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© 2017 Sophie Olivier webwriter premium638 vues

18 décembre Créé le: 27.12.2016, édité le: 27.12.2016

Cher Jacques
Sans doute n’aurai-je jamais l’occasion de te rencontrer dans une autre dimension que celle des mots. Je ne le regrette pas. L’existence qui m’a été donnée d’endurer, je la dois aux mots. A tes mots, cher Jacques. Ceux que tu as écrits pour divulguer sans pudeur, l’intimité de mes détresses qui m’ont usée jusqu’à l’épuisement. Ne te trompe pas, Jacques, je n’ai aucun ressentiment. Au contraire, j’ai de l’affection et du respect pour toi. Sans ta plume, je n’aurais pas su retrouver la force d’apporter une conclusion à cette noirceur indécente que je déglutis depuis 3178 jours. Oui, comprends-moi bien, Jacques, je dois mettre un terme à cette monstruosité qui me dévore lentement de l’intérieur. Je suis certaine que tu comprends. Ce texte de « sopoli », tu l’as écrite pour tous tes lecteurs mais elle parle de moi. De la mémoire de cette cruauté passée qui a engendré ce ver abject qui est lové en moi, entre le foie et l’estomac. C’est pour cette raison que j’avale ma salive si fréquemment. Pour le faire redescendre de ma gorge dans laquelle il remonte la nuit. Oui, je dois te remercier. Aujourd’hui, pour la première fois depuis la venue des larmes, j’ai en moi cet élan qui fait relever la tête. Cette ferveur nouvelle est porteuse de mort, bien sûr, mais je conçois cette fin comme le début d’un temps ou la faute ne sera plus. Le début d’une ère n’ayant pas connu l’absurdité ni l’aberration de l’extinction d’une étoile. Ce que je ne savais ni ne connaissais de moi, s’est mis à vivre dans les lignes de « sopoli ». Les mots ont ce pouvoir. D’éveiller ce qui est insu. Mais je dis des choses que tu savais déjà. Excuse cet étalage, je te prie.
J’avais besoin de te parler, Jacques. Merci de m’avoir écoutée. A plus tard, Sophie
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