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© 2017 André Birse webwriter premium1908 vues

Suzanne justement Créé le: 17.10.2015, édité le: 27.10.2017

Le silence même se voulait chaleureux, pénétrant, et demandait à être interrompu par une vibration de corde vocale ou de guitare ou de l’une et de l’autre, ensemble, accordées, surprenantes et saisissantes. Les sons de la guitare donnaient de la valeur à la voix qui rendait la pareille et donnait de la valeur aux mots. Quelqu’un, un jour nous donne à entendre. Entre jeunes, une amie d’adolescence ou le hasard d’un moment d’époque, de vie sociale, un disque à la radio, sorti du sommeil, en plein après-midi, ou à l’occasion d’une soirée, proposée par lui ou par elle, entre amis, d’ennui, de rencontre, au début de l’hiver, à la fin de l’été, attentif, excité, distrait, disponible, je ne sais plus où ni quand j’ai entendu « Suzanne » de Leonard Cohen pour la première fois.

J’ai dû l’entendre puis l’écouter beaucoup vers 1971, avec les autres et seul. C’est comme ça que l’on grandit. Tout à fait avec les autres et absolument seul. La chanson leur faisait de l’effet ou lui faisait de l’effet, à lui ou à elle, et je devins complice, partageur. Quelque chose comme ça. Suzanne, c’était leur chanson et ce devint l’énoncé de mon avenir. Le chanteur avait un regard bienveillant, triste et charmeur. Il apportait quelque chose, du miel, un miroir que tenait Suzanne, une rivière et une promesse d’amour. Ce qui ne se présentait pas dans les jours de la vie se proposait puis s’imposait dans la chanson. Ça valait la peine d’avoir quatorze ans. On se pose quelques questions essentielles à cette époque de la vie, par vibrations justement.
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