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© 2018 Thierry Villon webwriter premium97 vues

Créé le: 24.11.2018, édité le: 24.11.2018


S’en aller, s’envoler, se soustraire, s’absenter, se liquéfier, se perdre dans la masse, s’oublier, s’annihiler, se satelliser, en un mot comme en plusieurs, ne plus être là. C’est l’enjeu d’un lâcher-prise, ce terme qui veut dire tout et rien en même temps. Cela doit porter un nom précis chez les bons francophones, mais je n’ai pas d’idée ce matin. Les palmes des cocotiers sont bien placides pas un petit souffle d’air, ou vraiment très léger et rare. Il faut le chercher dans les mouvements, et les apercevoir au bon moment.

La fille aux cheveux d’or a déployé ses bras, elle danse dans la cour pavée et moi, je bois chacun de ses gestes comme un ivrogne qu’on aurait privé d’alcool durant un bon moment. Oui, la beauté, la grâce, la féminité, tout cela me manquait, quand j’y pense. Quoi de plus régénérant que voir quelqu’un s’abandonner toute entière dans une danse tellement intime que c’en est dérangeant. Mais je contemple le miracle en train de se produire sous mes yeux. Pas d’adjectif autre que : subjugué. Non, aucun autre ne convient. Et elle s’élance avec grâce, traverse la cour en tournoyant et se retrouve dans le gazon fraîchement tondu. Que va-t-elle encore inventer ? Des arabesques dans ses doigts fins, des sautillements sur ses jambes agiles de danseuse ? Des tournoiements de tête qui font voler son ample chevelure autour d’elle ou des inclinaisons qui la courbent vers le sol d’où elle se redresse en saluant le ciel de son sourire éclatant ?
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