Des tout petits poèmes construits autour de citations.
Reprendre la lecture

D’Henri Michaux, ce propos :

« On n’est pas seul dans sa peau. »

 

*

 

Que dit Proust quand il conçoit ?

« Ce qu’on sait n’est pas de soi. »

 

*

 

Peut-être ai-je mal appris…

Montesquieu me terrorise :

« Quand on court après l’esprit,

on attrape la sottise. »

 

*

 

Le vague et l’obscur sont en excès

chez tant d’écrivains que les sots prisent.

Le fin Rivarol les pulvérise :

« Ce qui n’est pas clair n’est pas français. »

 

*

 

Tantôt je fais mieux, tantôt pire.

Tour à tour poète et bouffon.

Comme l’a si bien dit Buffon :

« J’apprends tous les jours à écrire. »

 

*

 

Guitry, ce beau génie,

prévient les garnisons :

« Redouter l’ironie,

c’est craindre la raison. »

 

*

 

La raison sur la route

prend des sens inédits.

France Anatole a dit :

« Doutons même du doute ! »

 

*

 

Jean Rostand,

je l’entends :

« Certitude,

servitude. »

 

*

 

Que Dac est lumineux quand il dit aux savants :

« Rien ne sert de penser, faut réfléchir avant. »

 

*

 

Selon Valéry : « Le goût

est fait de mille dégoûts. »

 

*

 

Un jeune cœur aime les racoleurs

qui le font rire avec des tours vulgaires.

Le vieux Renard a cette phrase amère :

« Le goût mûrit aux dépens du bonheur. »

 

*

 

Comment réagir quand le bruit

nous parvient qu’un ami divorce ?

La Rochefoucauld nous instruit :

« Nous avons tous assez de forces

pour supporter les maux d’autrui. »

 

*

 

Sade écrivit ce fleuron de l’algèbre :

« La tolérance est la vertu des faibles. »

 

*

 

Denis Diderot n’a pas tort :

« Le monde est la maison du fort. »

 

*

 

Depuis Nabuchodonosor,

tous les hommes de pouvoir mentent.

Zévaco dit aux dilettantes :

« Le mensonge est l’arme des forts. »

 

*

 

Que dit aux électeurs un homme intelligent ?

Que servir son pays est son but honorable.

Henry de Montherlant se fait l’écho du diable :

« La politique est l’art de se servir des gens. »

 

*

 

Chaque fois que je lis Céline,

je suis dans un drôle d’état.

Marcel Jouhandeau m’illumine :

« Tout bon livre est un attentat. »

 

*

 

Armé d’un langage très brutal,

je rêve de viser l’impôt-cible.

« Le calembour est incompatible

avec l’assassinat », dit Stendhal.

 

*

 

Un poète, avec ou sans humour,

part souvent de la fin pour écrire.

Comme Léautaud, je pourrais dire :

« Je suis un moraliste à rebours. »

 

*

 

Je me trouve admirable.

Tout en moi resplendit.

Ma vie est mémorable.

Le public applaudit

mes œuvres formidables.

Pourquoi Pascal a dit :

« Le moi est haïssable » ?

 

*

 

Vous qui admirez mes combinaisons,

mes trucs rigolos, mes petits rondels,

me permettrez-vous de citer Claudel :

« Celui qui admire a toujours raison. »

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