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© 2017 Mouche webwriter premium1417 vues

Créé le: 03.11.2015, édité le: 03.11.2015


L’air, étouffant, me suffoque. Il fait chaud, mais cette lourdeur est aggravée par le deuil qui a envahi la maison. Volets fermés, lumières voilées, quelques silhouettes obscures circulent en silence. Un constant murmure s’élève du salon où la gent féminine, parentèle et voisinage, s’émeut autour du lit de veillée. Parfois, mon nom semble s’échapper, comme une bulle plus légère, de ce magma informe de sinistres psalmodies. La tristesse forme une masse gluante, pénètre insidieusement chaque pore de mon corps, et chaque brique, chaque poutre de notre vieille maison.

Je hais cette pesanteur qui veut tout engloutir, ces regards confits de pitié ; discrètement, je me glisse derrière une tenture, referme sans bruit la porte dérobée et commence lentement à tourner sur moi-même. Dans le couloir obscur je tourne, le regard vide, les bras écartés, comme pour lutter contre ce constant déséquilibre, ce manque fondamental ; je me sens amputée mais, face à l’intense douleur qui cherche à m’ensevelir, je m’obstine et rejoins l’escalier. Je hisse un pied, franchis une marche, puis une autre, en lentes pirouettes je rejoins le premier palier, où le tourbillon s’accélère quelque peu et m’emporte jusqu’au fond du couloir. Indifférente aux meubles, aux portes, aux ombres noirâtres qui hantent ces lieux et glissent sans me frôler, je me sens transparente, invisible, mes ailes me portent vers l’endroit où je te retrouverai.

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