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© 2019 Philippe Bonvin99 vues

Créé le: 22.09.2019, édité le: 22.09.2019

En sortant de la Serpentine Gallery, encore sous le charme des grandes toiles aux couleurs chaudes et des statues en bois que je connaissais déjà, mais que je découvrais, comme au premier jour, je sentis un souffle de joie envahir mon corps. Je savais que tu aurais été fier de cette exposition qui prenait des airs de rétrospective. Ces murs avaient déjà accueilli quelques-uns de tes amis, Damien Hirst par exemple, ou des artistes illustres que tu avais appréciés et parfois même rencontrés – Jean-Michel Basquiat, Gerhart Richter ou Andy Wharol.

À cet instant précis, je ne souhaitais qu’une chose, fuir ces mondanités et le brouhaha des éclats de voix et des tintements de verres, inhérents à ces soirées de vernissage. Je calai l’épais catalogue d’exposition sous mon bras gauche et m’extirpai de cette foule bigarrée pour profiter, seul, de cette belle soirée en déambulant dans les somptueux jardins de Kensington qui entouraient l’ancien pavillon de thé. Peu à peu, les bruits s’évaporèrent pour laisser place au silence de la nuit. Arrivé au bord du lac, je m’assis sur un banc, face aux eaux immobiles, sombres comme de l’encre. Quel plaisir de me retrouver seul. Avec moi-même. Avec toi.

Je déposai le catalogue à mes côtés, ne pouvant m’empêcher de laisser glisser ma main sur le papier glacé, caressant les lettres qui formaient ton prénom et ton nom, comme si je pouvais retrouver un peu de toi. Puis, plus bas, en petits caractères, le mien, car j’avais accepté d’écrire la préface. Reproduite au centre, ton œuvre la plus célèbre, à laquelle tu n’avais pas donné de
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