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Les roses d’Equateur Créé le: 23.03.2013, édité le: 05.01.2017

Une surface. On appelle cela une grande surface. Un espace de consommation qui nous consume. Avant même d’y pénétrer, une odeur de fond de frigo vous assaille. Comment se fait-il que malgré tous ces légumes, ces fruits, l’odeur reste morbide. Parce que ce sont des objets morts. Ils sont morts pour nous. Et puis le bruit. Sourd et constant. Pas vraiment dérangeant, mais omniprésent, sans âme. Pourtant il y a plein de gens qui marchent, vivent, parlent. Non, ils ne parlent pas. Ils lisent des étiquettes, tâtent les cadavres bien alignés, pèsent ce qui fut. Leur regard vitreux ouvre le chemin et ferme la conversation. Il y a comme un voile dans l’atmosphère. Je deviens sourd, aveugle, mécanique. Aujourd’hui, en passant devant la pyramide de fleurs aux hormones, soudain, un signe de vie. C’est comme un choc salutaire. Elles sont là, venant de très loin, encore vivantes. Belles, sauvages, indomptées. Les roses d’Equateur. Elles ne ressemblent en rien aux autres fleurs. Elles ont ce cri sauvage, une corolle lourde et pleine, un air provoquant et fier. La couleur est typique. Ce rose légèrement tâché et posé négligemment sur des pétales flétris leur donne un air romantique. Mais de romantique, elles n’ont rien. Leur passé se confond avec celui des indiens qui ont tout vu, tout vécu et que l’histoire a englouti. Elles ont côtoyé les fleurs de la jungle, pavané dans les marchés des Andes. Elles ont aspiré en elles toute la richesse d’un peuple, survécu à toutes les agressions. Leur beauté vient de là et ne cesse de grandir. J’en achète douze, une pour chaque mois de l’année. La vie revient dans mon regard, dans mon cœur. Merci l’Equateur.

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