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© 2017 Dominique Martin webwriter premium2498 vues

LETTRE AU VIN Créé le: 22.05.2013, édité le: 22.05.2013

Tes tanins sont soyeux, veloutés ou encore assagis, fondus, équilibrés et l’on te qualifie de charnu, de capiteux mais aussi de court et même d’acide. On t’aime charpenté, frais, fruité. Enfant béni, les vignerons t’élèvent et en vieillissant, loin de te décrépir, tu te bonifies.
Comme nous tu as un corps et un caractère, tantôt bien trempé, parfois agressif, tantôt docile et généreux. Et puis tu as une âme qui flirte avec la nôtre.
Vieux frère, tu nous ressembles et ton humanité fait de toi un compagnon de route aux multiples visages. Dans nos têtes tu allumes des étoiles mais il t’arrive aussi d’y semer brouillard et nuages, de déchaîner des tempêtes, quand, à trop te fréquenter, nous perdons un peu la boule. Tel un ami, tu nous réjouis, tu nous embellis, mais quel traître tu deviens quand, un soir habillé de nos rêves, tu nous renvoies, le lendemain, notre réalité.
Tu as tissé avec les hommes une amitié séculaire. Les femmes, bien que Bacchantes, prêtresses de Dionysos, ont longtemps été tenues à l’écart des désirs et des paradis que tu pouvais réveiller en elles. Oui, tu as longtemps été une affaire d’hommes. Parce que tu portes une robe et que parfois tu dévoiles ta cuisse?
Déjà féminin par certains attributs, tu t’es de nos jours beaucoup féminisé. Avec talent des vigneronnes s’affirment et, au contact des femmes, te voilà léger, subtil, en harmonie, porteur de saveurs de fleurs et de fruits.
J’aime ta mère, la vigne, surtout celle de Provence avec ses touffes de roses, sentinelles du mildiou. Palper une grappe gorgée de soleil enflamme tous mes sens. Grains de raisin et graines de poésie. J’aime les mots qui ont tes rondeurs et n’appartiennent qu’à toi.
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