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© 2020 André Birse webwriter premium177 vues

Elle enfant Créé le: 04.12.2019, édité le: 04.12.2019

Commencer par et avec elle, partie en avril 1992, dont le souvenir s’éteint si je ne prends la peine de l’échauffer en moi et de me garder avec lui vivant. Elle est née en 1938, le 7 juillet. Elle a aimé sa mère, me l’a dit plusieurs fois d’une façon qui ne laissait place à aucun doute émotif. Une sincérité de sentiment qui allait chercher très loin, au fond de la vie, des vérités si proches du réel et pourtant inaccessibles car fondées déjà sur le passé. Je me souviens du manteau gris que portait ma mère le jour où elle enterra la sienne, en 1968, de la beauté ineffable de sa tristesse et du caractère implacable, irrattrapable de l’adieu. Cette sensation était furtive ou devait l’être. Je découvrais, mi-attentif, mi-surpris, cette tristesse maternelle et m’en voyais insolent. M’y vois encore, ne l’étais pas. Tout est à reconsidérer et cette reconsidération créée une constance. Elle m’a dit quelques fois « un jour tu comprendras ». Je n’aimais pas cette phrase, la trouvais banale et défiante. Aujourd’hui, je la chéri.         
Je sais que son père inspirait la peur et qu’il s’était mal comporté. Il y avait des histoires d’alcool, de femmes et de balles tirées dans le plafond. Dans une fête, un jour, elle me demanda d’aller le saluer. Il était planté dans l’enfoncement d’une porte sur la Place de la liberté. J’ai dû, c’est surprenant ou peut-être ne l’est-ce pas, chercher le nom de cette place pour l’écrire. J’avais retenu Place blanche. Or des places blanches, il n’y en a pas. Peut-être innommées, en bout de vie. Il était discret, lointain, peu fier. Mes sentiments d’ado en écho. Je l’ai salué avec peine et ne l’ai plus revu. Il y avait, ce jour-là et même, c’est curieux, tout au long de sa vie blessée et une solidité en elle que j’étais seul à voir ainsi.
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