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Avoir ou être passé ? Il y aurait encore des hésitations. J’avais vérifié et devrai le faire à nouveau. Le pas assuré du montagnard, les doutes du passant. Pas de connaissance sûre sinon celle des faits qui démontreraient on ne sait trop quoi dont ils seraient le signe. Bob Dylan a quatre-vingts ans, aujourd’hui. Sentiment de vie pleine et mimétisme. Les mots lui auront aussi échappé. Il en a rattrapé quelques-uns. Une vérité derrière l’absence de vérité. Je considère, on doit bien considérer, qu’il s’agit-là de la probabilité la plus apte, prendrait-elle vie, à être retenue. Sans issue, ni impasse, c’est ainsi que je vois l’avenir des choses universelles et des vivantes incertitudes. Peu importe la langueur et les ossements que l’on retrouve. Ces visions du temps passant toutes intériorisées. Une tranche de vie morcelée. Entre réflexions et poèmes, je l’ai, dès mes vingt ans, trouvé intéressant sans même l’avoir compris. Pas très bon pour les futures gradations. Et s’il n’y en avait plus ? Le sentiment d’échec fait partie du problème. Baisser les bras, rendre les armes, le sort individuel n’est pas tout. Peut être considéré comme un « twilight », ce mot que j’ai dû apprendre (pour écouter Dylan), si apprécié des anglo-saxons et qui n’a pas d’équivalent en français. Il y a cette idée de double lumière, de contraste, de disparition, une réalité à faire croire à la force de l’inspiration. Le réel et le spirituel qui boiraient ensemble l’apéro. Tout est vrai. Absolument tout, dont l’absence de vérité et de nécessité de celle-ci. Le vrai implique et absorbe l’humanité. C’est un réconfortant, guère plus, au beau milieu des histoires que l’on se raconte. Je me demande …, je me demande … ce que j’ai attendu de Dylan. Hier soir, dans la voiture, je n’en suis pas sorti pour écouter une chanson de lui que je ne connaissais pas, 2006, « l’esprit sur l’eau ». Ce rythme m’a fait du bien alors que je ne me considérais plus comme fasciné par lui. Quatre fois vingt ans. Il a dû dire n’importe quoi avec un certain talent qui se refuse à nous, je veux dire nous tous qui n’écoutons pas que lui. Messager marquant. Parler du monde et de soi jusqu’à ce que l’un soustraie l’autre ou se dérobe à lui. Une culture personnelle n’est que la relation, ample ou retenue, à la réalité, à l’ensemble des choses et des riens connus et ignorés. Densité de celles-ci et profondeurs aussi qui s’observent encore lorsque la personne vient à manquer faute d’avoir su plus longtemps exister. Observables car réelles, tout autant, au-delà des existences accumulées de tous les possesseurs défaits d’un esprit qui se sera prêté à l’exercice. L’humilité devait-elle triompher et m’interdire d’avancer dans cette recherche poétisée ? L’audace, la mécréance et la peur autant que la fatigue seront source et cause de tentative et de renoncement. Je n’ai que l’appel du langage pour parvenir à cette fin : tentative et renoncement.

 

24 mai 2021

 

 

La semaine a commencé avec des retours aux musiques et aux textes de Dylan. La loyauté qui ne serait pas destinée à l’autre, mais aux étoiles (« One more cup of coffee »). Sûr qu’il y a une déraison et une force chez cet homme. Une intelligence prête à bondir pour saisir des fulgurances qui nous reviennent. Comme les autres, je l’ai vu gratter sa guitare sans plaisir. Mais il surprend aux quatre coins du temps. On peut se demander si le langage d’un seul peut être le langage de quelques-uns. Il y a des travaux très sérieux sur cette question, chez Jacques Bouveresse dans l’introduction de son « Mythe de l’intériorité ». Il avait quatre vingt-ans et vient de décéder. Je le lirai encore avec une certaine reconnaissance pour le travail accompli par ses mots restitué et une forme d’amitié. Sur le fond d’écran, on nous propose des images de la voie lactée une petite chose belle et fascinante dans notre esprit. Enfin, justement, le mien et le vôtre. Une étendue plus inaccessible dans la réalité. « Encore une tasse de café avant que je m’en aille dans la vallée d’en bas ». Nous traversons des phrases qui laissent un goût d’infini alors que personne n’en revient ni même ne parvient à rendre ce goût substantiel. Des mélodies aussi, colorées et parfumées. La douceur d’une musique, les surprises qu’elle entraîne avec elle et les rêveries suaves qu’elle invite ou provoque en nous. Nous ne savons pas très bien. Il faut s’en remettre à cette manifestation de l’humaine réalité, nous ne savons pas du tout ce qui s’est passé ni même ce qui se passe. Gardons le futur pour plus tard. Le réel non plus n’a pas compris, on doit le tenir pour acquis. Le réel et la vie ont des silences à partager. La conscience humaine en travail est un évènement dans un coin de l’immensité qui laisse faire. Aucune conquête de ce côté-là, ni extension. Celle des corps et de leurs attentes sur les territoires accessibles, mais pas de volonté de s’étendre qui serait celle de l’esprit. Exister par soi, partager des infos, exercer sa puissance, vivre un temps agréable. Si possible. Nos égos et nos troupeaux s’exercent dans la multitude et les sensations de bien-être en luttant contre on ne sait trop qui. Le temps de se faire un ennemi qui jamais n’aidera à définir le vrai fût-ce en ce qu’il faut consentir pour le combattre. J’arrive en bas de page et n’ai fait aucune avance dans cette recherche du réel plus que du vrai, qui sont des notions comparses et largement commentées. Lances à eau ou de guerriers, les cibles se rient des combats qu’il nous faut faire mine de mener. Une poursuite endiablée que je ne parviens pas à commencer sinon en rêve toujours où je dois encore m’expliquer. L’univers en fond d’écran, épreuve d’artiste, toute enfance a sa tentative d’échappée et son retour aussi. Un premier portail entrouvert et déjà, c’était je crois avec un ballon sous le bras, je m’en suis retourné. Le premier regard vers la fuite inaccomplie c’est maintenant que je le pose sur ces réalités vraies et fragilisées. Un pays, un jardin, un ciel et le corps désemballé qui s’exerce à la finitude. Il aura fallu pas mal de temps pour que les fruits et les fleurs viennent à manquer pour cause de surabondance. Comme on dit en droit, par surabondance de moyens. Cette une expression qui à vrai dire, en ontologie, définit l’exiguïté.

 

26 mai 2021

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