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© 2017 Thierry Villon webwriter premium2873 vues

Créé le: 15.09.2013, édité le: 15.09.2013

C’était des rues en enfilade, comme celles où l’on court dans les cauchemars, les pavés qui glissent, les lumières qui tremblent, les portes qui toujours se dérobent. Et cette course qui recommence encore et encore, sans jamais en voir la fin. Un visage revient, qui nous hante, mais qui n’a pas de nom. Seul son rictus aux coins de la bouche souligne l’appartenance au clan des ennemis, amis de hier, ennemis pour toujours, tragédie de l’amour, maladie de la rage d’aimer, jamais soignée, jamais guérie.
Et puis le rue s’est fermée pour de bon. Au fond, il n’y a rien qu’une barrière, un mur, imprévisibles, qui nous empêchent d’espérer. Au loin, le souffle puissant d’un chien d’attaque se rapproche. Nous restons tétanisés, sur place, incapables de penser, tellement la terreur nous glace. Pris au piège dans une impasse, nous n’aurions pas d’autre choix que nous rendre, que les laisser nous prendre. A moins que… à moins qu’une lueur n’éclabousse toute la scène de son écrasante beauté et qu’elle s’avance enfin, telle une épée. La fée liberté, armée jusqu’aux dents, s’invite pour ouvrir une brèche, fracasser ce mur, couper ces barbelés, et nous fait échapper au massacre. Le chien hurle, mais de détresse. Il n’a pu se défaire de la laisse qui l’enchaîne à ses maîtres, peu doués pour la course.
Et puis encore des rues, pavées de pluie, luisant sous la lumière tremblante des réverbères à gaz, le même gaz dont ils se servent pour éliminer les files interminables d’ombres qui sortent des wagons de bois, aux fenêtres closes. Nous sommes déjà loin mais l’odeur persiste, la pestilence des corps gisant dans les fosses. Hier, nous ne savions pas, personne ne se doutait, mais le chien, lui sait, son instinct lui dit que nous serons bientôt à bout de souffle et qu’il n’aura plus à courir trop longtemps avant de nous coincer.
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