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© 2017 Thierry Villon webwriter premium3191 vues

Créé le: 19.09.2014, édité le: 19.09.2014

Quand le téléphone a cessé de sonner, quand plus personne ne vous appelle, quand les fils ténus qui semblaient vous relier à l’humanité vous apparaissent distendus, vous hésitez encore, dans un premier temps à nommer votre état par son nom. Il en est ainsi des maladies graves que l’on croit pouvoir tenir loin de soi rien qu’en ne prononçant pas leurs noms ! Puis un jour, vous décidez par une sorte de défi, d’oser quand même. Histoire de regarder la situation en face, vous lui parlez : je sais que tu ne laisses jamais indifférent, que certains te recherchent ardemment, que d’autres te craignent comme le cancer, qu’il y en a même qui sont prêts à tous les compromis pour ne pas avoir à subir ne serait-ce qu’un seul instant ta présence inquiétante. Je sais aussi que tu t’insinues dans les vies des personnes sans qu’ils ne s’en rendent tout à fait compte et qu’une fois le piège refermé, tu les laisses se faire toutes sortes d’idées, tandis qu’ils cherchent à comprendre en tournant vainement en rond. Solitude, la bien-aimée des ermites et des reclus, tu es en même temps la peur de ceux pour qui le moindre espace de silence signifie cesser d’exister !
Quand votre numéro de téléphone semble avoir disparu des répertoires de ceux qui jadis vous demandaient votre avis, vous appelaient pour vous donner le leur, prendre de vos nouvelles, vous donner des leurs, vous raconter leurs grands bonheurs et leurs petits malheurs (parfois l’inverse), vous peinez à vous l’expliquer, passant de la culpabilisation au jugement.
Bien sûr, vous auriez dû… Mais comment auriez-vous pu même supposer… Certainement, ils pourraient aussi faire un effort…mais échanger quelques mots avec vous, en vaut-il la peine à leurs yeux ?
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