*** Hector. Longues moustaches. Poil gris. Croquettes bon marché acceptées. Cherche une nouvelle famille. Parents non divorcés, uniquement. ***
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— Arthur, mets ta ceinture.

— Maman, tu crois qu’elle a deux têtes depuis longtemps ?

— Qui donc ?

— Ben, la tortue.

— Ah oui. Oui. Eh bien, elle a deux têtes depuis… longtemps. Elle est née comme ça, j’imagine.

— Et si une des têtes ne veut plus de l’autre ?

— Si quoi… ? Attache-toi, ta sœur nous attend.

— Si une des têtes ne veut plus être avec l’autre ? C’est qui, qui garde la carapace ?

— Euh… Je ne sais pas… Je pense que ça n’arrive pas, parce qu’elles sont habituées à être comme ça.

— Mais, toi…tu étais habituée à être avec Papa ?

— Ce n’est pas pareil Arthur. C’est une tortue. C’est… c’est parce qu’elles partagent le même corps. Elles ont deux têtes, mais un seul cœur. Donc… elles sont obligées de s’aimer.

— On doit avoir le même cœur pour être obligés de s’aimer ?

— Oui, voilà.

— Mais Mila et moi, on est obligés de s’aimer ?

— C’est différent. Les frères et sœurs s’aiment toujours.

— Même s’ils ont deux cœurs ? Donc, tu pourrais être obligés de t’aimer avec Papa… même si vous avez chacun votre cœur ?

— Oui, enfin, non. Les sentiments, c’est compliqué. Ce n’est pas toujours dans le cœur, c’est dans la tête aussi.

— Mmm…

— Écoute Arthur, je ne suis pas spécialiste en tortue à deux têtes.

— Et, Maman, tu crois que si, on coupe une tête, l’autre meurt aussi ?

— Je.. je…pense que oui.

— Si on coupe une tête, l’autre, elle meurt parce qu’elle saigne ou parce qu’elle est triste ?

— Je ne sais pas chouchou, on regardera sur internet à la maison.  Ah tiens, ta sœur est là.  Je vais  me garer, si ce … me laisse passer !

 

***

— Rouge ? Blanc ?

— Rouge, merci. ‘Sont pas là tes enfants ?

— Chez leur père. Et toi ?

— Pareil.

— J’me tape les trajets toute la journée… ‘Je récupère Arthur au musée, je cherche Mila à l’anniversaire de Garance, tout ça parce que « Monsieur » a un empêchement. Je les dépose en bas. Je rentre et je reçois un message : « merci. ». « Merci. ». Merci avec un point. Un point, tu t’imagines ?

— C’est quand l’audience ?

— Jeudi. J’ai pas envie. De toute façon, c’est non.

— « Non » pour quoi… ?

— C’est non pour le chat. J’lui donnerai pas.

— T’as raison.

— Les enfants… on s’est mis d’accord, je n’ai rien dit. Et puis, c’est pour eux… Mais le chat, c’est le mien. J’lui donne pas.

— Et la pension ?

— Du chat ?

— Non, pour toi, pour les gosses.

— Ah, ça c’est bon. Grosso modo… plutôt « pas grosso » mais, on s’est mis d’accord. Le problème, c’est Hector. Pendant quinze ans… rien. Et du jour au lendemain, Monsieur est « à fond dans les félins ».

— Il bosse quand même au WWF…

— Au WWF, et alors ? Cela ne signifie rien. Il est posté derrière un bureau toute la journée. Il n’a jamais mis le pied dans un zoo !

— T’as raison, mais je pense qu’il va se mettre en avant. Il va utiliser son job au WWF pour jouer sur la corde sensible “animal”, tandis que ton boulot…

— Mon travail n’a rien à voir là-dedans. Je n’ai pas le droit de vendre des manteaux de fourrure et d’avoir un chat ? Toi, tu penses que tous les mecs qui travaillent chez Philippe Moris sont fumeurs ?

— T’énerve pas, je disais ça pour toi. Pas que son avocat te « piège » avec ça.

— Son avocat ne me « piègera » rien du tout. Il ferait comment avec Hector ? Il ne le reconnaîtrait même pas. C’est n’importe quoi. Il fait ça pour m’emmerder.

— C’est moche.

— A ta santé !

***

— Je suis fatiguée.

— On est tous fatigués, Mila, mais c’est comme ça.

— Je peux plus marcher, je suis trop fatiguée.

— Tu te lèves, on y va.

— Je peux pas.

— Si, tu peux. Debout. Ne discute pas. Tu te comportes aussi comme ça avec ta mère ?

— Maman, elle me forcerait jamais.

— Tu n’es pas blessée ? Ton frère, lui aussi, il est fatigué. Il est plus petit et il n’en fait pas toute une histoire pour autant. Mila, s’il te plait, lève-toi.

…. Très bien. Reste ici.

Les secours ne pourront pas venir te chercher. Tu vois bien, il n’y a aucune route. La montagne, la nuit… tu vas pas rigoler, c’est moi qui te le dis. Il va faire nuit. Les loups vont te trouver…

— Y’a pas de loup.

— Tu verras cette nuit si tu ne me crois pas.

— Si y’a des loups, ils sont ou la journée ?

— Ils dorment dans… des trous.

— Des trous ?

— Des terriers. Ils dorment dans des terriers comme les taupes chez Grand-Mama-Olga.

— Tu dis n’importe quoi.

— Tu verras. Lève-toi. On rentre, et on regardera sur Wikipédia.

— J’peux pas. J’ai mal aux pieds.

— On examinera ton pied une fois rentrés à la maison..

— J’ai mal aux pieds et toi tu t’en fous. Tu serais content si je me faisais bouffer par les loups. Je te coûterais moins d’argent.

— Qu’est-ce que tu racontes ?

— Je t’ai entendu parler avec l’avocat. « Si y’avait que le chat, ça ne me coûterait pas un bras ».

— Je… je ne sais pas ce que tu as entendu Mila mais ce ne sont pas tes oignons et ce n’est certainement pas ce que j’ai dit. Tu ne peux pas tirer des morceaux de conversation, surtout s’agissant de ce qui ne te concerne pas. Maintenant, tu te lèves. Tu ne discutes pas, on y va.

 

***

 

— Je n’ose plus rentrer, ça sent le roussi.

— Toi aussi, ils sont passés à la litière premier prix ?

— Non, la litière, ça va.

— Croquettes ?

— Côté croquettes, ça va aussi.

— Dans ce cas, estime-toi heureux mon pote. Tu fais partie des chats les mieux traités du quartier. J’ai entendu dire que le siamois…

— Celui qui a la queue coupée ?

— Oui. Celui-là. Quand ses maîtres ont divorcé, ils l’ont laissé sans manger pendant trois jours.

— Arrête, tu me files la chair de poils.

— Même qu’il n’a pas pu dormir sur le canapé pendant une année.

— Pourquoi ?

— Parce que c’était le mari qui dormait là.

— Sapristi ! bon, ça au moins, ça ne risque pas de m’arriver. Il est déjà parti.

— Qui ?

— Le mari.

— Ce dont j’ai peur, c’est qu’ils m’envoient vivre chez lui. Déménager… re-marquer mon territoire… à mon âge !

— C’est pas une vie.

— Une vie de chien si tu veux mon avis. Depuis le divorce de mes propriétaires, la mère me caresse non-stop, j’en ai le pelage tout irrité. Elle est triste et c’est à moi de ronronner toute la journée ? Qu’est-ce qu’elle croit, c’est l’été, les moineaux, c’est maintenant ! En automne, ça sera râpé.

— Les humains sont trop loin de nos priorités. Attends qu’ils te collent un chien parce que les enfants ont « besoin de parler ».

— Les chiens parlent humain ?

— Non. C’est une façon de parler. Les propriétaires divorcés ramènent un chien à la maison pour détourner l’attention de leurs enfants qu’ils ont tellement fait pleurer.

— Quelle horreur. Partager avec un chien…

— Ronronne mon pote. Ça peut te sauver.

— Heureusement que tu m’le dis Tom.

— Dépêche-toi avant que la chatière soit fermée.

 

***

 

— Je dois vous avouer Madame Lie que je ne suis pas sûr de vous suivre.

— On a changé d’avis, Maître.

— C’est-à-dire ?

— Nous avons changé d’avis. Nous ne sommes pas les premiers ?

— Non, bien sûr.

— On ne veut plus divorcer. Il faut annuler.

— Ce n’est pas si simple.

— Ce n’est pas compliqué, vous téléphonez à l’endroit où ils rangent tous les papiers du juge et tout ça. Vous dites Monsieur et Madame Lie, ne divorcent plus, au revoir merci.

— Et pour le chat ?

— Maître, vous êtes sûr que ça va ? Prenez un verre d’eau.

— Le chat, j’ai déjà facturé.

— Maître, prenez encore une gorgée. Voilà, lentement. Pas de soucis, mon mari propose d’ailleurs de prendre en charge vos honoraires.

— Il l’a mis par écrit ?

— Non, il me l’a dit ce matin. La facture sera réglée, ne vous en faites pas. Vos honoraires n’ont jamais été discutés ? Non. Alors voilà.

— C’est, c’est à cause de moi ?

— A cause de vous Maître ? Là c’est moi qui ne comprends pas.

— J’ai mal fait mon travail ?

— Mais non Maître Duchéz, absolument pas. Mais enfin, ne pleurez pas.

— Vous…vous … vous disiez qu’on allait le saigner… et…et maintenant… vous ne voulez plus…

— Mais enfin, Maître Duchéz ressaisissez-vous. Vous devriez être ravi, regardez-moi, je le suis.

— Oui, mais…

— C’est une belle journée. Vous avez une belle étude avec une grande entrée, et même un aquarium ! Que demander de plus ?

— Je vais me suicider.

— Ne dites pas n’importe quoi Maître Duchéz. Et comment feront-ils, sans vous, vos poissons

japonais ?

— C’est vrai que….

 

***

 

— Roger, le dessin des badges pour les rhinos blancs, c’est pour aujourd’hui ou pour demain ?

— Ça vient patron.

— ‘Faudrait mieux que ça vienne maintenant Roger. Quand l’espèce aura disparu, ça aura moins d’intérêt…

— Forcément. Tenez, voilà.

— C’est.. c’est bien.

— Ça vous plait ? avec le gros qui fait un clin d’œil.

— Oui, c’est pas mal. Bon travail Roger.

— Au fait… je voulais vous dire patron…Pour votre femme, je pensais pas qu’elle était « conne », je l’ai vu qu’une fois en plus. Et puis, c’est vous qui…

— N’en parlons plus Roger.

— Parce que vous voyez, je pouvais pas savoir… que vous alliez vous remettre avec elle alors moi… j’ai dit ça pour vous aider. Vous disiez qu’elle faisait chier et tout ça…

— Oui enfin…

— Ben si, vous disiez qu’elle était « la pire des enfoirées » et alors je pensais pas que…

— N’en parlons plus.

— Quand vous m’avez dit que vous n’alliez plus divorcer, je me suis dit forcément, mon stage serait pas renouvelé, avec ce que j’ai dit…

— C’est oublié je te dis.

— Ok patron, merci ! Donc si Maria téléphone, je dis quoi ? Que vous êtes retourné avec votre femme ?

— Si Maria téléphone, tu dis rien du tout. Et puis, on va reprendre une secrétaire donc tu ne répondras plus au téléphone.

— Ok. Mais si…

— Si Maria appelle, tu dis que je suis occupé.

— Ok. Vous ne voulez plus lui parler ?

— A qui ?

— A Maria.

— Non, c’est compliqué. Elle ne rappellera pas ici de toute façon. Elle est chiante, mais, je crois qu’elle a compris.

— Elle est chiante, Maria, elle aussi ?

— Bon, Roger ce ne sont pas vos affaires.

— Désolé Patron.

— Maria est comme toutes les femmes.

— Votre femme aussi est comme toutes les femmes, alors pourquoi…

— Eh bien ma femme est comme Maria, comme toutes les femmes… chiantes. Sauf que me faire chier avec Maria, ben, ça me coûterait deux fois plus cher.

 

***

 

— Tu fais les poubelles maintenant ?

— Il est revenu.

— Qui ?

— Le mari. Ils devaient divorcer, et puis, finalement, il est revenu. C’est pire qu’avant Tom. Je vais craquer.

— T’es plus nourri ?

— Si, si. Mais je m’entraîne à fouiller les déchets. Au cas où ils m’abandonneraient. Depuis que mes propriétaires ont remis le couvert…

— Et les enfants ?

— Beaucoup moins demandant. Je t’assure, c’est très incertain mon statut d’animal de compagnie.

— Même le petit, il t’oublie ?

— Non, Arthur me veut encore dans son lit. Mais je me fais du souci, peux pas compter sur eux en-dessous de sept ans. Pour les croquettes, une fois sur deux, ils oublient…

— Évidemment. Je te comprends.

— Et niveau litière ?

— La litière ça va. Pour le moment. J’en perds la moustache ces temps-ci. J’ai même eu une fuite urinaire pas plus tard que vendredi. Ca tombait mal je dormais dans le linge « à repasser ». Sur ce, ils…

— ?

— Ils veulent me castrer.

— Oh mon dieu !

— S’ils téléphonent au véto’…Je vais fuguer.

 

***

 

— Mila ! le cours de bio est annulé !

— Fait ch’.

— T’aimes la bio’ toi maintenant ?

— Ben nan, mais y’avait la dissection du crapaud… pour une fois qu’on fait un truc marrant.

— Tu me prêtes deux francs, j’vais prendre un kinder bueno à la cafétéria. Je te jure, je te les rends.

— Je te crois. Mais, j’ai pas.

— T’as pas deux francs ?

— Nan mes parents ne me filent plus rien.

— Sérieux ?

— Ils me rationnent.

— C’est le divorce ? Ils sont asséchés ?

— Non, ils se sont remis ensemble.

— Sérieux ?

— Ouai. Et du coup, tout ce que j’avais mis en place… j’ai tout perdu. Ils se parlent alors…terminer le double approvisionnement. Mon père est rentré vivre à la maison !

— Et ta mère, elle est courant ?

— Évidement idiot. Ils se sont remis ensemble je te dis.

— C’est chaud. Mais ton frère, il est content ?

— Arthur ? Il pige rien, il a sept ans.

— Ah ouai, bien sûr. Il a pas la maturité qu’on a nous en grandissant.

 

***

— C’était qui ?

— La concierge.

— Qu’est-ce qu’elle te veut ?

— C’est parce que j’ai ré-emménagé…

— Et ? Qu’est-ce qu’elle a ? Elle aussi, elle veut nous empêcher de nous aimer ?

— Non chérie. C’est pour la plaquette.

— Quelle plaquette ?

— De la boîte aux lettres. T’avais rayé….

— Ah, c’est vrai.

— Elle voulait savoir si elle devait en commander une autre auprès de la régie. Avec nos deux noms, comme avant que tu effaces à la clé…

— Et qu’est-ce que t’as dit ?

— J’ai dit oui.

— Et après ?

— Ensuite, elle a plaisanté. Elle m’a dit : « c’est pour de bon cette fois, hein, M’sieur Lie ? la prochaine fois, la plaquette c’est pas gratuit ».

— Et qu’est-ce que t’as dit ?

— J’ai rien dit.

— T’as bien fait. Elle a demandé qui c’est qui…avait rayé ?

— Non.

— Elle doit penser que…

— T’en fais pas chérie, ça peut être n’importe qui… Ca peut être des gosses du quartier. Et puis, on s’en fiche de ce que pense la concierge. On s’aime. On le sait, nous. C’est suffisant ! A ce propos, tu savais qu’elle avait un perroquet ?

— La concierge ?

— Ouai.

— Non. T’es sûr ?

— Je l’ai aperçu par l’entrebâillement de sa porte. Un grand…

— Un perroquet ? Coloré ?

— Oui.

— Tu crois qu’elle a le droit d’avoir ça ?

— Chérie, sûrement, si elle l’a…

— Je vais quand même vérifier. Avec un peu de chance, on peut la dénoncer…

 

***

 

— A TABLE ! Mila, Arthur, votre père est là. Dépêchez, ça va être froid.

— Qu’est-ce que c’est ?

— Du lapin. Donne-moi ton assiette.

— J’en veux pas.

— Tu vas pas recommencer Mila, s’il te plait !

— J’en veux pas. Je suis végétarienne.

— Depuis quand ?

— Depuis longtemps.

— La semaine dernière tu n’étais pas végétarienne ?

— Eh bien, j’ai changé.

— Georges dit quelque chose à ta fille moi je n’en peux plus. Arthur, toi non plus ? Pas de lapin ? Tu es devenu végétarien dans la nuit toi aussi ?

— Mais, j’ai rien dit. J’ai rien dit. J’ai rien dit et Mila, elle ennuie et après tu cries.. et…

— Pardon Arthur, mon cœur, excuse-moi, c’est ta sœur qui passe par une adolescence particulièrement pénible.

— Je quoi, je QUOI ? Répète ce que tu dis Maman, et je me casse d’ici.

— Mila, tu ne parles pas comme ça à ta mère.

— Oh toi Papa, ça va. T’étais pas là pendant une année pour faire notre éducation. Tu reviens comme une fleur alors merci de la fermer.

 

***

 

— Votre fils est perturbé, Madame Lie.

— Perturbé ? C’est-à-dire ?

— Le professeur de dessin, en particulier, pense qu’il faudrait… pour Arthur, votre fils… qu’il faudrait consulter… Je peux vous recommander un pédopsychiatre pour enfant.

— C’est-à-dire ?

— Avec votre situation familiale compliquée…

— Écoutez Madame Choïfa, notre situation familiale n’est pas compliquée. Son père est revenu vivre à la maison. Tout au plus, un léger temps d’adaptation. Si j’ai un enfant compliqué c’est ma fille de quinze ans…

— Je comprends bien Madame Lie. Mais ce sont des éléments inquiétants qui…

— Des éléments ?

— Tenez regardez par vous-même. Les enfants avaient pour consigne de dessiner leur famille le dimanche au Zoo. Et… regardez ce qu’Arthur a dessiné. Ça c’est vous, et là c’est votre époux.

— Et alors ?

— Regardez, c’est un corps à deux têtes. C’est pour le moins surprenant.

— Y’a rien de surprenant.

— Votre fils semble se faire une représentation de ses parents… bicéphale.

— C’est à cause de la tortue.

— Je vous demande pardon ?

— Au musée, Arthur a vu la tortue avec deux têtes, on en a discuté… J’imagine qu’il pense nous sceller, son père et moi, de cette façon-là. C’est parce qu’il me posait des questions sur le cœur, si les sentiments se dédoublent, ce genre de truc.

— Je ne suis pas sûre de comprendre.

— Eh bien… allez au musée, Madame Choïfa ! Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ?

 

FIN

Commentaires (1)

Webstory
28.11.2021

Félicitations à Fanny Gurunlian, Prix du Public du concours d'écriture 2018. Score: 144 votes sur 244 réponses.

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