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© 2020 Laure Brienza webwriter premium372 vues

Créé le: 23.12.2019, édité le: 23.12.2019

C’est en passant à côté de la porte de la cave que ça m’est venu. D’un coup. J’étais là, avec Clémentine, ma voisine, pour l’aider à ranger sa luge après une belle après-midi de rigolades dans le jardin, lorsque mon regard s’est arrêté net sur cette cave vide. Ma cave. Vidée des souvenirs qui avaient contribué à des années heureuses dans cette maison. Pourtant, j’étais au courant, « plus que quelques jours avant le grand départ pour l’Amérique », clamait papa à tout va, et j’avais bien remarqué que la maison se vidait sérieusement au gré des objets que maman avait mis en vente sur internet. C’est bête, je m’étais préparé à me séparer de mon lit, à donner mes jouets, à vendre ma collection de BD mais les décorations de Noël, ça, je n’y avais pas pensé…

Planté là, devant cette pièce nettoyée du passé, une première larme salée a coulé. Je ne sais pas si Clémentine l’a vue mais les années à grandir côte à côte avaient aiguisé son flair :
- Je crève de faim ! me dit-elle en m’attrapant la main. Tu montes goûter les étoiles à la cannelle que j’ai faites ce week-end ?
Alors que ma bouche prétextait devoir rentrer pour aider à la maison, ma main a pressé la sienne en retour pour la remercier. J’ai déversé les suivantes, seul, dans mon oreiller.

J’adore cette période de l’Avent, observer les sourires emmitouflés dans les écharpes, tirer la langue pour accueillir les premiers flocons, voir les nuits s’éclairer, respirer les agrumes percés de clous de girofle ou réchauffer mon nez au-dessus d’une tasse de chocolat fumant. Mais, apercevoir ce néant derrière les croisillons en bois de la porte m’avait fichu le cafard pour de bon.
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