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© 2017 André Birse webwriter premium2973 vues

1 (réécriture) Créé le: 19.11.2014, édité le: 03.10.2015

« C’est une chanson », des mots et une mélodie qui souvent me reviennent, « Les feuilles mortes ».
Je la fredonne, je l’ai en tête. Elle me revient autant qu’elle m’échappe. C’est vrai depuis longtemps.
Je n’avais pas pris la peine jusqu’à récemment de la mémoriser et la chantais intérieurement par bribes et de façon désordonnée. C’est envoûtant mais aussi irritant que de chercher à s’accrocher à ces mots ancrés dans le temps et dans la vie. Une chanson pleine de sens et d’émotions qui revient sans crier gare puis disparaît. Elle avait en moi le statut d’un air que l’on fredonne imparfaitement. Une chanson dans mon orbite personnelle. L’un de ses retours fut plus imprégnant que les précédents. J’ai dû être sur le moment plus réceptif à cette vérité - en voilà une - selon laquelle « la vie nous sépare », avec la précision que cela se passe « tout doucement sans faire de bruit ». En imposant une sorte de mélange de tristesse et de rudesse au fil du temps et des relations, la brève chanson intérieure se transformait en confirmation sonnante de la réalité. Une émotion empreinte de la lucidité du poète qui a osé ce texte tout à la fois simple et profond. Elle est fameuse cette chanson, inscrite dans le patrimoine inconscient de la langue française, une référence discrète au fond de soi,
accessible à tous. Serge Gainsbourg en a fait une autre chanson, bien à lui, en rappelant que
l’original « est de Prévert et Cosma », un prolongement comme il l’a fait avec le vent mauvais
de Verlaine. Tout autre chose, Lionel Jospin, l’avait chantée lors d’une émission télévisée à l’occasion
de je ne sais quelle campagne politique et, plus récemment, Charles Aznavour s’y était expressément
référé en la citant pour évoquer son propre départ, la vie qui nous sépare.
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