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© 2017 Betty J. Norman webwriter premium1882 vues

Chère Madame Duras Créé le: 26.06.2015, édité le: 26.10.2015

Genève, le 21 février 2015.

Pendant longtemps, je n’ai pas aimé vos écrits, votre style. Je me souviens d’une lecture pénible de «Un barrage contre le Pacifique», recommendé par une amie. Je dis pénible parce que désagréable. L’histoire, le style, l’immobilisme. La moiteur et le malaise. J’avais une quinzaine d’années, je vous ai alors définitvement classé dans la catégorie des auteurs que je n’aime pas. Il m’a fallu, bien des années plus tard, l’amour d’un homme –et son amour pour vous- pour me décider à replonger dans l’un de vos livres. Puisque je l’aimais et qu’il vous aimait, vous étiez forcément aimable. Je ne l’aime plus, il est sorti de ma vie depuis bien longtemps, mais vous, vous y êtes toujours.

Ce que je rejettais, aujourd’hui me fascine et m’attire. Votre stytle, le choix des mots, la construction des phrases me semblent parfois accessibles, à ma portée et, à d’autres moments, relever du génie. J’aime aussi votre façon de dire toute l’ambiguité et la profondeur d’une émotion en peu de mots. Ceux-ci sont souvent placés dans un écrin où il y a peu d’action, la chaleur et la moiteur figeant les personnages, comme une glue qui les obligerait à aller au ralenti et donc forcément à être à l’écoute de leur ressenti. « Un barrage contre le Pacifique », « L’amant », « le marin de Gibraltar », « la douleur » sont les quelques livres que j’ai lu de votre œuvre. L’émotion ressentie a été suffisamment puissante pour qu’elle m’inspire dans mes écrits.
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