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© 2017 Dominique Martin webwriter premium284 vues

LETTRE A ALBERT CAMUS Créé le: 26.07.2017, édité le: 26.07.2017

A toi mon écrivain-phare dont je n’ai jamais cessé de sentir le souffle sur ma vie.

Le jour où je suis venue me recueillir sur ta tombe est gravé dans mon cœur.

En me réveillant, ce matin-là, dans notre maison provençale, j’ai ressenti un appel. Tout mon être s’est tendu vers toi qui reposais là-bas, dans le cimetière de Lourmarin. Tu étais mort depuis plus de trente ans, mais pour moi, tu étais tellement vivant. Je te respire. Depuis toujours. Depuis le ventre maternel. Ma mère s’est nourrie de ton œuvre pendant qu’elle m’attendait. Tes espoirs, tes révoltes circulent dans mes veines. Adolescente, je me suis immergée dans « Noces » et, plus tard, je t’ai consacré mon mémoire de licence. Ta photographie est sur mon bureau. Un manuscrit dans ta main droite, tu pointes ton index gauche vers le ciel. J’aime à croire que tu veilles sur moi.

Ainsi, ce jour-là, tout au long de la route qui menait à Lourmarin, je songeais à ta vie, si éphémère et si pleine à la fois, à ta mort brutale. Quarante sept ans…J’avais le regard fixé sur la lumière dans laquelle s’assouplissait l’échine des champs éclaboussés de coquelicots. Je me grisais des senteurs vanillées des genêts.

Après Vénasque, nous prîmes la route en lacets qui passe par Sénanque. Pureté de l’abbaye cistercienne tapie dans le fond de la vallée parmi les rouleaux de lavandes, à l’abri des regards profanes.
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