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© 2017 Dragonfly193 vues

Créé le: 29.09.2017, édité le: 29.09.2017

Elle ne voyait plus du tout le bout de ses chaussures. Cette fois-ci, c’était sûr, elle approchait du terme de sa grossesse et elle ressemblait plus à un cétacé qu’à une femme. Arielle soupira et tenta de lacer ses baskets. Ses efforts demeurèrent vains et, de colère, elle envoya valser la paire dans le couloir. La grossesse commençait vraiment à la peser dans tous les sens du terme. Comment les futures mères pouvaient-elles comparer cette période à la plus belle de leur vie ? Elle ne supportait plus de voir les femmes du cours de préparation à l’accouchement. Tous les mois, celles-ci, mentionnaient avec délice, les nausées constantes du premier trimestre, les jambes gonflées emballées dans des bas de contention couleur chair ou les varices qui se fixeraient ad vitam aeternam sur leur ventre et leurs jambes. Le regard d’Arielle vagabonda et se fixa sur ses seins. Ils avaient doublé de volume, ce qui lui dessinait un beau décolleté, elle avait pu abandonner ses push-up, elle qui d’habitude s’en servait pour tricher un peu sur la taille de sa poitrine. Même Jacob, son mari était de son avis : la grossesse comportait quelques avantages, outre le fait bien sur créer une nouvelle vie.
Au début, Arielle avait sauté de joie à la vue des deux barres roses sur le test de grossesse acheté à la pharmacie en bas de chez elle. Elle avait même versé quelques larmes de bonheur. Elle s’était imaginée tenant dans les bras son nourrisson, crânant devant les mères qui, au square, passaient leur temps à lancer des rumeurs sur les uns ou les autres. Elles donnaient ainsi du sens à leur petite vie insipide. Arielle méprisait ces commères bourgeoises. Pour le bébé, elle ne l’avait pas dit tout de suite à Jacob. Elle avait voulu garder l’exclusivité de la nouvelle dans un premier temps.
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