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Créé le: 01.10.2017, édité le: 01.10.2017

Un brouhaha de voix en toile de fond. Des effluves d’encens, de cuir et de nourriture épicée flottent dans l’air. Ce dimanche matin sur la plaine de Plainpalais baignée des doux rayons du soleil d’automne, une feuille rousse s’élance d’une branche de platane au-dessus de moi. Soulevée par la brise, elle voltige ça et là un instant, comme indécise, avant de tourbillonner et d’atterrir sur mon épaule. Tout près, la sonnerie du tram retentit, comme un bref rappel au badaud de sa nature éphémère, le rappel que malgré la clémence de la météo cette matinée de marché, le froid couve pas loin, que la vie passe vite et que chaque instant mérite d’être vécu pleinement. 

Carpe diem. Cette maxime mainte fois galvaudée, je l’ai vraiment faite mienne à présent. Mais avant d’attendre cet état de grâce – je reformule : d’abord un sentiment comateux de renonciation puis - oserai-je le dire ? - d’acceptation, il me semble avoir du traverser tout un océan de larmes et que seul un désert immuable et impassible a répondu à mes interrogations muettes : « Pourquoi ?

Me voici donc mon sac recyclé au bras, flânant parmi les étals, les sens réceptifs à la bonne affaire, celle qui viendra couronner de succès cette matinée bien commencée puisque j’ai couru mes 6 km sans douleur pour la première fois depuis des années. 

Du coin de l’œil je capte mon reflet dans une glace au cadre doré à la feuille, posée à même le sol. Ces meubles de style ou d’époque - peu importe - n’ont plus aucune valeur mercantile. Moi toutefois, la grâce surannée de certains objets me réconforte et m’apaise. Elle me ramène vers un temps où tout était simple, petite chambre douillette chez papa maman.
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