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Milazzo, Sicile 22.07.2011 Créé le: 26.06.2016, édité le: 24.06.2018

A l’entrée du port de Milazzo, cette inscription: “Dimmi dove sei? Da sola al mondo sto morrendo.”Dis-moi : où es-tu ? Je meurs seule au monde.

Milazzo, trou de poussière sur la carte, est le parfait décor pour cette échange de solitudes. Je viens de passer une belle nuit de sommeil dans une pension à 20 euros, spacieuse et propre. Non loin de là, le bar Pic-Nic, sorte de méga-source de bruit, s’apaise vers trois heures du matin. Tout le monde ici est vieux, sauf les jeunes qui constituent 70% de la population. Entre ces deux tranches d’âges: rien. Pareil pour les arbres; grands beaux et vieux ou jeunes rabougris assoiffés.De la pension, je suis passée au bistrot, puis chez le coiffeur “prego… grazzie…buongiorno”, errances parcourues à l’ombre, côté nord des trottoirs. Le but étant de passer la journée dehors jusqu’à ce que le skipper ait nettoyé de fond en comble le bateau réparé le moteur, le zodiac… Ma valise reste fermée, prête au cas où je dois partir faire mes vacances ailleurs. Je serai sur le port à 19h00 en même temps que les prochains vacanciers attendus sur le bateau.

Le soleil, contrairement à une idée répandu, ne fait pas ressortir les couleurs, mais les reliefs. Le ciel bleu, le vert des arbres, l’horizon, tout semble délavé et usé par la lumière. Au contraire, l’ombre taille les contours, abrite la fraîcheur, sculpte les angles des façades et fait ressortir les balcons. L’ombre est l’élément noble de l’été, l’huile essentielle de la vie. Il disparaît à l’approche de l’hiver.
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