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© 2017 Sylvie Baumer-Montandon209 vues

Créé le: 20.09.2017, édité le: 20.09.2017

La fin justifie les moyens


Au stand de Madame Ziegler, les légumes tirent la gueule, tout comme la maraîchère. Elle promène un regard désenchanté sur les passants qui, justement, passent! Elle n’est plus en odeur de sainteté, Madame Ziegler, depuis que les médias l’ont traînée dans la boue. Pour elle, qui, du matin au soir est confrontée à la boue des champs, c’est d’une ironie féroce que de s’y faire traîner. Et cela, tout simplement, parce qu’ elle a engagé une douzaine de travailleurs clandestins, mal payés, à ce qu’il paraît! Résultat, le chaland boude et achète des produits plus « vertueux », chez Madame Amy qui ronronne de plaisir en récoltant cette clientèle inespérée.

Par chance, je n’ai pas à choisir entre vice et vertu ( je vis seul et mange très peu de légumes) et je passe mon chemin. Mon chariot de courses couine sur les pavés inégaux, marquant le rythme de mes déambulations.

Je presse le pas et les couinements s’intensifient, puis cessent lorsque j’arrive au stand des caramels. J’en achète deux-cents grammes et laisse rapidement la place aux amateurs de sucreries qui se pressent contre moi, peu soucieux de préserver mon espace vital. Loin de susciter mon agacement, leur impatience irrévérencieuse les lie à moi : nous faisons partie de la même famille, la famille des gosses gourmands. MMM!…C’est la douceur de l’enfance, les caramels de la mère Bongard.
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