Créé le: 23.09.2019
669 2
Un ours blanc, ça Trump énormément

Humour

a a a

© 2019-2021 Daniel Bovigny

Quand Donald Trump annonça dans un tweet qu’il souhaitait acheter le Groenland, tout le monde en a ri, sauf peut-être les Inuits qui ont pris très au sérieux cette rocambolesque proposition…
Reprendre la lecture

Lorsque il aperçut au loin, par le hublot, l’unique piste d’atterrissage de l’aéroport de Qaanaaq coincée sur une presqu’île, le président eut une pensée folle:”Comment le peuple américain va-t-il pouvoir se débrouiller sans moi?”. Il songea un instant à twitter ses dernières volontés, mais se ravisa aussitôt: il n’aurait jamais le temps d’écrire les 140 signes avant le crash final! Ni de virer son secrétaire d’Etat qui avait organisé ce voyage foireux.

Après un virage à 180 degrés, l’avion de la compagnie Air Greenland entama une descente rapide au-dessus de la mer. Il s’agissait, pour le pilote, de toucher le sol au plus près du début de la piste afin d’avoir une chance d’immobiliser le jet avant la chute dans la mer. Tout se déroula comme prévu  et, après un violent freinage, lorsque Trump rouvrit les yeux, il se dit que ce serait bien la dernière fois qu’il voyageait avec cette compagnie dont il avait loué les services, qu’il aurait dû venir avec Air-Force One et qu’il allait virer ce pilote qui ne savait pas poser en douceur son engin.

Quelques instant plus tard, lorsque Donald – suivi de près par sa délégation-  descendit les trois marches pour atteindre le Tarmac, il fut ébloui par le soleil de septembre qui, déjà, était très bas en ce début d’après-midi.   Il sortit de sa poche ses “Julbo Vermont Classic” spécial glacier qu’il posa sur son nez et sous sa mèche folle en vue d’admirer et de saluer la foule Inuit venue l’accueillir. Cependant, lorsqu’il leva la tête, il fut déçu de ne voir qu’une poignée de personnes qui le regardaient bizarrement. L’un d’eux s’avança pour lui souhaiter la bienvenue, du moins le croyait-il…

– Vous avez bien atterri, monsieur Trump? lui dit-il en ne lui tendant pas la main…  Je suis Anuktit.

(Les dialogues ont lieu en anglais, mais pour des raisons évidentes de compréhension, ceux-ci ont été transposés en français.  Il a été renoncé au danois ou à l’inuktitut ou ᐃᓄᒃᑎᑐᑦ  utilisés par les Inuits dans cette partie nord-ouest du Groenland, les traducteurs étant rares et de ce fait hors de prix… ).

– Hello Anuktit! Content de vous voir. J’ai tout de suite organisé ce voyage lorsque vous m’avez envoyé votre invitation. Et je suis prêt à discuter du prix d’achat avec vous, si vous souhaitez toujours vendre votre Etat, comme vous me l’avez suggéré. Est-ce bien le cas?

L’Inuit sembla hésiter quelque peu avant de répondre.

-Oui, bien sûr. Mais auparavant, nous allons prendre cet hélicoptère pour que vous puissiez vous rendre compte de notre territoire…

-Quoi? On va faire le tour du Groenland avec un hélico pourri? Pas question! D’abord, je connais parfaitement le pays. Mes collaborateurs m’ont fourni toutes les informations juste avant que je les vire et je sais ce que ça vaut, c’est-à-dire comme eux, pas grand-chose…

Anouktit sembla de plus en plus emprunté. Il se tourna vers le magnifique Super-Puma qui les attendait à proximité de la tour de contrôle, puis il tenta d’argumenter au mieux afin d’attirer le président en son fief:

– Le problème est que je n’habite pas à Qaanaaq, mais dans un tout petit village, situé quelques centaines de kilomètres plus au nord. Et c’est là-bas et nulle part ailleurs que nous allons discuter de cette éventuelle vente de territoire. En compagnie de ma tribu qui doit pouvoir donner son avis.

Trump ne comprenait pas très bien où voulait en venir Anuktit. Il avait en face de lui  -ou du moins le croyait-il-  le chef d’Etat du Groenland, même s’il ressemblait plus à un Esquimau traditionnel, avec ce visage buriné par l’air du temps et ses habits d’explorateur du Grand Nord, qu’à un véritable président, comme il l’était, lui. Mais bon, il ne devait pas douter de ses informateurs qui avaient été catégoriques: ce personnage était bien le dirigeant d’une partie de ce vaste territoire. Et peu de temps après son OPA refusée par la présidente danoise, il avait accueilli avec joie l’offre de vente reçue de son interlocuteur. Devant le regard amusé de la petite délégation qui lui faisait face, il fouilla ses poches et en sortit le document officiel reçu deux semaines auparavant. Il lui montra le sceau et la signature:

– Là, c’est bien écrit Anuktit Nuukta, chef d’Etat, et c’est bien vous? Je n’y comprends plus rien… Vous me dites habiter dans un bled perdu, encore plus au nord et vous me recevez avec quelques-un de vos ministres, je suppose, sans fanfare, sans autre comité d’accueil et surtout sans la foule qui habituellement vient m’acclamer lors de mes sorties d’avion. C’est quoi ce Bronks?

Anuktit commença à s’énerver:

– Le Bronks, comme vous dites, c’est chez vous, à New-York. Chez nous, c’est encore pur, la nature et les gens. Plus pur même que cet endroit. Oui, je suis bien le chef d’Etah, comme c’est écrit là-dessus. Alors vous allez venir avec nous à Etah pour effectuer cette transaction. Si vous acceptez, vous ne regretterez pas votre choix. C’est un vrai petit coin de paradis, Etah. On y vit très bien. Un peu dur en hiver. Mais tellement agréable durant les 4 mois de la bonne saison!

– Okay, mon gars, on va y aller ton bled. Mais je suis obligé d’embarquer avec moi une petite délégation de ces hommes en noir. Trois devraient suffire pour ma sécurité…

C’est ainsi que l’on vit Trump et ses 3 sbires embarquer dans un hélicoptère en compagnie d’Anuktit Nuukta avec 4 membres de sa petite communauté d’Etah, dont il était le chef.

En survolant le village de Qaanaaq, il lui fit un bref compte-rendu historique de cette cité créée avec l’aide des USA en 1953 pour reloger les Inuits chassés de leurs terres ancestrales lors de la construction de la base aérienne de Thulé, une centaine de kilomètres plus au sud. Lui n’avait pas connu cet exil, mais son père, aussi chef de tribu Inuit, avait été profondément marqué et en avait gardé rancoeur toute sa vie. Le nouveau territoire est bien plus exposé aux courants et la terre y est plus ingrate, alors que l’ancienne ville se situait dans une zone en cuvette, avec montagnes aux alentours, ce qui diminuait la puissance du vent. Il ne lui expliqua cependant pas que son “baba”, comme il l’appelait, avait toujours promis qu’un jour il se vengerait de cet affront et surtout qu’il était encore en vie et l’attendait de pied ferme à Etah…

 

– Bah! C’est du passé tout ça. On doit vivre avec le présent. Et le présent, c’est notre business. Je suis sûr que votre père ne nous en aurait pas voulu de traiter cette affaire. A propos, vous ne m’avez toujours pas dit quelle était la surface du territoire que vous dirigez?

– A partir d’Etah, 10 jours au nord et environ 15 jours à l’est…

Devant l’air ahuri de son interlocuteur, il rajouta:

– Chez nous on compte en jours de voyage avec les chiens de traîneau.

– Oh! Vous avez des huskies? C’est un de mes rêves de faire un tour en attelage!

– Ne rêvez pas trop. On utilise plutôt des moto-luges de nos jours. Les chiens, c’est pour les touristes.

– Pas de problème, ça me va aussi. C’est avec grand plaisir que je ferai un petit tour en scooter sur votre territoire. S’il y a de la neige, bien sûr.

– Il y a de la neige presque en toute saison à Etah.

Le Président jeta un oeil par la fenêtre de l’hélico et constata que le soleil était toujours à même distance de l’horizon, comme si le temps s’était arrêté et que l’heure passée en l’air n’avait duré que quelques minutes… Il se promit d’élucider ce mystère en posant la question à son conseiller personnel, le Révérand père Quincey, un scientifique-créationniste-intégriste de ses amis. Empoignant son I-Phone pour lui envoyer un message, il constata qu’il n’y avait pas de réseau. Il remarqua également que le paysage avait changé. Les terres et rochers qui dominaient plus au sud disparaissaient progressivement pour laisser place à la neige et la glace.

– Pourquoi avez-vous construit plus au nord et n’êtes pas restés à Qaanaaq où la vie me semble bien plus facile que dans cette région hostile?

– Etah était le lieu de campement de mes ancêtres qui l’ont occupé jusqu’au début du siècle passé. Puis cet endroit a servi comme camp de base pour plusieurs expéditions polaires, depuis 1913. La dernière fois que le site a été occupé, c’était en 2016 pour l’expédition “Science Ouverte” organisée par des scientifiques français qui accompagnaient 4 jeunes défavorisés de la banlieue parisienne. Ils nous ont engagés pour installer le campement et assurer le ravitaillement. Lorsqu’ils sont repartis fin août, après deux mois, en laissant tout le matériel et les cabanes, nous avons décidé de rester encore un peu sur cette terre ancestrale de la région d’Ingelfield, sur la mer de Baffin. On s’y est tellement plu avec ma famille, qu’on y est restés.

– Comment vous faites pour survivre en hiver?

– Pour l’énergie, on a des panneaux photovoltaïques en suffisance pour nous chauffer, nous éclairer et pour l’usage domestique avec aussi une réserve du fuel pour l’hiver. En ce qui concerne la nourriture, on produit tout ce qu’on peut durant la bonne saison et on se fait livrer par hélicoptère ce qu’on ne peut pas cultiver. On vit aussi de la pêche et de la chasse, mais le minimum nécessaire.

– La chasse? Voila qui me plairait bien. Vous tuez quoi comme animaux?

– Le phoque, principalement. Parfois aussi l’ours blanc, s’il s’aventure trop près du campement.

Donald se mit à rêver à ce qui lui semblait une aventure extraordinaire: tuer un ours blanc. Il fallait absolument qu’il reste un jour de plus en ces lieux pour qu’il puisse se faire quelques cartons à la chasse!

– Vous pensez que je peux rester une nuit? Après le rachat du territoire, je participerais volontiers à une partie de chasse sur mes nouvelles terres. J’imagine déjà le tableau: un ours blanc, quelques phoques, une baleine, un tigre du Bengale… Euh!… non! Pas de baleines dans le coin, je suppose?

– Si, mais elles sont protégées. De toute manière on ne les chasserait pas. Beaucoup trop gros pour notre petite communauté. Ce serait du gaspillage. Par contre, on aperçoit de temps en temps une variété de mammifère peu répandue chez nous: le crétinum amerlocus…

– Ah? Je ne connais pas. Et ça ressemble à quoi?

– Il marche sur deux pattes, a une crinière blonde et lorsqu’il secoue la tête, on entend le bruit du plomb… Mais vous verrez par vous-même si vous restez un jour de plus. Il doit y en avoir un dans le coin.  Les ours blancs sont leur principal prédateur et ils sont nerveux depuis quelques jours. Ils ont dû en flairer un gros!

– Top là! Je reste! Et ce sera une excellente excuse pour ne pas aller à New-York à cette espèce de fête du climat lancée par cette espèce d’organisation unie à la noix qui a invité cette espèce de garce suédoise autiste à venir foutre la merde chez nous! Tiens, je préfère aller à la chasse à cette espèce d’animal inconnu que vous m’avez décrit!

Le Super-Puma entamant sa descente à proximité du campement, Anuktit ne répondit pas. Et Trump se tut quelques instants, interloqué à la vue des 4 ou 5 cabanes en tôle ondulée qui ne devaient pas mesure plus de 10 m2 chacune. C’était donc ça, leur village? Des espèces de demi pipe-lines couchés sur le côté et ressemblant plus à des igloos qu’à des demeures abritant tout de même le chef d’Etat!

En descendant de l’hélicoptère, le groupe vit arriver à sa rencontre un vieil homme qui marchait avec peine sur la neige durcie, s’appuyant sur sa canne afin de ne pas risquer la glissade. Il s’arrêta en face d’Anuktit et le prit dans ses bras en lui soufflant à l’oreille, en inuktitut:

-Mon fils, je suis fier de toi. Tu as donc réussi à ramener ici ce Donald et sa bande de Mickeys, comme tu me l’avais promis. L’honneur de notre tribu sera bientôt retrouvée!

Anuktit s’écarta de son père et le présenta à son invité:

– Voici Baba Nuukta, mon père, qui vient de fêter son 94e anniversaire.

Trump dévisagea de la tête aux pieds ce vieil homme vêtu de peaux de phoque et dont le visage ridé et buriné par tant d’années de soleil ressemblait à une pomme flétrie. Lorsque Baba lui fit un large sourire, le président ne put s’empêcher d’éclater de rire à la vue des deux seules incisives, l’une en haut à gauche et l’autre en bas à droite, qui ornaient sa bouche.

– Hey! Baba… cool de vous voir ici! Et je pourrai bientôt dire: bienvenue chez moi! Ha! Ha! Ha!

– Va te faire voir espèce de président de mes deux, marmonna le Baba.

– Qu’est-ce qu’il a dit, là? demanda Trump. Je ne comprends pas le suédois.

– Euh… Il vous explique, en inuktit, notre langue et non en danois et encore moins en suédois, que Baba, ce n’est pas son vrai nom mais que ça signifie “père”. On l’appelle tous comme ça ici, puisqu’il est le vénérable ancêtre de notre tribu.

– Alors va pour Baba! s’exclama Trump. Et cela me ferait plaisir que vous m’appeliez Baba Trump, pendant qu’on y est. Je suis aussi le père d’une très grande famille!

 

C’est ainsi que Baba Trump et Baba Nuukta se retrouvèrent dans la plus grande des cabanes, celle qui servait de réfectoire, en compagnie de la petite délégation américaine et des membres adultes de la tribu, à échanger sur la nécessité de retrouver une vie plus simple, plus calme et fruste tout en respectant son environnement d’un côté et la nécessité de développer encore le capitalisme américain en vue d’étendre son hégémonie au monde entier qu’il souhaite un jour faire bénéficier de ses bienfaits, de l’autre… Le tout arrosé de rhum dont ils s’apprêtaient à ouvrir la sixième  bouteille lorsque Trump se leva de sa chaise avant d’y retomber lourdement avant de déclarer:

– C’est pas tout ça, mais on a une ta… une tâche impotarte… importante à  raéliser… réaliser avant la nuit: la sache… chasse à l’ours blanc et à cette espèce inconnue de critanum americus ou quelque sauge comme ça!

– Le crétinum amerlocus, précisa Anuktit. Et pas de soucis pour la nuit: lle ne tombe pas vraiment à cette époque. Allez, viens, Baba Trump! Tout a été préparé dehors et la moto-luge t’attend avec une magnifique Winchester!

– Oh! Vous êtes cool alors, vous… Ok, on y va, seulement nous. Et on laisse dormir ces trois imbéciles de gra, de gardes du corps qui supportent même pas un petit rêve… un petit verre de rhum!

 

Aidés par deux jeunes de la tribu, ils se mirent à trois pour emmener le président à l’extérieur, tant bien que mal, en le portant plus qu’en le soutenant. Au contact de la fraîcheur, celui-ci commençait à retrouver lentement ses esprits (ce qui ne dura pas trop long…).

Après l’avoir vêtu d’une grosse veste et d’un bonnet en peau de phoque ils l’assirent sur la moto-luge dont le moteur vrombissait déjà, lui fixèrent la ceinture de sécurité et lui posèrent les mains sur les deux poignées. Juste avant de partir, Trump s’agita, en plissant des yeux:

– Mes lunettes à soleil, il me faut mes “Julbo Vermont Classic” spécial glacier! Ce putain de soleil ne s’est pas encore couché et ça m’éblouit!

Comme ils ne retrouvèrent pas les Vermont en question, il lui amenèrent une paire de lunettes de neige inuit qu’ils fixèrent à sa tête à l’aide de deux lanières. Cette espèce de planchette en bois était pourvue de deux petites fentes, juste pour la vue, empêchant ainsi les rayons du soleil et la réverbération d’atteindre la cornée, ce qui causerait d’irrémédiables blessures.

– Alors, là, ça nous le finit, déclara Baba Nuukta.

Le président ne se sentait plus. Il jeta un oeil aux deux jeunes qui l’encadraient sur leur propre moto-luge et leur cria:

– Alors, on y va? C’est par là?

Les deux acolytes lui désignèrent la direction de la main et mirent en route leur machine qui partit à grande vitesse en direction du nord.Baba Trump mit les gaz et les rattrapa vite fait, les dépassant même après moins d’une minute.Les deux Nuukta, père et fils, regardaient la scène, amusés. Ils attendirent que les moto-luges des « accompagnants » ne s’écartent de leur route initiale pour s’en retourner au camp, juste au moment où Trump les ait dépassés en hurlant une espèce de cri de guerre à la Yankee :

– Yeeeepie ! Yeaaaaah !

Sur ce, Anuktit demanda à son père :

– Et les trois gardes du corps ? Il dorment toujours ?

– Comme des bébés. Tu penses, avec la dose de somnifère qu’on a mis dans leur verre de rhum, ils ne sont pas près de se réveiller ! En tout cas pas avant le retour -ou pas- de leur cher Baba Trump ! Et de ton côté, la moto-luge ?

– Les gaz sont bloqués à fond, la direction aussi. Les freins sont coupés, bien sûr. De même que le bouton d’arrêt du moteur.

-Il pourrait sauter en marche, non ?

– Impossible : avec la vitesse de l’engin, il se romprait le cou!

– Il ira jusqu’où, comme ça ?

– J’ai mis juste assez d’essence pour qu’il atteigne le territoire des ours blanc…

– Oui, mais il a un fusil, non?

– Sans cartouches, ça va pas beaucoup l’aider.

Il éclatèrent de rire ensemble en imaginant la scène. L’honneur de la tribu serait enfin sauvé!

– Il a des chances de revenir, tu penses? demanda Anuktit.

– Peut-être… Pas sûr que les ours blancs ne l’attaquent. Mais s’ils le goûtent, ils risquent bien de le finir: ça fait une semaine que les jeunes les excitent chaque jour et qu’ils leur donnent du phoque macéré dans du rhum. Alors, tu penses bien qu’ils n’en feront qu’une bouchée de ce … Baba au rhum!

– On ne retrouvera peut-être que les lunettes à soleil inuit de ton grand-père…

 

Commentaires (1)

Webstory
03.04.2021

Daniel Bovigny, participant au concours d'écriture 2019, signe une histoire originale et pleine d'humour qui est arrivée en 2e position du Prix du Public.

Laisser un commentaire

Vous devez vous connecter pour laisser un commentaire

Ce site utilise des cookies afin de vous offrir une expérience optimale de navigation. En continuant de visiter ce site, vous acceptez l’utilisation de ces cookies.

J’ai comprisEn savoir plus