Insérer un lien

Choisissez l'histoire et la page vers laquelle vous souhaitez faire pointer le lien

Insérer Annuler

© 2019 Willy Boder webwriter premium130 vues

Comme dans un fauteuil (3) Créé le: 07.11.2019, édité le: 07.11.2019

Reste qu’avant de pouvoir prendre l’air en fauteuil, il fallait d’abord se pencher sur le logement. 77 centimètres : c’est la largeur minimum pour pouvoir se faufiler à quatre roues chez soi sans devoir vivre avec des éraflures permanentes aux mains. Je n’imaginais pas le nombre d’endroits devenus tout à coup inaccessibles. Et je ne parle pas de la cave et de la perte du plaisir de choisir une bonne bouteille pour les invités. Ou de la chaufferie qui péclote par manque d’eau dans les radiateurs à l’approche de l’hiver. Une seule marche d’escalier allumait le feu rouge. Quant au feu orange, il s’enclenchait aussi sans arrêt.

C’est bête, mais je n’entrais plus dans les toilettes. Je n’allais tout de même pas régresser, reprendre la bouteille et le vase qui m’étaient proposés à l’hôpital, devoir me mettre en position couchée pour faire mes besoins à la maison !

 Mon handicap étant a priori provisoire et relativement léger, j’eus le privilège de pouvoir opter pour un transfert intermodal. Passer du fauteuil, qui s’obstinait à ne pas entrer dans les toilettes, au déambulateur qui, lui, pouvait s’y contorsionner.

Les autres transferts, vers le lit, le canapé, le siège passager de la voiture, le fauteuil relaxant, le siège des toilettes « normales » représentaient à chaque fois une prise de risque. Elle fut progressivement réduite au fur et à mesure de la maîtrise des changements d’appui.
Page 1 sur 4 0 commentaire 1 2 3 4
r