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Correspondance 1 : Saragosse, 28 janvier 1939 (Sœur) Créé le: 28.08.2014, édité le: 22.09.2014

Mon frère adoré,
Voici bien des mois que je n’ai plus aucune nouvelle de toi. Je t’adresse cette lettre via ton régiment en espérant qu’un de tes amis républicains puisse te la remettre bientôt. Père et mère vont bien, tes frères et sœurs aussi ne t’inquiètes pas. Je ne te cache pas que ces temps d’après-guerre sont durs.
Les vivres sont rares mais grâce à notre petite parcelle, nous ne mourons pas de faim.

Tu te souviens de nos voisins du bout de la rue ? Il y a une semaine, en allant acheter une miche de pain, je suis passée devant leur maison. Ils ont été dénoncés. La Phalange les a tous fusillés devant leur porte. Les parents, la grand-mère, les enfants y compris le bébé. Ils n’ont même pas épargné le chien. Ils étaient tous là, allongés, exhibés en ligne aux yeux de tous, comme pour marquer l’exemple. J’en fais des cauchemars depuis. J’ai vraiment peur Rafael. Peur pour toi, peur pour nous. Ne reviens pas pour le moment s’il te plaît, c’est beaucoup trop risqué.

Depuis ton dernier courrier dans lequel tu m’expliquais que vous vous trouviez en Catalogne près de la frontière française, je n’ai plus de signe de toi. Es-tu en bonne santé ? Manges-tu à ta faim ? Toutes ces questions me torturent l’esprit sans cesse. Tu me manques mon frère bien-aimé. J’essaie de rester forte pour notre famille, pour ne pas leurs rajouter d’angoisse, surtout à mère car même si la journée elle semble donner le change, je l’entends pleurer tous les soirs depuis ton départ.

Ô comme je voudrais que tu sois là Rafael. Prends soin de toi. Ta sœur qui t’aime. Pilar
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