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© 2017 Starben CASE webwriter premium3436 vues

Et pourtant… elle respire. Créé le: 03.12.2013, édité le: 08.02.2015

Il fait nuit. Au volant de ma voiture, je suis les quelques âmes qui roulent à cette heure tardive, jouant des phares silencieusement, répondant aux sémaphores de route comme dans un ballet bien orchestré. Certains rentrent chez eux comme moi. D’autres fuient le jour et tout ce qu’il représente d’incertain. La nuit est tellement plus sereine.

J’ai l’étrange sensation que ce n’est pas moi qui me déplace, mais les façades des immeubles qui défilent. Ils dorment depuis longtemps. Au centre-ville, les lieux ont été désertés. Les façades de verre, si sombres, comme pour contrarier cette tendance excessive à la transparence. Tout se doit d’être transparent. Au lieu d’en voir la luminosité, ces façades de verre ne révèlent que des bureaux laids chargés de dossiers éphémères, des écrans d’ordinateurs éteints et tant de fils électriques qui coulent le long des bureaux se jetant dans le vide pour relier rien à rien. Les poubelles, transparentes elles aussi, débordent de papiers inutiles attendant d’être évacués comme des collaborateurs licenciés. Tant de parois lisses et froides me glacent. Béton, métal, verre, métal, béton… l’homme est en train de minéraliser la terre avec méthode et conviction, kilomètre après kilomètre, s’enterrant lui-même finalement. L’intérieur de l’immeuble, vidé de ses occupants diurnes, est illuminé par une faible lumière de circonstance, sécurité oblige. J’ai passé tant de fois devant ces vitres toutes impeccablement propres… et soudain, aujourd’hui, je remarque au troisième étage, une vitre. Une seule vitre pleine de buée. Derrière, une plante. Une seule plante qui respire encore, ses feuilles collées contre le froid du verre.
©2015 Starben Case
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