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© 2017 Grégoire de Rham80 vues

Créé le: 04.09.2017, édité le: 10.09.2017

Y a pas que chez Ruquier qu’on entend des conneries qu’il se dit, le Soupirard, en bibelotant au milieu des stands. Faut dire pour sa défense que les brèves de foire qui fusent à ses côtés, ça vaut pas une rasade de Pivot sur la deux. En dehors de quelques péhémus spécialisés dans l’accueil des poivrots de profession, y a guère plus que dans ces fourmillons campagnards que tu peux trouver des zigs qui dissertent ainsi, sans transitionner, sur l’existence, l’argent, les femmes, l’augmentation de la taxe autoroutière, de l’incompétence des pouvoirs publics, des formes arrondies de la moizelle de la boulange qui, à force de fréquenter les miches, s’en est constitué une belle paire, du dernier singueule de Johnny ou des emmerdes hémorroïdales de Dédé le boucher. Le tout accompagné par le concert de fond des crieurs à la vendée, qu’on appelle dans le coin la symphonie des gueulards, pour simplifier.
Soupirard, il se balade dans les rangées, en humant les douces fragrances poissonnières. Fait frais pour la matinée. Et conjugué avec l’odeur, ça rend l’atmosphère vomitive. Faut dire que c’est pas lui, qu’a voulu se rendre là. Mais avec bobonne, y a jamais intérêt à rechigner passque c’est une caractérielle. Donc, Soupirard, il a pas ronchonné quand sa bergère lui a dit d’aller se fournir en fraîche volaille du matin, engraissée avec amour par un homme du cru.
Alors, il poursuit sa déambulation entre les échoppes, à la recherche d’une poularde de qualité. Après la poiscaille, vlà qu’il traverse le quartier des frometons. Le constat olfactif y est sensiblement le même. A croire que le fromager a aussi balancé les étrons de la Marguerite dans la cuve pour épaissir le tout. Ah, sac à papier, ça fouette, qu’il pense, Soupirard.
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