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© 2018 André Birse webwriter premium962 vues

Croisées Créé le: 05.02.2018, édité le: 16.02.2018

J’étais là devant elle et son regard a fui. Ça m’est arrivé souvent. Corps d’ours, lieu de rencontre impromptue. Je n’y pensais pas, mais il est vrai que sa soudaine présence féminine m’a fait penser soudainement à mon espoir ancestral et tu de présence féminine. J’ai regardé la femme qui passait et qui m’a regardé. Pendant un instant, infinitésimal, la rencontre fut une grande histoire d’amour. Sa disponibilité, la mienne, nos réalités physiques. Il faut beaucoup promettre par la taille, la tenue, certaines singularités du visage, la force du regard qui doit rassurer, inviter, rendre probable, pour elle sur l’instant, une vie pleine de sens, excitante, fulgurante, offrant une solidité rare, une potentialité lumineuse, jusqu’à l’échange des regards. Puis à nouveau sur l’instant tout s’éteint . « Et qui preste s’évanouit ». Je n’insisterai pas.

Presser sur la touche noire, agresseur, ou la touche blanche, séducteur. Mon pianiste souffre depuis toujours d’un rhumatisme qui « devient gênant » et le rend maladroit. J’ai vécu avec ça. Il me fait involontairement passer pour l’agresseur que je ne suis pas. « j’ai jamais tué de chat » Ce premier  et ultime moment ne compte pas. Cela aussi, je le sais depuis longtemps. Plaisir d’un jour. Mais cet instant où le regard fuit l’ours planté là, qui ne fait que s’étonner, revient plusieurs fois dans la saison, se répète, se joue du hasard qui joue avec lui. Pas de mots. Juste une obliquité. Un angle de disparition. D’autres acteurs, prestigieux ou non, refont la même scène, partout à la fois. Des amours naissent, des trams passent et des crimes prennent racine. Je n’y suis pour rien. Corps d’ours, esprit humain.
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