nulle part. »

 

 

 

 

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