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© 2019 Eric Violet384 vues

UGAJIN Créé le: 02.08.2019, édité le: 02.08.2019

Alors qu’il rangeait les affaires de sa mère récemment décédée, Albert Bonval découvrit au fond d’une armoire un petit coffret fermé d’une ficelle avec une étiquette marquée « Mme Nicolocic » de la main de la défunte. A la vue de ce nom, une vague de souvenirs submergea Albert et l’emporta vers son enfance. 

Il revit cette imposante dame à la voix forte et grave, aux embrassements énergiques et dont les yeux exorbités étaient à peine contenus par des lunettes de myope aux verres épais. Un trémolo permanent ajoutait à sa conversation une tonalité dramatique qui impressionnait. Un rouge à lèvres posé en « cul de poule » d’aspect plutôt comique essayait de masquer la trop grande bouche de cette massive personnalité. Elle partageait avec une des grands-tantes d’Albert un appartement à son nom, donnant sur la Rade au quai Gustave-Ador. Pour l’état civil elle s’appelait Louise, mais tous la connaissaient comme « Loulette ». Elle n’était pas parente mais amie de la famille, veuve d’un improbable mari de ce nom à consonance serbo-croate, dont Albert ne savait rien.
 
Après le décès de cette tante et l’âge venant, la mystérieuse Madame Nicolocic quitta son logement pour s’installer à demeure à l’Hôtel Victoria où elle habita jusqu’à la fin de ses jours. Comme elle était sans famille, la mère d’Albert s’occupa d’elle avec une amicale attention. Aussi la vénérable vieille dame se prit d’une réelle affection pour elle et lui léga les quelques objets qui l’entouraient, dont les plus importants étaient un énorme manteau de loutre et un crucifix baroque en ivoire délicatement sculpté. Sans sa mère, Albert n’aurait conservé de Madame Nicolocic qu’un souvenir lointain. Et voilà 
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