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© 2017 André Birse webwriter premium2329 vues

Une représentation inoubliée Créé le: 05.10.2015, édité le: 05.10.2015

C’était en novembre 1995. Le premier novembre si je me souviens bien. Les nuits sont noires à Genève aussi. Au bout de la rue de Lausanne, il y a une église conçue comme une sphère et nous nous étions attardés, au retour, vers le bassin qui semble la soutenir. Il ne se passe rien à Genève, c’est bien connu. Dans les anciennes usines de Sécheron, alors désaffectées et aujourd’hui disparues, Patrice Chéreau donnait une représentation d’une pièce de Bernard-Marie Koltes: « Dans la solitude des Champs de coton ». Je ne me remémore pas toutes les files d’attente auxquelles j’ai pris part, et c’est heureux. Consacrer ses forces à se rappeler les moments d’attente serait fastidieux, interminable et vain. Mais pour ces moments-là aussi, il est absurde de dire qu’il ne se passe rien. Je me souviens avoir éprouvé, en attendant mon tour, le sentiment qu’une belle occasion de découvrir ce texte m’était offerte par celui qui a fait connaitre l’auteur et créé la pièce. Ce sentiment, aujourd’hui, je l’éprouve encore. La file d’attente a disparu, le bâtiment aussi, le spectacle est fini, Patrice Chéreau est mort, et je ressens le bonheur d’avoir découvert ce texte par lui. La première nuit de novembre reste fidèle à ceux qui restent. Elle reviendra souvent.

Deux hommes, Patrice Chéreau et Pascal Gregory. Ils avaient travaillé ensemble en 1993 sur le tournage de la Reine Margot. Chéreau en réalisateur, Gregory en Duc de Guise. Le film était fameux, avec une sensation de violence et de sang, hors et plein cadre. L’histoire se déroule durant la nuit de la Saint-Barthélémy.
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