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© 2018 Gaby (anciennement Lilas Palmère)3257 vues

Créé le: 28.07.2014, édité le: 28.09.2014

S’il y a une chose que je regrette, c’est de n’avoir pas dit à Marcel toute ma tristesse et ma honte d’avoir été mise à l’écart de la vérité.
Mes parents, paysans, m’ont prénommée Marguerite, en référence certainement à la fleur des champs, reine de la campagne. Cinquante ans m’ont permis de savourer les: «je t’aime à la folie» et de déguster stoïquement les: «pas du tout». Ma petite vie s’est effeuillée entre le travail bien fait, la nature, la musique, les réjouissances familiales et un divorce à l’amiable. Depuis que je vis seule, j’apprécie le silence, mais je reste fascinée par des rencontres impromptues. J’aime entendre des histoires simples, occasionnellement tragiques, d’inconnus croisés au hasard de mes déplacements. Sur un quai de gare, assise sur un banc public, dans un bus, je n’hésite pas à sourire, souvent à entrer en conversation avec la femme ou l’homme sis à proximité. Ces instants fugaces durent quelques minutes. Certaines fois, ils se prolongent entre deux arrêts. Puis ces anonymes s’éloignent retrouver leurs proches ou s’enfermer dans leur solitude. Je poursuis alors mon chemin, les observant s’écarter de moi à jamais. Partages éphémères, ils m’apportent un zeste d’inattendu et fleurissent mon parcours routinier.
Ce matin de juillet, la chaleur de l’été m’incita à prendre le bus plus tôt que d’habitude. Au premier arrêt, une vieille dame vint s’asseoir à côté de moi. C’est elle qui engagea immédiatement la conversation.
— Je vais à l’hôpital pour un examen, heureusement j’ai rendez-vous avant huit heures, car je ne supporte pas les températures caniculaires.
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