Insérer un lien

Choisissez l'histoire et la page vers laquelle vous souhaitez faire pointer le lien

Insérer Annuler

© 2018 Thierry Villon webwriter premium1279 vues

Créé le: 31.03.2018, édité le: 31.03.2018

Je marche sur la terre battue de la petite rue qui conduit à la mer. Les minuscules maisons aux couleurs pastel confèrent au quartier un air insulaire qui lui va à ravir. Mes pieds sont pleins de poussière et le soleil me tape sur la nuque. Je ne vais pas me plaindre, d’autant que j’ai rendez-vous sur la plage avec mes copains. Nous allons acheter quelques packs de bières, mettre à l’eau une barque pour rejoindre à quelques encablures le voilier qui se balance au bout de son ancre, la blancheur de sa coque se reflétant dans les eaux bleutées du lagon.

Je presse le pas, je ne suis pas en avance. Mais qui songerait à me le reprocher ? Nous sommes des gens libres, il n’y a rien à faire pour nous civiliser. Je bourlingue d’île en île depuis si longtemps que je ne sais plus ce que c’est que dormir sur la terre ferme. A part peut-être, lorsque je m’oublie dans le lit d’une de ces beautés sucrées qui m’invite à partager un moment de plaisir. Le vent du large m’est plus familier que le courant qui souffle entre les contreforts de la Soufrière, en levant des tonnes de poussière qu’on retrouve sur les cocotiers, sur les toits de paille des maisons et sur les terres concédées par la mer à ce coin de rêve.

Je n’arrive plus à presser le pas, je me sens retenu par un sentiment étrange, fait de peur et de tendresse. Je vais quitter les lieux dans quelques jours, sans avoir revu ma mère Nilda, toujours couchée, terrassée par la maladie de l’eau. Depuis quelques semaines, au fil des escales, j’apprends qu’elle est vraiment au plus mal.
Page 1 sur 4 0 commentaire 1 2 3 4
r