Insérer un lien

Choisissez l'histoire et la page vers laquelle vous souhaitez faire pointer le lien

Insérer Annuler

© 2017 Jill S. Georges webwriter premium1386 vues

Créé le: 11.08.2016, édité le: 11.08.2016

Je sors du commissariat de police. Le souffle coupé. Le policier était vraiment gentil, il m’a apporté un verre d’eau. Un verre en plastique, un gobelet. Transparent, avec des rainures. C’est fou comme un détail stupide peut se rendre important alors que d’autres choses tellement plus importantes se passent. Je reste là, pantelant, sur le trottoir. Je regarde les gens qui ne me voient pas, les voitures qui passent, seulement dans un sens. Un rayon de soleil se joue dans la vitrine d’en face et fait briller d’un éclat lumineux un point précis. Je ne peux détacher mon regard de cet endroit, cette petite étoile de lumière, cet éclat brillant. Je ne comprends pas. Mes pieds ne bougent pas. Je me fais bousculer, un homme qui marche vite me rentre dans l’épaule, je m’excuse vaguement. Je n’entends pas s’il me dit quelque chose. Je n’entends que moi. C’est un grand silence.

Je secoue la tête. Comment est-ce possible ? Tonton ? Tonton, mort ? Je répète ces deux mots comme une litanie. « Tonton mort, Tonton mort, Tonton mort Tonton mort Tonton». Je n’arrive pas à y croire. Mon Tonton, celui qui m’emmenait voir les matchs de foot quand Servette jouait. Tonton qui me racontait plein de trucs sur les joueurs, ceux qui étaient bons, ceux qui arrivaient, ceux qui partaient. Tonton qui suivait toute l’actualité de son club de foot. Tonton qui m’avait même offert l’écharpe, l’écharpe de Servette, rouge et or. Une écharpe que je portais chaque fois que Tonton m’emmenait à un match. Echarpe qui se trouvait toujours au-dessus de mon lit, fixée par deux punaises, prête à être décrochée, très vite, pour entourer mes épaules et partir au stade.
Page 1 sur 10 1 commentaire 1 2 3 ... 8 9 10
r