27.04.2021 32 1 Larmes ferrovières

Amour, Poésie

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© 2021 Alice Leloup

Poème sur le malheur qui frappe comme la foudre. Un jour c'est toi, un jour c'est moi.
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Dans le train une inconnue pleure

Silencieuse et suffocante,

Ses yeux masqués de verres noirs

Dégorgent de larmes cinglantes

 

Ses mains désespérément

En cent-quarante signes à la fois

Tapotent le maudit écran

Destin en jeu à chaque envoi

 

La guerre est perdue

Tu le sais et tu hurles

Serrée dans la foule, reine nue

Ton cri intérieur te convulse

 

J’aimerais t’enlacer, hélas

Te dire qu’aussi j’ai aimé

Que la vie est bien dégueulasse

Pas même digne d’être sacrifiée

 

Minuscule parmi les sièges

Elle s’effrite, se désagrège

Invisible dans la routine tassée

J’entends, elle crie sa vie brisée

 

A ses yeux je parais sereine

M’aurais-tu vue, il y a des semaines?

Dans le train, une fille se noie

Cette fille-là, ce n’est plus moi.

 

Lausanne, 17 octobre 2017

Commentaires (1)

Naëlle Markham
28.04.2021

Touchée en plein coeur par ce texte qui me renvoie à du vécu. Il y a très, très longtemps, un jour, un train, un appel et la vie qui s'effondre...

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