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Al’Khamesa (le cinquième oeil) Créé le: 12.07.2017, édité le: 12.07.2017


Synca releva son foulard sur ses cheveux pour traverser le marché. Elle ne voulait pas que quelqu’un la reconnaisse et remarque le sourire béat qui lui collait aux lèvres comme après chacune de ses rencontres avec Malik. C’était un jeune homme au sourire facile, grand et musclé, avec des cheveux bouclés sombres dans lesquels elle aimait perdre ses doigts. Tendre et attentionné, il occupait toutes ses pensées depuis six semaines.
Ils se voyaient en fin d’après-midi dans un coin peu fréquenté des jardins de Fayiad. Ils passaient leur temps à discuter, se promener, nager dans un petit étang en bordure des jardins quand la chaleur était intenable. Il l’avait emmenée sur les toits de la ville par quelques chemins connus de lui seul et elle avait découvert avec émerveillement une toute autre Bagdad que celle où elle avait grandi. Vus d’en haut, les entrelacs des rues prenaient sens, on les voyait converger vers le marché, la place centrale où avaient lieu les manifestations ou vers le palais du Calife, perché en hauteur. La ville s’enroulait autour de la colline comme une nappe décorative avec en son centre le palais.
Un chatouillement dans son cou la tira de sa rêverie. Nabab, son furet domestique s’était réveillé en sentant les effluves des fruits monter à lui. Synca acheta deux dattes, en donna une à Nabab et croqua dans l’autre. Le furet se blottit sur son épaule pour grignoter son fruit. Elle n’avait pas peur qu’il tâche son vêtement, il était trop gourmand pour laisser perdre la moindre miette de son en-cas.
Elle arriva devant la demeure de son père. En façade il y avait la boutique où il vendait ses productions et derrière, une grande cour où il faisait tremper et sécher les tissus qu’il colorait. Son père était teinturier, le meilleur de Bagdad, et on venait de loin pour acheter ses étoffes qui semblaient prendre vie grâce à ses teintures.
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