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© 2017 Fiamma168 vues

Proximité Créé le: 30.09.2017, édité le: 30.09.2017


On trouvait tout ce qu’on voulait au marché du samedi qui venait s’installer comme une évocation champêtre au cœur du béton. Comme cela faisait du bien ! Des mini-terrines maison, des taillés aux greubons feuilletés à souhait, de grosses boules de pain avec une vraie croûte façonnées par un vrai boulanger, des pommes du coin avec des vers dedans (garantie écologique, le ver !) et aussi des salades : des vertes et de pas mûres. Il y avait au marché ceux qui vendaient leur récolte, ceux qui semaient des pensées pour récolter des signatures ou des voix en vue des élections, ceux qui semaient juste des rumeurs pour la rumeur, bref, de quoi remplir son cabas. Ces mélanges de pousses et de phrases urbaines apportaient du croquant et de l’ambiance dans la vie de Lucero Maria del Pilar Dos Santos de Jesus qu’on appellera, par souci d’économie, Lucie.

Elle aimait s’y rendre chaque samedi matin. Flâner, bavarder, se fournir en légumes pour sa ratatouille aux herbettes, en nouvelles du coin et en politique de saison pour son mur Facebook de plein air. Entre marchandage et bavardage, les court-métrages sur l’actualité et la vie des autres se répandaient à haut débit. Si Lucie aimait le verbe de quartier et les histoires en tout genre, elle héritait cet intérêt des Postes, où elle avait égrené des vies en enveloppe et servi des clients avant sa thrombose. Même si elle restait très proche du quotidien des petites gens, on ne pourrait pas pour autant la qualifier de femme terre-à-terre. Elle s’intéressait aussi aux hautes sphères comme la politique, qui complétait si bien le feuillage bigarré du marché.
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